Par Médéric Dens

Les membres de Québec solidaire se sont réunis à Montréal les 9 et 10 mai derniers. C’était l’occasion de discuter, de débattre, mais surtout de présenter leur nouvelle plateforme électorale à l’aube des élections provinciales à venir en novembre. La crise climatique, le coût de l’épicerie et l’inaccessibilité au logement demeurent les principales priorités du parti de Sol Zanetti et Ruba Ghazal.
Le 10 mai 2026, la plateforme électorale de Québec solidaire (QS) a officiellement été dévoilée, après deux jours de discussions, de rencontres et de débats entre les membres de Québec solidaire et les différents acteurs de la société civile, dont les grandes centrales syndicales et les organismes communautaires.
Dans cette plateforme, on établit les principaux axes que soutiendra le parti au cours des prochains mois précédant les élections. Des discussions ont d’abord eu lieu sur une potentielle nationalisation des épiceries lors du congrès, tandis que le parti « refuse de se résigner » face à ce sujet.
En environnement, QS compte agir proactivement pour soutenir et accélérer la transition écologique, qui passera avant tout par la « lucidité et la justice ». Sur le plan de la santé et des services sociaux, le parti tient le cap sur sa volonté de passer d’un système à deux vitesses à un système priorisant le système de santé public, au détriment d’une privatisation.
Le logement et la taxation créent des débats houleux
Plusieurs moments marquants sont survenus lors des discussions entourant le droit au logement et les potentielles restrictions que le parti compte imposer aux propriétaires. Le parti propose notamment de modifier les procédures entourant les contestations des hausses du prix du loyer.
En ce sens, QS veut que les propriétaires se défendent en amont, devant le Tribunal administratif du logement, alors que cette tâche repose présentement sur les épaules des locataires. Cela permettrait, selon le parti, de rassurer les locataires et de leur donner davantage de pouvoir dans la balance.
Des débats entourant un possible gel total des loyers sont également survenus, créant l’émoi chez certains propriétaires et membres du parti, mais aussi les entrepreneurs qui ne sont pas directement liés à QS.
En effet, des personnalités comme François Lambert, entrepreneur et philanthrope, se sont positionnées sur l’intention de Québec solidaire de taxer davantage les riches et d’amenuir le pouvoir des propriétaires. « La mauvaise gestion des finances nous coute des milliards chaque année, et c’est là que notre argent est. Il faut arrêter de siphonner les gens », a mentionné l’homme d’affaires sur les ondes de QUB radio.
De son côté, Ruba Ghazal compte s’attaquer aux personnes détenant un patrimoine cumulé supérieur à 25 millions de dollars pour résoudre les inégalités, alors que François Lambert, lui, se réjouit de savoir « que Québec Solidaire ne sera jamais au pouvoir ».
La souveraineté : toujours en premier plan ?
Si Québec solidaire ne semble pas aussi convaincu du projet de souveraineté que le Parti québécois, il tente cependant de le remettre en avant-plan.
Sous la rubrique « Indépendance, féminisme et vivre-ensemble », QS affirme qu’« aimer le Québec, c’est aimer tous ceux qui y vivent dans toute leur diversité, et choisir ensemble un avenir plus juste ». Le parti vise donc à raviver la flamme souverainiste, projet qui bénéficie d’un soutien de 32% selon les sondages divulgués par Qc125.
« C’est le temps de recommencer à rêver, de rêver en Québécois et en Québécoise de toutes les origines. Rêver et passer à l’action, comme à chaque fois que l’humanité a avancé et qu’on est sorti d’une période sombre. C’est ce qu’on propose à Québec solidaire. Notre vision est claire : un Québec libre et décolonisé, coconstruit avec les nations autochtones. Un pays qui appartient à ses peuples et non aux multinationales », a exprimé Sol Zanetti devant les 400 personnes militantes dans la salle.
Source : Médias sociaux de QS
Médéric Dens
Médéric Dens est le chef de pupitre SOCIÉTÉ, mais il aurait tout aussi bien pu diriger la section Sports, passionné de hockey et de tennis depuis l’enfance. Récemment, la politique est devenue son nouveau centre d'intérêt. Il poursuit un baccalauréat en études politiques appliquées, cheminement politiques publiques.
