Mar. Juin 18th, 2024

Par Sarah Gendreau Simoneau

Avez-vous déjà pensé sauter d’un hélicoptère en plein vol direct dans un lac? C’est l’exploit que tentera de réaliser Lysanne Richard, plongeuse de haut vol, le 28 juillet prochain dans le Lac Memphrémagog. Après un saut du haut d’une montgolfière, plusieurs du haut de falaises et un plongeon dans un lac gelé, la plongeuse n’a pas froid aux yeux.

Avec une carrière comme acrobate de cirque et comme plongeuse de haut vol sur le circuit de compétition, Lysanne Richard réalise des sauts spéciaux qui ouvrent la voie à des idées de plus en plus folles. Réaliser des plongeons originaux, dans des lieux différents, avec son équipe la motive à se dépasser et à développer le côté artistique de ce sport.

L’objectif d’une vie

Ça fait des années que Lysanne souhaite plonger d’un hélicoptère, exploit qui a que très rarement été réalisé dans le monde. « À ce que je sache, au Canada, probablement que des gens l’ont fait pour le plaisir, mais là c’est de faire une manœuvre acrobatique de plongeon de haut vol avec une hauteur de haut vol », explique-t-elle.

Partir d’une zone de plonge inhabituelle augmente son excitation, mais aussi la difficulté du sport puisqu’elle ne peut faire une propulsion habituelle à cause de l’instabilité de l’hélicoptère.

« Ce côté-là du défi m’interpelle et j’attendais le bon contexte pour effectuer ce plongeon hors de l’ordinaire. On dirait que, cet été, les conditions sont toutes réunies avec l’événement au sein duquel je plonge et mes alliés autour. »

D’ailleurs, le défi est grand pour l’athlète puisque comme presque personne ne plonge de cette façon, il n’y a pas « de mode d’emploi » autant pour sa préparation physique, que pour la préparation de la logistique du saut. L’équipe a d’ailleurs effectué plusieurs tests avant de confirmer que le saut aurait lieu.

« On devait rencontrer les bonnes personnes, s’assurer que le site était bon, qu’on avait un pilote qui était prêt à embarquer dans cette aventure. On a survolé la zone où je vais plonger, on a fait des recherches sur la profondeur du lac avec des cartes et des bateaux pour valider les informations à plusieurs reprises. »

Lysanne Richard aime faire de la visualisation avant de plonger et cette fois n’y fait pas exception. « J’ai même plongé de l’hélico, pas d’aussi haut, mais on a essayé le saut pour voir les ajustements qu’on aura à faire et ce que je devrai travailler pour avoir un peu plus de précision dans mes plongeons. »

Fierté

Le plongeon se déroulera dans le cadre des Grands Feux magogois sur le lac Memphrémagog. L’événement sera médiatisé, des photographes seront sur place ainsi que plusieurs partenaires, et du contenu visuel sera capté. L’équipe de la plongeuse a accepté d’emblée de venir faire partie des festivités. « Mon objectif avec ce genre de sauts spéciaux, c’est de mettre en valeur les beautés du Québec. On a des beaux coins et je veux, en plus de me dépasser dans un sport extraordinaire, montrer la diversité de notre coin de pays. »

En plus de la beauté des paysages québécois qu’elle promeut, Lysanne pave la voie aux femmes dans un sport qui était méconnu il y a quelques années. Elle a fait connaître la discipline et a développé des centres d’entraînement, c’est ce qui fait que de plus en plus de femmes s’y intéressent.

Une Québécoise vient de rejoindre le circuit de compétition, ce qui monte le total de Canadiennes à quatre. « Je me sens fière que le Canada soit un des pays où il y a le plus de femmes qui pratiquent le plongeon de haut vol. Pour les projets spéciaux, c’est vrai que je suis une des seules femmes au monde à faire ça. Mais il n’y a pas de limites, autant pour les femmes que pour les hommes. Je sais que ça inspire plusieurs personnes autour de moi. »

Et disons que ce concept sans limites sied bien à Lysanne qui ne s’en impose jamais, même si la peur fait encore partie de son processus. Elle a même développé un sentiment d’attachement à sa peur, une sorte de dépendance à toujours se challenger. « Je ne me satisfais pas d’une routine, j’ai toujours besoin d’aller plus loin dans le concept », explique celle qui doit sortir de ma zone de confort même dans un sport qui est déjà inconfortable.

La sportive raconte même qu’elle aime aller à la rencontre de sa peur pour trouver des moyens d’être plus forte qu’elle. « En fait, si je n’avais plus peur, je devrais arrêter parce que je me mettrais en danger. C’est beau être confiant et ça prend de la confiance pour réussir, mais il faut aussi être conscient qu’il y a un danger. »

Cependant, les quelques secondes avant le plongeon, la peur laisse place à de l’excitation. « C’est pour ça que j’aime ce sport, pour l’adrénaline. »

Toujours plus de projets

Lysanne Richard, comme à toutes les fois que Le Collectif l’a rencontrée, a toujours des projets plein la tête. D’ailleurs, elle effectuera un autre saut cet été, cette fois-ci à Trois-Rivières, dans le cadre de l’exposition agricole de la ville. Elle se lancera d’une nacelle d’une grue devant grand public dans une piscine. Du jamais vécu ni vu par la plongeuse. « Ç’a son lot de défis parce qu’il y a moins de profondeur que dans un lac, par exemple, donc je vais devoir exécuter une technique particulière pour éviter le fond lors du plongeon. »

Ce sport l’anime toujours autant, mais pas que. Elle a renoué avec le cirque aussi et elle sera à Montréal complètement cirque cet été. Elle enchaîne également les conférences, les présences à des événements et le développement dans les médias. Elle sera d’ailleurs de la deuxième saison de l’émission Parfaitement imparfait disponible le 12 juillet prochain sur Tou.tv où quatre personnalités sont associées à des gens pour former des duos créatifs. « J’ai aidé un jeune à monter un show de cirque. La série porte sur la santé mentale. Lui, il a vécu des enjeux par rapport à son image corporelle et il s’ouvre là-dessus. Le cirque l’a aidé avec ça, bref, une belle série touchante. »


Source image @Lysanne Richard

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Rédactrice en chef et directrice générale, auparavant cheffe de pupitre SPORT ET BIEN-ÊTRE pour le journal Le Collectif | Site web

Passionnée par tout ce qui touche les médias, Sarah a effectué deux stages au sein du quotidien La Tribune comme journaliste durant son cursus scolaire, en plus d’y avoir œuvré en tant que pigiste durant plusieurs mois. Auparavant cheffe de pupitre pour la section Sports et bien-être du journal, et maintenant rédactrice en chef, elle est fière de mettre sa touche personnelle dans ce média de qualité de l’Université de Sherbrooke depuis mai 2021.  

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