Par Médéric Dens

Le gouvernement de Mark Carney a finalement renoncé à la taxe visant à imposer des redevances de base de 5% aux géants américains du numérique spécialisés dans la diffusion de contenu, aussi appelée la « taxe Netflix ». Parallèlement, cette décision, vivement critiquée, vient avec une annonce de financement massif dans la culture.
Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) a annoncé, le 29 juillet dernier, prévoir supprimer la « taxe Netflix ». Cette taxe vise essentiellement à imposer une redevance aux plateformes de diffusion en continu pour qu’elles puissent contribuer à la culture canadienne. Pour se rattraper, le gouvernement canadien offre donc de financer le milieu culturel au pays pour pallier les montants perçus grâce à cette taxe.
Ce pourcentage, établi en 2024, avait été revu à la hausse en mai dernier, passant de 5 à 15%. Par ailleurs, cette augmentation venait avec d’autres restrictions visant à cibler des secteurs culturels précis dont la culture autochtone et la culture francophone (et donc, québécoise).
Pour Pierre Poilièvre, chef de l’opposition conservatrice, cela représente « une autre concession, et on n’a toujours pas d’accord (…) les Canadiens méritent que les comptes soient rendus », comme diffusé dans une vidéo en ligne.
Ce dernier avait talonné le gouvernement libéral d’annuler la taxe Netflix, en affirmant que la facture serait en réalité renvoyée aux contribuables qui, selon ses dires, « payent déjà plus de taxes que sur la nourriture, les vêtements et l’habitation, combinés ».
Une décision fortement critiquée
Si Mark Carney avait promis de se montrer comme un grand défenseur de la nation canadienne face aux États-Unis sous Trump, certaines personnes critiquent ses récents revers, comme c’est le cas pour le pont Gordie-Howe au cours des dernières semaines.
Cette annulation de la taxe Netflix n’en fait pas exception. Les autres partis politiques et membres de la société civile semblent en effet s’inquiéter de cette décision alors que la culture canadienne peine à se trouver une place parmi les plateformes de diffusion comme Netflix et Amazon Prime Video.
Pour Yves-François Blanchet, chef du Bloc Québécois à la Chambre des communes, cette décision constitue un revers pour le premier ministre Mark Carney : « » Elbows up » ? Rien obtenu en retour. Une faiblesse très coûteuse pour la culture française du Québec » s’est-il exprimé sur ses réseaux sociaux.
Quant à elle, l’Union des artistes (UDA) souligne les risques pour la culture québécoise : « Nos pires craintes se confirment. Le gouvernement Carney abandonne aujourd’hui les redevances imposées aux plateformes américaines, renonçant ainsi à un levier important pour soutenir notre culture et nos médias » a-t-elle mentionné par voie de communiqué.
Crédit : Getty Images
Médéric Dens
Médéric Dens est le chef de pupitre SOCIÉTÉ, mais il aurait tout aussi bien pu diriger la section Sports, passionné de hockey et de tennis depuis l’enfance. Récemment, la politique est devenue son nouveau centre d'intérêt. Il poursuit un baccalauréat en études politiques appliquées, cheminement politiques publiques.
