Par Alexia Santos, correspondante Vert & Or

Le programme de hockey Vert & Or s’apprête à refaire surface après cinquante ans d’absence. L’arrivée de sa toute première recrue officielle marque déjà un moment charnière. Pour Éli Baillargeon, ailier gauche de 20 ans originaire de Shefford, ce nouveau départ représente bien plus qu’un simple changement d’équipe. C’est l’occasion de contribuer à la fondation d’un programme et d’y laisser sa trace dès le début.
Du haut de ses 5 pieds 9 pouces et 176 livres, l’attaquant ne mise pas uniquement sur son gabarit, mais surtout sur son intensité et son sens du jeu offensif. Cette saison, en 39 matchs, il a récolté 47 points, dont 28 buts et 19 passes. Ce niveau de production témoigne de son impact sur la glace.
« Je suis un joueur très intense et offensif, la plupart des joueurs qui jouent contre moi vont dire que je peux être fatiguant à jouer contre parce que je suis intense et capable de créer de l’offensif aussi. »
Un passage formateur en Nouvelle-Écosse
Cette intensité, il l’a développée au fil des dernières saisons, notamment lors de son passage avec les Bearcats de Truro, en Nouvelle-Écosse. Une expérience marquante qui lui a permis de grandir bien au-delà du hockey. Quitter le Québec pour évoluer dans un environnement anglophone représentait d’abord un défi linguistique, mais aussi une opportunité de croissance personnelle.
« Je suis venu ici beaucoup pour mieux apprendre l’anglais. Ça va être bon au-delà du hockey, ça peut être bon partout dans la vie. » Autre que la langue, ce séjour dans les Maritimes lui a permis de gagner en maturité. « Je suis arrivé dans une équipe où j’étais dans les plus vieux, j’avais de grosses responsabilités. Je pense que cette maturité-là, je vais la rapporter au Québec. »
Ces responsabilités lui ont appris à gérer la pression et à s’impliquer davantage dans la dynamique du groupe. Ces dernières sont des qualités précieuses à avoir dans un contexte universitaire.
Le retour près de la maison
Après cette expérience loin de la maison, un retour en Estrie s’est progressivement imposé comme une évidence. Si l’aventure en Nouvelle-Écosse lui a permis de sortir de sa zone de confort, elle lui a aussi fait réaliser l’importance de la proximité familiale.
« Quand je regardais mes décisions pour l’année prochaine, je voulais revenir proche de la maison. J’ai vécu l’expérience d’être loin, j’ai aimé ça, mais je suis rendu à un autre niveau. J’aimerais ça être plus proche de la maison. »
L’Université de Sherbrooke s’est donc rapidement retrouvée parmi ses options représentant un équilibre idéal entre poursuite sportive et stabilité personnelle.
Un défi unique : relancer un programme
Le retour du programme de hockey du Vert & Or, qui en sera à sa première saison depuis les années 1970, a aussi éveillé son intérêt. De plus, se joindre à une équipe en construction comporte son lot d’incertitudes, mais offre également une occasion rare. « Je trouve ça quand même le fun que ce soit la première année. Je suis le premier joueur et c’est un beau défi. » Être pionnier dans un programme qui renaît signifie contribuer à en définir la culture et l’identité dès le départ.
Un lien de confiance avec l’entraîneur
Son lien avec l’entraîneur-chef Dominic Desmarais a également joué un rôle important dans sa décision. Les deux se connaissent depuis plusieurs années. « Mes parents sont amis avec lui depuis longtemps. Il a coaché mon grand frère quand il était plus jeune et il a suivi mon parcours depuis que je suis jeune. » Cette relation de confiance s’est confirmée lors de sa visite officielle à l’Université de Sherbrooke. « Quand je suis allé visiter avec la haute direction, ça s’est vraiment bien passé. Je trouvais la mentalité bonne, les valeurs étaient les mêmes. C’est là que mon chemin s’est confirmé. »
Des attentes réalistes pour la première saison
Du côté des attentes pour la saison à venir, le jeune joueur demeure lucide. Avec un programme en redémarrage, plusieurs repères restent à construire. « Je n’ai pas vraiment d’attentes pour le moment. Le Vert & Or met beaucoup de choses en place pour que ce soit un programme bien structuré. Ça va être du nouveau pour tout le monde, mais je pense que tout le monde va arriver prêt. » Cette approche reflète une certaine maturité, car plutôt que de viser des résultats précis, il privilégie l’engagement et l’adaptation.
L’importance de la chimie d’équipe
S’il ne pointe pas un moment précis comme étant son meilleur de sa carrière junior, Éli souligne l’importance des relations entre coéquipiers. « Avec mon équipe à Truro, on est vraiment proches. En dehors de la glace, on a toujours de beaux moments. Je trouve ça important. » Dans une équipe en construction, cette mentalité axée sur le collectif pourrait devenir un ingrédient clé.
Un nouveau chapitre s’amorce
À l’aube de cette nouvelle aventure, Éli Baillargeon incarne déjà plusieurs valeurs associées au sport universitaire : engagement, persévérance et esprit d’équipe. Alors que le Vert & Or se prépare à amorcer sa première saison, l’arrivée de sa première recrue donne un aperçu de la culture que l’équipe souhaite bâtir. Pour l’ailier qui entamera des études en administration des affaires à l’automne prochain, l’histoire ne fait que commencer, mais une chose est claire : il est prêt à en écrire les premiers chapitres sur la glace sherbrookoise.
Source : Bearcats de Truro
