Un autre détroit commercial en péril 

Par Médéric Dens 

Depuis les attaques houties, le gouvernement yéménite intensifie ses apparitions dans le détroit de Bab el-Mandeb, armé de fusils d’assaut, mais aussi de missiles balistiques et même de drones, équipement militaire largement fourni par le gouvernement iranien. 

Pendant que l’attention est orientée vers le conflit en Iran et sur le détroit d’Ormuz, la situation continue de s’envenimer dans un détroit reliant l’Asie à la mer Rouge et au canal de Suez. Le flux de pétrole qui y circule est donc menacé, alors que les Gardiens de la révolution tentent d’accentuer leur emprise dans la région.  

Situé dans le bas de la mer Rouge, entre le Yémen et Djibouti, le détroit de Bab el-Mandeb semble devenir un nouveau front ouvert entre plusieurs entités, largement financées et soutenues par l’Iran. Il était probable qu’une situation comme celle-ci arrive considérant la mise en garde maintenue par les Gardiens de la révolution depuis mars dernier.  

Une source avait révélé à l’agence de presse iranienne Tasnim, le 21 mars dernier, que la possibilité d’ouvrir de nouveaux fronts était bien réelle pour l’Iran : « L’insécurité dans d’autres détroits, notamment le détroit de Bab el-Mandeb et la mer Rouge, est une des options du Front de résistance, et la situation deviendra beaucoup plus compliquée qu’elle ne l’est aujourd’hui pour les Américains » peut-on lire.  

Et depuis juillet, la situation s’enlise davantage. Les Houtis du Yémen, surtout la branche pro-Iran, maintient ses agressions contre les navires en provenance d’Arabie Saoudite, incluant les pétroliers. Face à ces attaques, Mohammed ben Salmane, prince héritier d’Arabie Saoudite, a affirmé que son pays prendrait « les mesures nécessaires » s’il fallait défendre les intérêts saoudiens dans le détroit de Bab el-Mandeb.  

Le scénario est similaire à celui observé au début des hostilités entre le Hamas et Israël, en 2023. À ce moment, une chute de 42% du trafic maritime avait été enregistrée en seulement deux mois.  

Quels impacts sur le pétrole ? 

Le détroit de Bab el-Mandeb est critique en raison de sa position géographique, lui qui est situé à proximité du détroit d’Ormuz. Ainsi, sur les 17 millions de barils de pétrole qui circulent sur le détroit d’Ormuz, ce sont 3,8 millions d’entre eux qui passent par le détroit de Bab el-Mandeb.  

C’est aussi par-là que circule une bonne partie des exportations asiatiques et particulièrement japonaises, pour qui les exportations passant par ce détroit sont estimées à 90%. Il sert donc principalement à faciliter les exportations et importations entre l’Europe et l’Asie.  

Les tensions vives qui émergent entre le gouvernement yéménite et les Houtis affaiblissent d’autant plus la région. Récemment, le gouvernement yéménite internationalement reconnu a même lancé des frappes contre l’aéroport international de Sanaa, situé à quelques kilomètres du détroit de Bab el-Mandeb. Cette dernière visait à empêcher l’atterrissage d’un avion iranien sur son sol. C’est d’ailleurs cet événement qui a déclenché les hostilités entre les navires saoudiens et le groupe de Houtis.  


Crédit : Getty Images 

Médéric Dens
Chef de pupitre SOCIÉTÉ at Journal Le Collectif  societe.lecollectif@usherbrooke.ca   More Posts

Médéric Dens est le chef de pupitre SOCIÉTÉ, mais il aurait tout aussi bien pu diriger la section Sports, passionné de hockey et de tennis depuis l’enfance. Récemment, la politique est devenue son nouveau centre d'intérêt. Il poursuit un baccalauréat en études politiques appliquées, cheminement politiques publiques.

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