Par Médéric Dens

Croulant sous les pressions provenant de l’opposition et de son propre parti, le premier ministre britannique, Keir Starmer, démissionne finalement. Après des mois à se tenir de justesse au pouvoir, il cède ainsi sa place à Andy Burnham, alors que son parti chute aux sondages.
Le premier ministre britannique Keir Starmer, au pouvoir depuis 2024 seulement, a annoncé sa démission le 22 juin dernier, à la demande de la grande majorité des parlementaires et de ses collègues. Présentant un taux de popularité faible, estimé à 19% contre 61% de désapprobation, peu d’options se présentaient au premier ministre.
« La question que se pose mon parti présentement est si je suis le mieux placé pour nous mener aux prochaines élections générales. J’ai écouté la réponse de mes collègues parlementaires et à cette question, j’accepte la réponse avec de bonnes grâces », a mentionné Keir Starmer au parlement lors de l’annonce de sa démission.
Bien qu’il n’ait pu accéder à la tête du parti lors des courses à la chefferie de 2010 et de 2015, Andy Burnham, fort d’une longue expérience en politique, devient ainsi chef du Parti travailliste. En effet, Burnham a occupé de nombreux postes cruciaux au Royaume-Uni, dont celui de secrétaire d’État à la Santé, de secrétaire d’État à la Culture, aux Médias et aux Sports, puis celui de secrétaire en chef du Trésor, sans jamais être chef de son parti.
Celui que tous et toutes voient comme le seul potentiel successeur à Keir Starmer a tout récemment remporté une élection partielle dans la circonscription de Makerfield, à la suite du départ de son collègue travailliste, Josh Simons. Sans même se cacher, Andy Burnham avait déjà affiché ses couleurs quant à son intention de briguer la chefferie.
Instabilité politique constante
Dix ans presque jour pour jour suivant le fameux référendum du Brexit, le calme semble impossible à atteindre au palais de Westminster. Depuis ce référendum menant à la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, un total de six premiers ministres se sont fait montrer la porte de sortie : David Cameron, Theresa May, Boris Johnson, Liz Truss, Rishi Sunak et Keir Starmer.
Comment expliquer cette impressionnante rotation ? Le Brexit a provoqué une cassure au sein des partis pro-européens et des partis plus isolationnistes. Cette même cassure a ainsi provoqué une polarisation plus intense qu’auparavant, principalement depuis les élections générales de 2019.
Depuis, les partis politiques ne peuvent que difficilement obtenir des gains, alors que l’opposition, qu’elle soit conservatrice et travailliste, refuse que le premier ministre en place impose sa vision.
C’est d’ailleurs pourquoi, avant même la démission de Keir Starmer, le parti Reform UK et son chef, Nigel Farage, exerce une pression sur le parlement pour que des élections législatives soient déclenchées. Selon les derniers sondages publiés par Politico, Reform UK est en voie d’atteindre le pouvoir, avec des projections de vote populaire estimées à 25%, soit 7% devant les conservateurs et les travaillistes.
Source : Getty Images
Médéric Dens
Médéric Dens est le chef de pupitre SOCIÉTÉ, mais il aurait tout aussi bien pu diriger la section Sports, passionné de hockey et de tennis depuis l’enfance. Récemment, la politique est devenue son nouveau centre d'intérêt. Il poursuit un baccalauréat en études politiques appliquées, cheminement politiques publiques.
