L’apparence physique a-t-elle une influence au travail? 

Par Salma Labiede 

Quand l’apparence influence les perceptions au travail. 

C’est un sujet controversé, mais il est important de se poser cette question : l’apparence physique a-t-elle encore une influence au travail dans notre société contemporaine? Bien que la discrimination soit interdite dans les milieux de travail, des biais inconscients peuvent demeurer chez les personnes qui recrutent de nouveaux talents.  

Plusieurs éléments peuvent influencer une décision d’embauche : les compétences, les expériences professionnelles, les établissements d’enseignement fréquentés, l’apparence physique, le sourire, la confiance dégagée, etc. 

L’influence de l’apparence physique dans certains milieux de travail 

Dans les milieux de travail où il y a un contact fréquent avec la clientèle, notamment dans l’hôtellerie, les aéroports, les restaurants haut de gamme ou les cabinets d’avocats, l’apparence physique peut exercer une influence lors du processus d’embauche. Par exemple, certains employeurs peuvent être réticents à embaucher une personne dont le style vestimentaire ne correspond pas à leurs normes, qui porte une coiffure ou une coloration capillaire très voyante, des perçages corporels ou des tatouages visibles. Dans certains cas, d’autres caractéristiques physiques peuvent également influencer, consciemment ou inconsciemment, l’évaluation d’une candidature. 

France Dufresne, leader des secteurs Expérience employé et Fusions et acquisitions au Canada chez Willis Towers Watson (WTW), affirme à La Presse que le biais lié à l’apparence ou lookisme peut jouer un rôle lors de la sélection de nouvelles personnes candidates à un poste. Lorsque les compétences des personnes candidates sont relativement similaires, l’apparence physique peut parfois influencer la décision d’embauche. Elle suggère également que l’apparence peut avoir une incidence sur les possibilités d’avancement professionnel ou sur la progression salariale. 

Il est également possible que le lookisme porte préjudice à des personnes perçues comme étant très belles. Elles peuvent parfois être jugées moins compétentes ou faire l’objet de stéréotypes ou de jalousie au sein d’une équipe de travail. Mme Dufresne souligne que ces jugements sont très subjectifs, qu’ils ne reflètent pas les compétences réelles des personnes et qu’ils peuvent avoir un caractère discriminatoire. 

Éviter que l’apparence physique prenne une place trop importante 

Même si l’apparence peut parfois influencer une première impression, plusieurs éléments peuvent permettre aux personnes candidates de mettre leurs compétences en valeur. Il est notamment possible d’adopter une tenue adaptée à la culture de l’entreprise ou au domaine visé. Par exemple, porter des vêtements propres et soignés peut être attendu dans certains secteurs, comme l’hôtellerie. 

Tout au long du processus d’embauche, il est également utile de mettre l’accent sur ses compétences, son expérience et son expertise afin que ces éléments occupent une place centrale dans l’évaluation de la candidature. L’apparence physique constitue souvent une première impression, mais l’entrevue permet de démontrer ses qualifications, ses aptitudes et sa confiance en soi. 

Du côté des employeurs, pour limiter l’influence des biais inconscients, il est d’abord important d’en prendre conscience et de réfléchir à leur origine. Il est ensuite recommandé de se concentrer sur les compétences professionnelles, les qualifications et les qualités personnelles pertinentes pour le poste afin de favoriser un processus d’embauche éthique et équitable. Certaines organisations mettent également en place des formations sur les biais inconscients ou impliquent plusieurs personnes dans le processus de recrutement afin de réduire les risques de discrimination. 


Source : Siléas

Salma Labiede
Journaliste at Journal Le Collectif   More Posts
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