Par Olivier Boivin

Pour une 3e saison consécutive, les joueurs du Vert & Or agiront à titre de spectateurs à l’occasion des séries éliminatoires du RSEQ. Sherbrooke est mathématiquement éliminé après cette défaite du 24 octobre dernier face aux Stingers de Concordia, où l’équipe s’est inclinée par la marque de 34-13 devant ses fidèles.
Les chances étaient minces après un début de saison difficile, quoique la victoire face aux Gaiters de Bishop’s avait ravivé les espoirs de la base partisane. Cette lueur d’espoir fut de courte durée, un scénario difficile à accepter pour l’entraineur du Vert & Or, Kevin Régimbald. « C’était le match des finissants, leur dernier match à domicile. On avait la chance de rester en vie, on voulait le faire pour eux, a confié le pilote de la formation sherbrookoise. Notre objectif de début de saison était de faire les séries, on n’a pas réussi, le résultat d’aujourd’hui est encore plus difficile à digérer. »
Manque d’exécution
Les joueurs du Vert & Or se trouvaient dans un état d’esprit similaire à celui de leur entraineur. « On a fait des sacrifices, mais c’est le revers de la médaille du sport. L’énergie était là, il y a du beau dans ce programme, mais on a manqué d’exécution dans des moments importants », a précisé le demi défensif Benjamin Huot. Ce dernier se dirigera d’ailleurs vers la Ligue canadienne de football (LCF) la saison prochaine, alors qu’il s’alignera avec le Rouge et Noir d’Ottawa. Il avait été recruté à titre d’agent libre en mai 2026.
Malheureusement, le manque d’exécution est un sujet qui est revenu souvent sur la table au cours de la présente campagne. Après cette fameuse défaite crève-cœur face aux Gaiters, le quart-arrière Jérémy Fyfe avait mentionné que l’équipe n’aurait pas perdu la rencontre si les variables de la communication et de la gestion du temps avaient été mieux contrôlées dans les derniers instants du match. Plus tard, après la dégelée de 55-24 subie aux mains du Rouge et Or, Fyfe reconnaissait l’habileté de son équipe à avancer le ballon, mais soulignait cette fois-ci la difficulté pour sa troupe de convertir ses bonnes séquences offensives en points sur le tableau.
Une deuxième demie à sens unique
Après un premier 15 minutes tranquille des deux côtés, l’offensive de Concordia a ouvert le bal en s’offrant une avance de 10-0, gracieuseté d’une course jusqu’à la zone des buts du quart-arrière Glenn Valentine. Il n’en fallait pas plus pour réveiller l’offensive des Renards. Jérémy Fyfe a complété une magnifique séquence à l’offensive de 70 verges sur six jeux, se concluant par une passe de 36 verges captée par Jérôme Deblois pour le touché.
Alors que le Vert & Or cherchait à prendre les devants avant de regagner le vestiaire, le demi de coin des Stingers, Coslens Clairveaux, a jeté une douche d’eau froide sur la foule au Stade de l’Université de Sherbrooke, interceptant le ballon et le transportant jusqu’au bout du terrain. Après le botté de transformation réussi, la marque était maintenant à 17-7 Concordia.
Saison terminée pour Fyfe
L’ambiance n’était déjà pas à son meilleur après l’interception de Clairveaux. Malheureusement, ce qui s’en est suivi n’a pas été plus rose. Après avoir été amené au sol par un demi défensif des Stingers à la suite d’une course, Fyfe a semblé s’endolorir au bras, le forçant à quitter la rencontre. C’est Samuel Goulet-Ménard qui a pris la relève.
Après deux placés réussis en début de 3e quart pour le Vert & Or, la défensive des Stingers s’est ressaisie et n’a plus rien donné du reste de la rencontre. C’est à ce même moment que l’offensive des visiteurs s’est mise en marche, ajoutant deux touchés et un placé de trois points pour graduellement se distancer de leurs adversaires et aller chercher la victoire.
Goulet-Ménard a fait de son mieux pour ramener son équipe dans le match, allant chercher 163 verges en un peu plus de 30 minutes de jeu. Cependant, ce dernier n’a pu ajouter de majeur à sa fiche, en plus d’être victime de deux interceptions.
Encore une fois, c’est l’exécution et le manque d’opportunisme dans la zone payante qui ont retenu l’attention, des failles que Jérémy Fyfe ne s’est encore une fois pas caché de remarquer. « On a joué du football de rattrapage. Défensivement, on a tout de même fait un bon travail, même si on aurait pu en faire plus. » En ce qui a trait à sa blessure, Fyfe a confirmé qu’il allait rencontrer les médecins, quoiqu’il ne pense pas être disponible pour le tout dernier match. « C’est frustrant. J’avais l’impression d’abandonner les gars. C’était difficile pour moi de regarder la deuxième demie, mais les gars se sont battus jusqu’à la fin. »
Quel futur pour le programme?
Comment raviver la flamme, l’espoir, les passions, après trois saisons sans séries ? « Le futur, ce n’est pas compliqué : recruter de bons jeunes hommes, bâtir la relève de demain et s’assurer d’avoir de bonnes fondations, un bon groupe, pour obtenir de bons résultats. Je suis fier de notre groupe actuel. Maintenant, on jouera pour la fierté », résume Régimbald. Malgré la saison en dents de scie, on reste optimistes du côté du personnel d’entraineurs, de même que chez les joueurs. « On jouera avec honneur et pour finir la saison en beauté avec nos frères », a déclaré Benjamin Huot.
Sherbrooke n’a pas participé à la grande finale de la Coupe Jacques-Dussault depuis 2012, où elle s’était inclinée face à l’Université Laval. L’équipe n’avait toutefois jamais été aussi proche des grands honneurs qu’en 2010, seule autre participation à la finale. La victoire lui avait tout juste glissé des mains face au Rouge et Or, subissant une défaite de 22-17.
Lors de la parution de cet article, la saison du Vert & Or aura officiellement pris fin. Le dernier match de Sherbrooke avait lieu le vendredi 30 octobre au Stade Percival-Molson, alors que l’équipe croisait le fer avec les Redbirds de l’Université McGill.
Crédit : Manuel Ezeta Vert & Or
