Marine Le Pen condamnée 

Par Médéric Dens  

 Il y a quelques mois, Marine Le Pen avait promis de ne pas faire campagne dans l’éventualité où elle devrait porter un bracelet électronique.  

La présidente du Rassemblement national, parti d’extrême droite en France, a été condamnée pour détournements de fonds publics, notamment en raison de l’embauche d’assistants au profit de son parti. Malgré cela, elle tient à réaffirmer ses intentions de se présenter comme candidate aux élections présidentielles de 2027.  

Condamnée à quatre ans de prison, dont deux ferme avec le port obligatoire du bracelet électronique et 60 mois d’inéligibilité il y a plus d’un an, voilà que la Cour d’appel française change de cap. En effet, c’est ce qui a été confirmé, le 7 juillet dernier, lorsque l’instance d’appel a finalement opté pour une peine de trois ans, dont seulement un avec sursis.  

Or, c’est le changement dans le nombre de mois d’inéligibilité qui choque le plus. En effet, c’est plutôt 45 mois d’inéligibilité qui attendent Marine Le Pen, ce qui inclut les mois déjà purgés depuis 2025. Cela lui permet donc de se présenter comme candidate, considérant que cette peine est techniquement déjà purgée.  

Elle a également annoncé vouloir se pourvoir en cassation, c’est-à-dire contester la décision. Cela lui permet non seulement de se présenter comme candidate, mais surtout de le faire sans bracelet électronique. Pourquoi ? Parce qu’en attendant le jugement de la Cour de cassation, elle reporte le port du bracelet électronique, utile notamment pour ses déplacements à travers la France.  

« Je suis candidate à l’élection présidentielle. Nous allons très rapidement, Jordan Bardella et moi-même, démarrer cette campagne présidentielle », a-t-elle annoncé sur les ondes de TF1. Elle a d’ailleurs confirmé qu’en cas de victoire, ce serait Jordan Bardella qui hériterait du poste de premier ministre, poste actuellement occupé par Sébastien Lecornu.  

Quels sont les faits exacts qui lui sont attribués ? 

Marine Le Pen est accusée d’avoir engagé plusieurs personnes employées dans ses fonctions d’eurodéputée entre 2004 et 2017. Huit personnes eurodéputées, douze assistants parlementaires et trois autres membres du parti ont aussi été accusés aux côtés de Marine Le Pen pour avoir été embauchés et payés par le Parlement européen, mais pour des fonctions liées au Rassemblement national.  

La facture s’élève en tout à 2,8 millions d’euros pour l’ensemble des dépenses qui lui sont reprochées, pour ce que la Cour d’appel qualifie de véritable « système ».  

Selon Odoxa, un institut de recherche indépendant, aucun revirement de situation n’est à prévoir selon les sondages, même après sa condamnation. Cela la place donc toujours en première position avec des intentions de vote de 36 %. Au second tour, elle semble d’ailleurs toujours favorite avec plus de 50 % des voix.  

Ce n’est pourtant aucunement surprenant, alors que 51 % des personnes françaises affirment « soutenir » la décision de se présenter de Marine Le Pen. Il y a même 25 % de ces personnes qui voient cette condamnation comme un « atout » pour le parti.  

Malgré ce soutien populaire, cela reste plus bas que celui de Jordan Bardella, pour qui 74 % des personnes françaises disent le percevoir d’un œil « très positif », contre 61 % pour Bardella, un écart majeur.  


Source : Getty Images

Médéric Dens
Chef de pupitre SOCIÉTÉ at Journal Le Collectif  societe.lecollectif@usherbrooke.ca   More Posts

Médéric Dens est le chef de pupitre SOCIÉTÉ, mais il aurait tout aussi bien pu diriger la section Sports, passionné de hockey et de tennis depuis l’enfance. Récemment, la politique est devenue son nouveau centre d'intérêt. Il poursuit un baccalauréat en études politiques appliquées, cheminement politiques publiques.

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