Mar. Mar 21st, 2023

Par Sarah Gendreau Simoneau

S’entraîner ou courir avec de la musique dans les oreilles, ça défoule. Plusieurs sportifs sont d’accord pour dire que la musique a cet effet de dépassement de soi ou de relaxation. Mais est-ce que la musique permet aussi aux athlètes d’être mieux préparés mentalement? Est-ce que la musique a un réel effet sur leurs performances?

Des expériences menées aux quatre coins de la planète confirment que la musique agit favorablement sur le corps. Geneviève Cardella-Rinfret a mené un projet de recherche sur ce sujet pour savoir si la musique pouvait réellement permettre aux sportifs d’être plus alertes mentalement, tellement qu’ils en amélioreraient leurs performances.

À chacun sa chanson

C’est à la suite de ce qu’a dit Sylvie Bernier, médaillée olympique en plongeon aux Jeux de 1984, que la consultante en performance sportive a eu une curiosité pour le sujet. La plongeuse avait alors dit que la chanson Flashdance, d’Irene Cara, tournait en boucle dans ses oreilles tout au long de la compétition. C’est ainsi qu’est né le sujet du mémoire de maîtrise de celle qui est membre de l’Association canadienne de psychologie du sport : l’utilisation de la musique comme outil de préparation chez les athlètes olympiques.

« Ce que la recherche montre, c’est qu’il y a plusieurs mécanismes qui s’exercent, explique Geneviève. On sait qu’au niveau de l’écoute musicale, il y a une activation dans une des aires du cerveau qui fait en sorte que la personne va ressentir du plaisir lorsqu’elle écoute de la musique. » Elle souligne que si la musique est utilisée adéquatement, elle semble conférer un avantage à l’athlète sur ses adversaires.

Geneviève Cardella-Rinfret fait toutefois la nuance que ce n’est pas la même chanson qui va convenir à tout le monde et pour tous les types de sports ou d’entraînements. « C’est très varié, le type d’écoute qui va procurer du plaisir, c’est personnel. » En fait, tout dépend de ce que la personne en question a l’habitude d’écouter dans sa vie de tous les jours parce qu’« il y a tout un mécanisme d’anticipation de la musique qui va faire en sorte que l’on va ressentir plus ou moins du plaisir. Donc, à chaque athlète de découvrir quelle chanson le rejoint le plus ».

Il n’y a donc pas de magie dans cette pratique. La musique calme, relaxe, fait du bien, met sur pied, active la compétition de chacun, mais comme dans presque tout, l’être humain reste unique et Eye of The Tiger n’a pas le même effet sur chacun.

Des bienfaits, mais pas que

Geneviève a relevé plus d’une douzaine de bénéfices générés par la musique chez les athlètes olympiques. Selon Radio-Canada Sports, dans les sports qui sont technico-artistiques, par exemple la descente acrobatique (le slopestyle) ou la planche à roulettes, la musique peut aider l’athlète à bloquer les distractions, en lui permettant d’ignorer les bruits de la foule et pouvoir se concentrer sur sa discipline. Pour ce qui est des sports d’endurance, la musique peut avoir un effet dit analgésique. La douleur sera alors ressentie plus tard et moins intensément. L’athlète pourra donc poursuivre son effort plus longtemps.

Tant de bienfaits trouvés dans la musique, pourtant, dans certains cas, la musique s’avère néfaste. « Chez les athlètes de très haut niveau, ils utilisent des stratégies associatives, c’est-à-dire qu’ils se fient beaucoup à leurs sensations physiques pour gérer leur allure. » Dans ce cas-ci, la musique serait à proscrire. Il faut que la musique demeure un outil pour les sportifs et non pas une béquille.

« Il ne faut pas devenir dépendant de l’utilisation de la musique comme outil de préparation mentale, met en garde Geneviève. Les athlètes doivent toujours être en mesure d’adapter leur préparation pour arriver à performer sur demande. »

Choix ou hasard?

Trouver une chanson qui a des effets bénéfiques et qui est motivante et/ou relaxante en étant une seule personne, ce n’est déjà pas évident. Alors trouver une chanson rassembleuse lorsqu’il y a plusieurs individus concernés, comme dans une équipe de hockey, c’est ardu.

« Chez le Canadien, par exemple, les joueurs viennent de plusieurs pays différents, rappelle Geneviève. Ils ont des bagages culturels différents, c’est difficile de trouver un juste milieu et de trouver une chanson qui rassemble. » Elle insiste par contre pour dire que quand les joueurs trouvent cette fameuse chanson qui fonctionne pour toute l’équipe, ils savent qu’au niveau de la cohésion de groupe ça peut avoir un effet positif.

Parfois, la chanson s’impose d’elle-même, soit parce qu’elle jouait à un moment important de la vie d’un athlète, soit parce qu’elle raconte l’histoire de l’athlète ou de son parcours. Quoi qu’il en soit, quand les sportifs ont trouvé leur chanson ou la musique qui leur permet de rester concentrés sur leurs objectifs et leurs motivations, ils ne la laissent pas tomber.

Les paroles : indispensables

Selon la consultante en performance sportive, les paroles des chansons choisies par les athlètes sont importantes. Pour son mémoire, elle a rencontré dix athlètes olympiques et s’est rendu compte qu’ils avaient en commun le fait d’être inspirés par des chansons qui portaient le même genre de message. « Ce sont des chansons très spécifiques, raconte-t-elle. Au début, le personnage vit des moments difficiles et il est finalement capable de surmonter les défis et les obstacles pour revenir plus fort. »

Les sportifs ont tout intérêt, selon Geneviève Cardella-Rinfret, à s’intéresser à la musique qui les entoure avant une performance. « Pas mal tout ce que fait un athlète de haut niveau est réfléchi. Le programme d’échauffement est réfléchi, il y a un tas d’exercices que l’on doit répéter un nombre précis de fois. Pourquoi laisserait-on au hasard les chansons que l’on écoute? », précise-t-elle.


Crédit photo @ Pexels

FORMER ET INFORMER / Le Collectif a pour mission de rapporter objectivement les actualités à la population et d’offrir une tribune à la communauté étudiante de Sherbrooke et ses associations. Toutes les déclarations et/ou opinions exprimées dans les articles ou dans le choix d’un sujet sont uniquement les opinions et la responsabilité de la personne ou de l’entité rédactrice du contenu. Toute entrevue ou annonce est effectuée et livrée dans un but informatif et ne sert en aucun cas à représenter ou à faire la promotion des allégeances politiques ou des valeurs éthiques du journal Le Collectif et de son équipe.

Corédactrice en chef, auparavant cheffe de pupitre SPORT ET BIEN-ÊTRE pour le journal Le Collectif

Passionnée par tout ce qui touche les médias, pas surprenant que Sarah tripe autant sur ses cours du bac en communication, lorsqu'elle fait de la radio à CFAK et lorsqu'elle écrit des articles pour Le Collectif. Dans l'équipe du journal depuis mai 2021, elle est fière de mettre sa touche personnelle dans ce média de qualité de l'Université de Sherbrooke.

Le sport et le bien-être sont, selon elle, indispensables à la société. Elle s'efforce donc, avec sa curiosité légendaire, de dénicher les meilleurs sujets sportifs pour vous!

Depuis août 2022, Sarah n'est plus cheffe de pupitre puisqu'elle a été promue au poste de corédactrice en chef!