Comment fonctionnent les élections au Québec ? 

Par Médéric Dens 

Le terme uninominal fait référence à la présence d’un seul siège dans chaque circonscription.  

Pour participer à la vie démocratique et exercer son droit de vote, il faut d’abord comprendre le fonctionnement des élections. Pour qui vote-t-on réellement ? Le parti ? Le chef ? Et lorsque l’on est une personne étudiante, comment voter et pour quelle circonscription ? Est-ce le même processus que lors des élections fédérales ? 

Il existe trois grandes familles de mode de scrutin dans le monde : scrutin majoritaire, scrutin proportionnel et proportionnel mixte (ou simplement mixte). Au Québec et au Canada, nous votons selon le mode uninominal majoritaire à un tour.  

Cela veut dire que chaque personne ne vote qu’une seule fois, comme il n’y a qu’une ronde de vote (à l’inverse du mode de scrutin uninominal majoritaire à deux tours).  

Chaque personne inscrite sur la liste électorale vote donc pour son ou sa candidate, afin de faire élire une personne députée, et non pas un parti ou encore une personne à la tête d’un parti.  

Avantages et inconvénients de ce mode de scrutin  

Même s’il est simple à comprendre, ce mode de scrutin est souvent critiqué par son manque de représentativité, et sa propension à créer une disproportionnalité souvent majeure.  

C’est souvent le cas au Québec. Prenons l’exemple des élections générales de 2022 : la Coalition avenir Québec a remporté plus de 72 % des sièges de l’Assemblée nationale, en ne récoltant qu’environ 41 % du vote populaire. Parallèlement, Éric Duhaime n’a fait élire aucune personne députée, même si presque 13% des personnes québécoises ont voté en sa faveur pour son parti. 

Ce mode de scrutin est également fortement critiqué pour ses votes souvent gaspillés. Par exemple, une personne qui vote pour Québec solidaire dans une circonscription libérale perd théoriquement son vote, n’élisant personne de son parti favori.  

Il faut toutefois noter que le mode uninominal majoritaire à un tour favorise les gouvernements stables, notamment en raison de l’absence de coalitions, car seul un parti est élu au pouvoir. Ce mode permet aussi d’instaurer un meilleur contact entre la personne députée et les personnes citoyennes, en raison de la représentation unique dans chaque circonscription.  

Les autres modes de scrutin  

Les modes de scrutin proportionnel et mixte, bien que plus difficiles à cerner, sont plus représentatifs.  

En votant sous l’un de ces deux modes de scrutin, un vote ne peut donc pas être perdu ou gaspillé en raison de la pluralité de personnes députées dans chaque circonscription, qui dépend généralement de la grandeur de la région/circonscription. Par exemple, au Portugal, où le mode proportionnel est utilisé, Lisbonne et Porto sont les circonscriptions où le nombre de personnes députées y est le plus élevé.  

Le mode proportionnel est toutefois critiqué pour son instabilité politique et son manque de proximité entre personnes députées et personnes citoyennes, même si la présence de coalitions favorise le compromis entre personnes élues.  

Le mode mixte, ou semi-présidentiel, possède à la fois un aspect proportionnel et un aspect majoritaire. Certains disent que ce mode représente le meilleur des deux mondes, car il vise à limiter/éliminer la disproportion.  

Une portion majeure des sièges est donc distribuée de façon proportionnelle, tandis que d’autres sièges (souvent entre 10 et 15 %) sont distribués de façon à combler l’écart entre vote populaire et sièges remportés. Au Québec, ce mode aurait avantagé le Parti conservateur d’Éric Duhaime, qui aurait bénéficié d’une répartition proportionnelle des sièges. 

Même s’il représente bien les voix populaires et crée un équilibre au parlement, ce mode de scrutin peut être complexe à comprendre et peut créer une fracture entre personnes élues proportionnellement et personnes dont le siège a été redistribué.    

Comment voter ?  

Pour voter au Québec, il faut obligatoirement avoir 18 ans et plus et être inscrit sur la liste électorale. La semaine avant les élections, chaque personne inscrite sur cette liste recevra, par la poste, un carton jaune, sur lequel les informations importantes y seront indiquées : endroit où voter, date, documents requis, etc.  

Plusieurs établissements scolaires, dont l’Université de Sherbrooke, offrent également la possibilité de voter à même le campus pour les personnes étudiantes qui résident légalement dans une autre ville. C’est souvent le cas pour les personnes qui résident toujours légalement chez leurs parents, à l’extérieur de la ville de Sherbrooke.  

Une personne étudiante résidant légalement à Gatineau, par exemple, pourra donc voter pour sa circonscription d’origine, sans devoir retourner dans sa région.  

Les 25 et 26 septembre, ainsi que le 1er octobre, il sera donc possible de voter sur le Campus principal, au local B5-3003 du Pavillon multifonctionnel. 

Comme la date, l’heure et l’emplacement du vote sur le Campus sont assujettis à des changements, Élections Québec invite la communauté étudiante à suivre les différentes publications ou encore à « communiquer avec la directrice ou le directeur du scrutin de la circonscription de l’établissement d’enseignement (Sherbrooke) pour confirmer ces informations » avant de se présenter. 


Source : Pixabay

Médéric Dens
Chef de pupitre SOCIÉTÉ at Journal Le Collectif  societe.lecollectif@usherbrooke.ca   More Posts

Médéric Dens est le chef de pupitre SOCIÉTÉ, mais il aurait tout aussi bien pu diriger la section Sports, passionné de hockey et de tennis depuis l’enfance. Récemment, la politique est devenue son nouveau centre d'intérêt. Il poursuit un baccalauréat en études politiques appliquées, cheminement politiques publiques.

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