Départ de Steven Guilbeault 

Par Médéric Dens  

Steven Guilbeault a parallèlement siégé au sein des comités consultatifs en changements climatiques sous les gouvernements de Jean Charest et de Pauline Marois. 

Steven Guilbeault, député de longue haleine et ministre notamment de l’Environnement, quitte officiellement le Parti libéral du Canada. Élu d’abord sous l’ère Trudeau fils, le tournant moins environnementaliste des derniers mois le pousse à mener son « combat pour la protection de l’environnement et la lutte contre les changements climatiques autrement ».  

Après presque sept ans passés à la Chambre des communes, voilà que Steven Guilbeault a annoncé sa démission en tant que ministre, et quittera son siège de député de Laurier-Sainte-Marie plus tard cet été.  

Ce dernier a occupé les fonctions de ministre de l’Environnement et du Changement climatique d’octobre 2021 au 14 mars 2025, date des dernières élections législatives mettant Mark Carney à la tête du pays. Guilbeault a ensuite brièvement occupé les fonctions de ministre chargé des langues officielles, puis du ministère de l’Identité et de la Culture canadiennes de mai à novembre 2025.  

Steven Guilbeault s’est aussi impliqué dans la mise en place de plusieurs dossiers axés sur le développement et la préservation de l’environnement, dont « des projets éoliens et solaires, des projets de transport et de mobilité active, d’électrification du transport en commun, incluant l’augmentation des ventes de véhicules électriques et, plus récemment, le train à grande vitesse » a-t-il affirmé lors de son discours de départ à la Chambre des communes.  

De militant à politicien 

Malgré ses sept années de députation, c’est dans l’activisme que Steven Guilbeault s’est démarqué. Il cofonde d’abord Action pour la solidarité, l’équité, l’environnement et le développement (ASEED), l’ancêtre d’Équiterre. Il devient ensuite chef du bureau québécois de Greenpeace au tournant des années 2000, où il enchaine les grands coups médiatiques.   

C’est en effet dans ses fonctions qu’il est arrêté pour avoir escaladé la tour du CN en 2001 en guise de contestation du Protocole de Kyoto, puis pour avoir escaladé la demeure de l’ex-premier ministre de l’Alberta, Ralph Klein. En 2008, Guilbeault revient ensuite auprès d’Équiterre, là où tout a commencé, avant d’atterrir à la Chambre des communes en 2019.  

Pour le député de Laurier-Sainte-Marie, le choix de se lancer en politique découle d’une volonté profonde d’influencer les décisions au sein même de l’appareil politique :  

« J’ai essayé d’aborder mon temps en politique avec la même fouge et la même détermination que je l’avais fait lorsque j’étais chez Greenpeace ou chez Équiterre (…). Pour moi, la politique était un moyen de faire avancer la cause environnementale plus loin que ce que j’avais réussi à faire à l’extérieur de la politique (…). Je n’aurais pas pu convaincre 196 pays de protéger 30 % de la planète à Montréal en 2022 si je n’avais pas fait ce saut en politique », a affirmé Steven Guilbeault sur les ondes de Radio-Canada.  

Dernier porte-étendard de l’environnement au PLC ? 

Sous Trudeau, l’environnement semblait au cœur des priorités politiques. Or, l’arrivée de Mark Carney et le contexte politique international lié à l’industrie pétrolière laisse peu de place aux initiatives environnementales.  

Plus récemment, Steven Guilbeault a clairement démontré son mécontentement vis-à-vis des projets de loi priorisant le développement pétrolier. Le point culminant de sa contestation demeure, à ce jour, son « désaccord total » envers l’entente Ottawa-Alberta pour la construction d’un oléoduc de novembre 2025, menant à sa démission de son poste de ministre. 

Pour le premier ministre Mark Carney, l’engagement environnemental de Steven Guilbeault est certes remarquable, mais ce sont surtout ses fonctions de député qui laissent le premier ministre reconnaissant :   

« Je tiens à remercier M. Steven Guilbeault pour ses nombreuses contributions (…), un député dévoué de Laurier-Sainte-Marie, pour le cabinet et pour moi-même. Nous avons travaillé ensemble lorsque j’étais représentant spécial des Nations Unies pour l’action climatique et le financement (…), j’ai toujours aimé travailler avec lui », a mentionné le premier ministre en point de presse. 


Source : Getty Images

Médéric Dens
Chef de pupitre SOCIÉTÉ at Journal Le Collectif  societe.lecollectif@usherbrooke.ca   More Posts

Médéric Dens est le chef de pupitre SOCIÉTÉ, mais il aurait tout aussi bien pu diriger la section Sports, passionné de hockey et de tennis depuis l’enfance. Récemment, la politique est devenue son nouveau centre d'intérêt. Il poursuit un baccalauréat en études politiques appliquées, cheminement politiques publiques.

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