Les conditions en psychiatrie 

Par Salma Labiede 

Derrière les portes de la psychiatrie, chaque personne mérite des soins accessibles, humains et respectueux de sa dignité. 

Dans les hôpitaux, une section est réservée aux personnes vivant avec des troubles de santé mentale : la psychiatrie. Les personnes peuvent y être admises avec leur consentement ou, dans certaines situations, contre leur gré, selon leur état et les règles prévues par la loi. Elles peuvent y recevoir des soins pendant une courte période ou être hospitalisées plus longtemps, selon leur situation. Dans quelles conditions les personnes ayant des problèmes de santé mentale sont-elles donc prises en charge dans le système psychiatrique québécois? 

Il existe plusieurs services de santé mentale au Québec, et ceux-ci ne se trouvent pas seulement dans les hôpitaux. Les centres locaux de services communautaires (CLSC) offrent des services grâce à différents professionnels, comme des travailleurs sociaux, des psychoéducateurs, des psychologues et des infirmiers.  

Les groupes de médecine familiale peuvent également accompagner les personnes en les orientant vers des services de psychothérapie ou en prescrivant certains médicaments. Lorsque la situation est plus grave, des services spécialisés auprès de psychiatres peuvent être offerts dans le cadre d’un rendez-vous ou d’une hospitalisation. 

Cependant, l’accès aux soins peut être difficile. Selon des données rapportées par La Presse, en 2025, une personne devait attendre en moyenne 33 heures et 39 minutes aux urgences avant d’obtenir un lit en psychiatrie.  

Cette longue attente montre que la demande peut dépasser la capacité du système. Les salles d’urgence peuvent aussi être bruyantes et peu adaptées aux personnes en crise. Certaines doivent attendre dans une petite pièce sous surveillance lorsqu’elles représentent un danger pour elles-mêmes ou pour autrui. Cette expérience peut être difficile et traumatisante pour une personne déjà vulnérable. 

Les principales difficultés du système 

Les longues périodes d’attente, le manque de ressources et la pression exercée sur les professionnels sont donc des problèmes importants. Les conditions d’hospitalisation peuvent également être difficiles lorsque les établissements manquent de places ou de personnel. À cela s’ajoutent les préjugés et la stigmatisation entourant encore certains troubles de santé mentale. 

Les droits et la protection des personnes 

Les personnes recevant des soins psychiatriques ont des droits qui doivent être respectés. Normalement, les soins reposent sur le consentement de la personne. Toutefois, dans certaines circonstances, une personne peut être hospitalisée contre son gré lorsqu’elle représente un danger pour elle-même ou pour autrui en raison de son état mental. La loi québécoise prévoit notamment trois types de garde : préventive, provisoire et autorisée. Ces mesures sont encadrées afin de protéger la personne et son entourage. 

Améliorer les conditions 

Pour améliorer les conditions en psychiatrie, il serait important d’augmenter les ressources humaines et matérielles et de réduire les délais d’attente. Il faudrait également développer les services de santé mentale dans la communauté afin d’éviter l’hospitalisation lorsque celle-ci n’est pas nécessaire. Enfin, les patients devraient être davantage impliqués dans les décisions concernant leurs soins et bénéficier d’un meilleur suivi après leur hospitalisation. 


Source : iStock Photo

Salma Labiede
Journaliste at Journal Le Collectif   More Posts
Scroll to Top