Le mouvement « No Kings » prend de l’ampleur 

Par Sara Lou Goddard 

Une manifestante déguisée à l’effigie de la statue de la liberté s’est fait arrêter par la police locale, à Los Angeles. 

Une nouvelle vague de manifestations du mouvement pacifique «No Kings» a rassemblé, le 28 mars dernier, des millions de personnes à travers les États-Unis. Si cette mobilisation a parfois donné lieu à des tensions avec les forces de l’ordre, elle témoigne surtout d’un élargissement du mouvement, dont l’influence dépasse désormais les frontières américaines. 

Apparu en juin 2025, « No Kings » mobilise dès ses débuts des millions de personnes américaines opposées à ce qu’elles perçoivent comme une concentration excessive du pouvoir entre les mains de Donald Trump. Quelques mois plus tard, plus de sept millions de personnes ont participé à des rassemblements dans les 50 États, marquant l’émergence d’une mobilisation que ses organisateurs décrivent comme une « résistance nationale durable à la tyrannie et de défense de la démocratie ». 

Une mobilisation record 

Lors de la troisième mobilisation en moins d’un an, le 28 mars dernier, plus de 3 000 manifestations, réunissant près de 8 millions de participants et participantes, se sont déroulées à travers les États-Unis, de New York à l’Alaska. Par son ampleur, cette journée constitue un point culminant du mouvement. Elle illustre le mécontentement croissant des personnes citoyennes dans un contexte marqué par l’intensification du conflit en Iran et l’approche des élections de mi-mandat.  

Le directeur de l’Observatoire politique et géostratégique des États-Unis à l’IRIS, Romuald Sciora, estime par ailleurs que le Parti républicain pourrait perdre la Chambre des représentants lors de ces élections.  

Au-delà des chiffres, « No Kings » s’ancre dans une double logique. D’une part, le mouvement exprime une contestation de ce que certains considèrent comme une dérive autoritaire de l’administration Trump. Par exemple, Theresa Gunnelle, une résidente retraitée, déclare avoir participé au mouvement parce qu’il est « important que chacun prenne position contre l’autoritarisme, le fascisme et la cupidité ». D’autre part, il s’alimente des controverses liées aux interventions de l’agence d’immigration ICE et au déploiement de la garde nationale dans plusieurs villes, dont Portland et Chicago, des mesures qui polarisent fortement le débat public. 

Arrestations et tensions à Los Angeles  

Sur le terrain, cette mobilisation prend des formes contrastées. En effet, bien que la majorité des rassemblements soient restés pacifiques, la situation a dégénéré à Los Angeles, lorsque des personnes manifestantes ont été la cible de grenades lacrymogènes. En réaction, certaines personnes citoyennes, munies de boucliers et de masques à gaz, ont ramassé les grenades et les ont renvoyées en direction de la police.  

Selon le département américain de la Sécurité intérieure, des projectiles ont également été lancés, notamment des pierres, des bouteilles et des fragments de béton. Au total, 74 personnes ont été arrêtées, tandis qu’une autre a été placée en garde à vue, suspectée de détenir une arme identifiée par la police comme un poignard. 

Enfin, le mouvement dépasse désormais le cadre national en trouvant écho à l’international. Des rassemblements ont été observés dans plusieurs grandes villes à l’étranger, notamment à Toronto, Rome, Amsterdam, Madrid et Athènes.  


Source : Getty Images

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