L’itinérance en Estrie au centre d’un forum à Sherbrooke 

Par Nicolas Mathieu  

En Estrie, un peu plus de 700 personnes se trouvent en situation d’itinérance selon les données préliminaires 2022-2025. 

Près de 300 acteurs et actrices issus des milieux communautaire, institutionnel et municipal se sont réunis les 25 et 26 mai derniers au Cégep de Sherbrooke pour le Forum itinérance de Sherbrooke. L’événement visait à dresser un bilan des actions déjà en place et à réfléchir aux prochaines étapes, dans un contexte où de plus en plus de personnes se retrouvent en situation d’itinérance dans la région. 

Des personnes des milieux communautaires, de la santé et des services sociaux, de la sécurité publique, des affaires, de l’habitation ainsi que des sphères municipale et politique ont pris part au Forum itinérance de Sherbrooke. Sous le thème « Partager nos savoirs, conjuguer nos forces », le Forum proposait deux journées de conférences, d’ateliers et de discussions. L’objectif était à la fois de dresser un bilan des actions mises en place sur le territoire et de réfléchir à des pistes d’action concrètes pour les prochaines années. 

Les activités abordaient plusieurs enjeux liés à l’itinérance, notamment la prévention, la cohabitation dans l’espace public, l’accessibilité aux services, la santé mentale, la dépendance et le logement. Des ateliers portaient aussi sur l’itinérance en milieu rural, la judiciarisation et la diversité des réalités vécues par les personnes en situation d’itinérance. 

L’événement était porté par la Table itinérance de Sherbrooke, en collaboration avec la Ville de Sherbrooke, le CIUSSS de l’Estrie, le CHUS et plusieurs autres partenaires régionaux. Ensemble, ces organisations souhaitaient mieux coordonner leurs interventions et renforcer la collaboration entre les différents milieux. 

Pour la présidente du conseil d’administration de la Table itinérance de Sherbrooke, Andréa Verreault, le forum se voulait « un véritable temps d’arrêt et de réflexion sur l’itinérance », et non un simple événement ponctuel. Elle a insisté sur l’importance d’aligner les interventions et les visions, en misant sur la collaboration et la responsabilité collective pour mettre en place des actions durables. 

Une hausse de l’itinérance en Estrie 

Le Forum s’est tenu dans un contexte où l’itinérance est en hausse dans plusieurs régions du Québec. À Sherbrooke, les acteurs du milieu constatent que de plus en plus de personnes se trouvent sans logement ou dans des situations de grande précarité. 

En Estrie, les données préliminaires font état d’une augmentation de 4,2 % du nombre de personnes en situation d’itinérance entre 2022 et 2025. Il s’agit de la plus faible hausse parmi les treize régions recensées, mais cette progression représente tout de même plusieurs dizaines de personnes supplémentaires. Selon ces mêmes données, un peu plus de 700 personnes se trouveraient en situation d’itinérance sur le territoire estrien. 

Les organisateurs du Forum rappellent que l’itinérance ne touche plus seulement les grands centres urbains. L’Estrie, comme d’autres régions, voit apparaître des situations d’itinérance visible et cachée, autant en milieu urbain qu’en milieu rural. 

En ouverture de l’événement, la mairesse de Sherbrooke, Marie-Claude Bibeau, a affirmé que l’itinérance est prise au sérieux par la Ville et que des actions sont mises en place en ce sens. Le vice-premier ministre et ministre de la Sécurité intérieure, Ian Lafrenière, a, pour sa part, souligné dans le communiqué de la Ville de Sherbrooke que le Forum permet d’aborder les enjeux qui affectent les communautés et le sentiment de sécurité des citoyens, en rappelant le soutien accordé par le Fonds pour bâtir des communautés sécuritaires. 

Miser sur la collaboration et des mesures durables 

Plusieurs interventions au Forum ont mis de l’avant la nécessité de renforcer la collaboration entre la Ville de Sherbrooke, les organismes communautaires et les institutions publiques. Des représentantes et des représentants ont rappelé que de nombreuses mesures ont été mises en place au cours des dernières années grâce à ce travail conjoint avec le CIUSSS de l’Estrie, le CHUS et différents partenaires locaux. Certains acteurs du milieu communautaire ont souligné que cette collaboration s’est traduite par un choix de privilégier des mesures structurantes et pérennes. Selon eux, ce type de décisions contribue à mieux organiser les services plutôt qu’à multiplier des réponses isolées. 

À la suite de ces deux journées d’échanges, les participantes et participants souhaitent que les discussions tenues au Cégep de Sherbrooke se traduisent en actions concrètes sur le terrain. Dans un contexte où un peu plus de 700 personnes seraient en situation d’itinérance en Estrie, la mise en œuvre de mesures durables et coordonnées demeure au cœur des attentes. 


Source : Pixabay

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