Par Médéric Dens

Quelques mois avant la fin du mandat de Mary Simon, gouverneure générale depuis presque cinq ans, nous connaissons finalement le nom de sa remplaçante. Louise Arbour, juriste, avocate et ancienne juge de la Cour suprême, prendra officiellement les rênes dès cet été.
Mary Simon, gouverneure générale du Canada depuis juillet 2021, conclura son mandat cet été, elle qui a été nommée par Justin Trudeau tout juste avant les élections législatives de cette même année. Native de Kangiqsualujjuaq, au nord du Québec, elle cède ainsi ses fonctions à Louise Arbour.
Cette dernière a en effet été nommée le 5 mai dernier par le premier ministre Mark Carney. Montréalaise d’origine, Louise Arbour deviendra donc la 31e gouverneure générale du pays, et la cinquième femme à occuper ce poste.
Parallèlement, Mark Carney se dit choyé d’avoir côtoyé Mary Simon, malgré l’avoir connue brièvement lors de ses fonctions. « Même si la fin de son mandat approche, son héritage perdurera non seulement par la nature de son engagement, mais aussi par la manière dont elle l’a mené », a-t-il mentionné sur ses réseaux sociaux.
Un parcours juridique riche
Bachelière en arts et détentrice d’une licence en droit à l’Université de Montréal en 1967, Louise Arbour a occupé des fonctions clés, et ce, tant au Canada qu’à l’international. Dès 1987, elle est nommée juge à la Cour suprême de l’Ontario, puis juge à la Cour d’appel trois ans plus tard.
En 1996, elle se tourne vers les tribunaux internationaux, alors nommée procureure générale du Tribunal pénal international pour le Rwanda et du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, au sein des Nations unies. Dans ses fonctions, elle se fait notamment connaître pour ses prises de position contre le président serbe Slobodan Milosevic, qu’elle accuse de crimes de guerre.
Elle revient ensuite au Canada en occupant le poste de juge à la Cour suprême, mais cette fois au fédéral, juste avant d’être nommée haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme. Pour Mark Carney, ce parcours permettra de mettre en valeur le Canada. « Louise Arbour représentera le meilleur de notre pays auprès de nos citoyens et du monde entier : un Canada lucide face aux défis, et fidèle à ses valeurs. »
Un rôle toujours contesté
Même si le parcours de Louise Arbour est impressionnant, les partis d’opposition continuent de remettre en question ce poste de gouverneure générale, entre autres en raison des frais qui y sont associés.
Le Bloc québécois, à titre d’exemple, a publié un état financier des coûts associés au mandat de Mary Simon durant les cinq dernières années. On y voit notamment un montant de 167 millions de dollars pour le fonctionnement de son bureau, 3,5 millions de dollars pour les voyages et plus de 50 000 dollars pour les cours de français.
Les fonctions de gouverneure générale sont en effet plutôt symboliques. Elles se résument principalement à l’assermentation du premier ministre et du Cabinet, la convocation ou dissolution du Parlement et les sanctions royales pour les divers projets de loi. Dans tous les cas, Louise Arbour demeurera sur cette chaise pour les cinq années à venir, en terminant possiblement son mandat sous un premier ministre différent.
Source : Facebook de Mark Carney
Médéric Dens
Médéric Dens est le chef de pupitre SOCIÉTÉ, mais il aurait tout aussi bien pu diriger la section Sports, passionné de hockey et de tennis depuis l’enfance. Récemment, la politique est devenue son nouveau centre d'intérêt. Il poursuit un baccalauréat en études politiques appliquées, cheminement politiques publiques.
