Les conséquences européennes de la guerre au Moyen-Orient  

Par Médéric Dens  

Emmanuel Macron et plusieurs autres dirigeants européens étaient réunis à Bruxelles, la semaine dernière, pour discuter d’enjeux liés à l’économie et à la sécurité. 

Les conséquences au Canada et aux États-Unis du conflit Israël-États-Unis-Iran sont connues, tandis que les conséquences touchant le Vieux Continent sont peu discutées. Pourtant, tant le prix de l’essence que la croissance économique sont affectés. Des mesures d’urgence sont entreprises chez certains États, tandis que d’autres anticipent une hausse de flux migratoires et une protection de la part de l’OTAN.  

Plus d’un mois après le déclenchement du conflit au Moyen-Orient, les tensions sont à leur comble en Europe. Du côté de la Belgique, le Royaume-Uni, l’Italie et la Pologne, la dépendance aux énergies fossiles transitant par le détroit d’Ormuz les placent en position de vulnérabilité, mais les poussent également à rapidement diversifier leurs pôles économiques.  

Davantage industrialisés, l’Allemagne, l’Italie, le Royaume-Uni et la France sont en mesure, a priori, de limiter les conséquences économiques sur leur territoire. Pour ces pays, c’est une hausse des prix de 60 % qui a globalement été enregistrée depuis un mois, mais des mesures ont été entreprises par la Commission européenne, comme un plafonnement temporaire des prix des imports de gaz naturel liquéfié (GNL), la création d’un mécanisme de correction du marché sur le TTF et la mise en place des corridors de prix pour éviter les pics extrêmes. 

Pourtant, si l’économie est fragilisée en raison des coûts plus élevés de l’énergie, le tourisme gagne en popularité en Europe. Comme le Moyen-Orient voit son nombre de voyageurs diminuer drastiquement, surtout des pays sud-européens gagneront en popularité, dans l’éventualité où le conflit persiste. Selon Tourism Economics, l’Espagne sera le grand gagnant, prévoyant près de 100 millions de visiteurs et visiteuses, données similaires à celles enregistrées lors du Printemps arabe.  

Des États moins équipés face à la crise 

Si des pays comme l’Italie, l’Allemagne et le Royaume-Uni sont en mesure de contrebalancer les dommages collatéraux, ce n’est pas le cas pour tous les pays de l’Union européenne (UE).  

La Grèce, à titre d’exemple, s’est prémunie d’un plan totalisant 300 millions d’euros, comprenant quatre mesures distinctes : une aide à l’achat d’essence pour les ménages à faibles revenus, une aide similaire pour les entreprises, des mesures de protection pour les agriculteurs face à la forte hausse des prix des engrais, ainsi que des garanties contre l’augmentation du coût du carburant. 

Selon l’UE, il n’y a pas, présentement, lieu de croire que les pays hors OTAN sont à risque face au conflit. Des pays comme Chypre, Malte, la Suisse et l’Autriche sont, de facto, protégés selon l’article 42, paragraphe 7 du traité sur l’Union européenne, stipulant que toute attaque contre un État membre de l’UE oblige juridiquement tous les autres États membres à lui apporter leur assistance. 

Donc, bien que certains pays soient moins équipés dans l’éventualité où ils seraient attaqués, ils peuvent compter sur un appui de la part des pays membres de l’OTAN pour se défendre, notamment grâce à l’architecture de défense antimissile balistique (BMD).  


Source : Getty Images

Médéric Dens
Chef de pupitre SOCIÉTÉ at Journal Le Collectif  societe.lecollectif@usherbrooke.ca   More Posts

Médéric Dens est le chef de pupitre SOCIÉTÉ, mais il aurait tout aussi bien pu diriger la section Sports, passionné de hockey et de tennis depuis l’enfance. Récemment, la politique est devenue son nouveau centre d'intérêt. Il poursuit un baccalauréat en études politiques appliquées, cheminement politiques publiques.

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