Par Frédérique Maysenhoelder

*Cet article s’inscrit dans une série de textes dédiés à l’information retenue lors du Festival international du journalisme de Carleton-sur-Mer, où Le Collectif était présent.
Présentée dans le cadre du Festival international du journalisme de Carleton-sur-Mer (FIJC), la conférence « La fabrique d’un scoop » a permis au public de découvrir les coulisses du journalisme d’enquête à travers les témoignages de plusieurs journalistes. Animée par Marie-Maude Denis de Radio-Canada, la discussion réunissait Jean-Louis Fortin et Annabelle Blais du Journal de Montréal ainsi que Thomas Gerbet de Radio-Canada.
Pendant près d’une heure, les panélistes ont échangé sur les réalités du métier, les défis de l’enquête journalistique et la pression constante entourant la recherche d’informations exclusives. Marie-Maude Denis a commencé par rappeler qu’un scoop ne se résume pas à être le premier à publier une nouvelle. Selon elle, l’enquête journalistique est un genre qui repose surtout sur un travail rigoureux de recherche, de vérification et de persévérance.
La protection des sources au centre des échanges
Les invités ont abordé l’importance des sources confidentielles dans le travail d’enquête. Thomas Gerbet a insisté sur la nécessité de protéger les personnes qui acceptent de transmettre des informations sensibles aux journalistes. Tous s’entendent pour dire que c’est la confiance établie avec les sources qui fonde la crédibilité d’un journaliste.
Pour éviter les poursuites judiciaires et les erreurs, Jean-Louis Fortin souligne l’important de corroborer chaque information obtenue. De ce fait, les enquêtes demandent souvent des mois de travail et de vérifications avant d’être publiées. Les journalistes présents ont aussi évoqué les demandes d’accès à l’information, un outil fréquemment utilisé dans les enquêtes.
Annabelle Blais a pour sa part parlé de l’impact des réseaux sociaux sur le travail journalistique. Elle a expliqué que ces plateformes sont devenues des outils précieux pour entrer en contact avec des témoins ou des sources potentielles, même si elles exigent une vigilance accrue en matière de vérification.
Entre rivalité médiatique et collaboration
Bien qu’ils reconnaissent l’existence d’une rivalité dans la course aux exclusivités, les journalistes ont affirmé qu’une certaine solidarité demeure présente dans la profession. Ils ont toutefois dénoncé certaines pratiques jugées contraires à l’éthique, notamment les tentatives de discréditer le travail d’un autre journaliste.
La discussion a aussi porté sur la différence entre une enquête policière et une enquête journalistique. Alors que les policiers cherchent à établir des accusations criminelles, les journalistes tentent surtout de révéler des faits d’intérêt public. Ils ont rappelé que le journalisme d’enquête demeure essentiel dans une société démocratique.
Crédit : Frédérique Maysenhoelder
Frédérique Maysenhoelder
Frédérique occupe le pupitre de la section Culture pendant son baccalauréat en communication appliquée. Passionnée par les médias écrits bien avant son entrée à l’université, elle a d’abord complété un DEC en journalisme au Cégep de Jonquière, où elle a aiguisé sa plume et son regard critique.
