De Sherbrooke au Sénégal, un stage qui transforme des vies 

Par Frédérique Maysenhoelder 

Grâce à une collecte de 30 000 $, des étudiantes et étudiants de l’UdeS contribuent à soutenir des écoles du village de Fissel, au Sénégal. 

Un projet pédagogique de l’Université de Sherbrooke prend chaque année une ampleur bien réelle à des milliers de kilomètres du campus. Des étudiantes et étudiants du baccalauréat en adaptation scolaire et sociale (BASS) ont récemment amassé 30 000 $ afin de soutenir des écoles du village de Fissel, au Sénégal. 

Bien plus qu’un simple stage, cette initiative s’inscrit dans une démarche d’apprentissage expérientiel qui conjugue engagement social, immersion culturelle et réflexion critique sur les pratiques éducatives. 

Une immersion marquante sur le terrain 

Depuis 2023, une trentaine d’étudiantes et d’étudiants participent chaque année à ce stage international dans le cadre de leur formation. Pendant plusieurs semaines, ils et elles évoluent dans des écoles où les réalités sont parfois à l’opposé de la leur au Québec. 

Classes nombreuses, ressources pédagogiques limitées, infrastructures modestes : les défis sont multiples. Pourtant, ces contraintes deviennent rapidement des occasions d’apprentissage. Les stagiaires sont amenés à faire preuve de créativité, d’adaptation et d’écoute afin de répondre aux besoins des élèves. 

Au fil des jours, leur rôle dépasse celui d’enseignant ou d’enseignante. Ils accompagnent, soutiennent et créent des liens avec les jeunes, tout en découvrant une autre manière de concevoir l’éducation. 

L’immersion se poursuit également à l’extérieur de l’école. Accueillis au sein de familles du village, les étudiantes et étudiants partagent le quotidien de leurs hôtes. Cette proximité favorise une compréhension plus fine des réalités sociales et culturelles locales, loin des perceptions théoriques. 

Une mobilisation étudiante impressionnante 

Avant même leur départ, les membres de la cohorte s’engagent dans une importante campagne de financement. L’objectif est double : rendre le projet accessible pour tous les participants et participantes, mais aussi contribuer concrètement à l’amélioration des conditions d’apprentissage à Fissel. 

Cette année, leur mobilisation a permis d’amasser 30 000 $, une somme significative qui témoigne de leur engagement. Activités de financement, partenariats, implication dans la communauté : les efforts déployés sont nombreux et s’échelonnent sur plusieurs mois. 

Ces fonds sont ensuite investis dans des projets définis en collaboration avec les acteurs locaux. L’approche privilégie des actions durables, adaptées aux besoins réels du milieu, plutôt que des interventions ponctuelles. 

Une approche fondée sur la collaboration 

Au cœur de ce stage se trouve une philosophie claire : celle de la réciprocité. Les étudiantes et étudiants ne se positionnent pas comme des « aidants » venus transmettre un savoir, mais comme des partenaires engagés dans un échange. 

Cette approche s’inscrit dans une vision plus large de l’éducation, où l’apprentissage se fait dans les deux sens. Les stagiaires apprennent autant qu’ils enseignent, que ce soit en matière de pédagogie, de gestion de classe ou de compréhension interculturelle. 

Les liens développés avec la communauté de Fissel s’inscrivent également dans la durée. D’année en année, les cohortes contribuent à renforcer une collaboration déjà établie, créant ainsi un véritable partenariat entre l’Université de Sherbrooke et le milieu local. 

Une expérience qui transforme les parcours 

Pour plusieurs étudiantes et étudiants, ce stage représente un moment charnière dans leur parcours. Confrontés à des réalités différentes, ils développent une capacité d’adaptation, une sensibilité accrue aux enjeux sociaux et une réflexion critique sur leur futur rôle professionnel. 

Cette expérience contribue à former des personnes intervenantes plus conscientes, mieux outillées et profondément engagées. Elle les pousse à repenser leurs pratiques, à questionner leurs repères et à envisager leur métier dans une perspective plus globale. 

Au-delà des compétences académiques, c’est une véritable transformation personnelle qui s’opère. Les participantes et participants reviennent souvent avec une vision élargie du monde, mais aussi avec le désir de continuer à s’impliquer dans des projets à portée sociale. « C’est indescriptible comment ce stage a été transformateur. Parce que chaque personne le vit différemment, mais aussi parce que c’est tellement intense, englobant, immersif. Nous retenons donc plusieurs apprentissages sur le plan personnel qui impacteront évidemment, et ce, très positivement, notre plan professionnel », décrit Adèle Boudreau, étudiante au BASS. 

« Pour ma part, j’ai toujours voulu aller en Afrique, renchérit Élisa Thériault, également étudiante au BASS. On en entend parler, on se fait des images, on a des préjugés. Je voulais le voir et le vivre. La chaleur, la communauté, le rapport au temps…j’avais soif d’une expérience humaine et ce stage a répondu à cette aspiration que j’avais depuis longtemps. Puis, professionnellement, j’aime la clientèle de la francisation, donc je trouvais aussi que ça avait du sens pour moi d’y aller. J’en ai profité à fond. À présent, je ne pense qu’à y retourner. » 

L’université comme moteur d’engagement 

À travers ce type d’initiative, l’Université de Sherbrooke démontre que la formation universitaire peut aller bien au-delà des salles de cours. En misant sur des expériences concrètes et engagées, elle contribue à former une relève capable de répondre aux défis contemporains, ici comme ailleurs. 

Ce projet illustre aussi le rôle que peuvent jouer les institutions d’enseignement dans le développement de partenariats internationaux fondés sur le respect, l’échange et la solidarité. 

À Fissel comme à Sherbrooke, les retombées de ce stage se font sentir bien au-delà de sa durée. Derrière les chiffres et les projets, ce sont avant tout des liens humains qui se tissent — et qui, pour plusieurs, marqueront durablement leur parcours. 


Source : UdeS

Frédérique Maysenhoelder
Cheffe de pupitre CAMPUS at Journal Le Collectif  campus.lecollectif@usherbrooke.ca   More Posts

Frédérique occupe le pupitre de la section Culture pendant son baccalauréat en communication appliquée. Passionnée par les médias écrits bien avant son entrée à l’université, elle a d’abord complété un DEC en journalisme au Cégep de Jonquière, où elle a aiguisé sa plume et son regard critique.

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