Par Nicolas Mathieu

L’ex-recteur de l’Université de Sherbrooke (UdeS), Pierre Cossette, sera candidat pour le Parti libéral du Québec (PLQ) dans la circonscription de Sherbrooke lors des prochaines élections provinciales. Le parti le présente comme l’une de ses candidatures vedettes dans la région. Médecin et ancien dirigeant d’établissement, il arrive en politique avec un long parcours en santé et en enseignement supérieur.
Depuis 2018, la circonscription est représentée par la députée de Québec solidaire Christine Labrie, qui a annoncé son intention de ne pas briguer un nouveau mandat en 2026. Son départ ouvre la porte au Parti libéral du Québec, historiquement bien implanté dans la région, notamment durant les 14 années où l’ancien premier ministre Jean Charest a été élu.
Dans une publication sur le réseau X, le PLQ présente la candidature de Pierre Cossette comme un élément central de sa stratégie en vue du prochain scrutin. « La candidature de Pierre Cossette cadre parfaitement avec notre volonté de trouver des solutions innovantes aux défis de notre société et d’améliorer les services publics québécois, particulièrement en santé et en éducation », peut-on y lire.
Avec cette annonce, le PLQ mise sur une figure bien connue du milieu universitaire sherbrookois, dont le parcours est étroitement lié à l’Université de Sherbrooke.
Un parcours ancré dans l’université
Pierre Cossette a dirigé l’UdeS de 2017 à 2025 avant de quitter ses fonctions de recteur. À la tête de l’établissement, il a été appelé à piloter des dossiers touchant autant la vie académique que le rôle de l’université dans la région.
Il a auparavant œuvré comme médecin et doyen à la Faculté de médecine et des sciences de la santé, un parcours qui lui confère une crédibilité à la fois en santé et en éducation. Il est diplômé en médecine de l’Université de Montréal, en médecine interne de l’Université de Sherbrooke et en épidémiologie et biostatistiques (M. Sc.) de l’Université McGill.
Il a notamment été directeur du Département de médecine du CHUS et de la Faculté de médecine et des sciences de la santé de 2004 à 2010, puis doyen de la faculté de 2010 à 2017. Ces fonctions l’ont placé au cœur des enjeux de formation, de recherche et d’organisation des services de santé.
Lors du renouvellement de son mandat de recteur de l’UdeS en 2022, il avait identifié quatre grandes priorités : le développement durable et les changements climatiques, les transformations technologiques au service des personnes et de la société, les soins et les services de santé personnalisés dans une perspective d’autonomie et de responsabilisation, ainsi que le vivre-ensemble et la valorisation de la diversité.
L’homme de 58 ans dit qu’il se reconnaît dans le nationalisme prôné par le PLQ, qu’il associe à un équilibre entre justice sociale, développement économique, respect des individus et des institutions.
Quels enjeux pour la communauté étudiante ?
Sa présence dans la course à Sherbrooke pourrait remettre au premier plan plusieurs enjeux qui touchent directement la communauté universitaire. Financement des universités, accès aux études, soutien à la santé mentale, logement et transport : autant de dossiers qui préoccupent une grande partie des étudiantes et étudiants de l’UdeS.
Le fait qu’un ancien recteur se présente en politique provinciale soulève la question de la place qu’occuperont l’enseignement supérieur et la recherche dans la prochaine campagne. Reste à voir si ces thèmes occuperont une place centrale dans son discours ou s’ils s’inscriront dans un programme plus large sur les services publics, l’économie et d’autres enjeux.
Les prochains mois permettront de voir comment cette candidature sera accueillie à Sherbrooke, notamment sur les campus, et quelle place y occuperont concrètement les préoccupations étudiantes.
Source : compte X du PLQ
