Les libéraux obtiennent la majorité 

Rédigé par Médéric Dens 

Dès le lendemain, le premier ministre accueillait les trois nouvelles députées pour lancer un processus visant à « bâtir un Canada plus fort pour tous et toutes ». 

Après des transfuges en grand nombre et des élections partielles remportées le 13 avril dernier, le Parti libéral du Canada gouverne officiellement avec une majorité. Avec 174 sièges sur un total de 343, le gouvernement canadien a le vent dans les voiles, et pourra accélérer le déploiement de plusieurs projets, notamment infrastructurels.   

Un an après les élections législatives de 2025, le gouvernement du Parti libéral du Canada (PLC) de Mark Carney possède finalement sa majorité. Cette issue était prévisible, considérant le récent transfert de Marilyn Gladu, qui a annoncé quitter le Parti conservateur (PCC) de Pierre Poilièvre pour se tourner vers les libéraux.  

En effet, la députée de Sarnia—Lambton—Bkejwanong a changé de camp en quittant la barque conservatrice, suivant les pas de Matt Jeneroux et de Michael Ma, entre autres. Elle portait donc le nombre de personnes députées libérales à un total de 171, soit un seulement sous le seuil majoritaire. 

Celui qui en sort le plus heureux, Mark Carney, se réjouit bien entendu du changement de camp, qui semble illustrer une faiblesse du côté du PCC : « En cette période d’incertitude économique mondiale, le succès du Canada dépendra de notre capacité à transformer l’ambition en progrès et nos atouts en avantage durable. Marilyn possède le leadership pragmatique et axé sur les résultats que requiert cet effort », a mentionné le premier ministre sur ses réseaux sociaux.  

« Forte de plusieurs décennies d’expérience en ingénierie et en commerce international, elle sait ce qu’il faut pour créer des emplois de qualité, renforcer les chaînes d’approvisionnement et garantir la compétitivité de l’industrie canadienne dans une économie mondiale en constante évolution » dit-il, en voyant certainement un atout de plus dans son camp.  

Des partielles remportées haut la main 

Quelque temps après, ce sont les partielles qui ont été fructueuses pour le PLC. En effet, dans Scarborough-Sud-Ouest, en Ontario, Doly Begum remplace finalement Bill Blair, le député libéral en place dans la circonscription depuis le début du règne Trudeau en 2015.  

De son côté, Danielle Martin l’a emporté dans University-Rosedale, toujours en Ontario. Cela fait suite au départ de Chrystia Freeland, l’ancienne ministre des Finances, qui a quitté son poste qu’elle détenait pourtant depuis 2015 également, pour se tourner vers un poste visant à reconstruire l’Ukraine.  

Théoriquement, ces places étaient des châteaux forts libéraux, mais à Terrebonne, la victoire libérale est en quelque sorte surprenante. Depuis 2000, cette circonscription était constamment remportée par le Bloc québécois, à l’exception de Charmaine Borg, la néodémocrate qui a surfé sur la vague orange de 2011 à 2015. Après avoir contesté en Cour suprême la victoire de Tatiana Auguste il y a un an, Nathalie Sinclair Desgagnés a donc cédé sa circonscription pour une dernière fois, cette fois avec une avance satisfaisante. 

« C’est évidemment pas le résultat qu’on attendait tous (…) C’est sûr qu’on peut être déçus, mais on a fait toute une campagne extraordinaire. On a fait une campagne positive rigoureuse, transparente, on a fait tous les débats auxquels on a été invités. On a fait toutes les entrevues », a mentionné la bloquiste devant la foule de bénévoles et personnes partisanes.  

De son côté, Tatiana Auguste donne donc une majorité satisfaisante à son chef Mark Carney, qui domine le Parlement avec 174 personnes députées.  

Ce que cette majorité change 

Pour Mark Carney, cette majorité change l’échiquier législatif dans son ensemble. Ce dernier peut désormais faire adopter des lois beaucoup plus facilement, et ce, malgré l’opposition conservatrice. Comme les projets de lois nécessitent une majorité absolue, soit 50% +1, ses 174 sièges sur 343 lui garantissent une emprise législative absolue. 

Cela lui permettra donc, sur certains dossiers, comme l’économie, de mettre en place des moyens d’accélérer la transition économique ou encore de bonifier la défense nationale, mouvement déjà entamé depuis son arrivée au pouvoir.  

Il pourra notamment se doter de moyens pour contrebalancer les attaques économiques américaines, ou encore déployer plus facilement des projets d’infrastructures nationaux pour développer les projets pétroliers, entre autres. Pour les conservateurs, il semble que le leadership de Pierre Poilièvre ne comble pas la totalité de ses membres, malgré un vote de confiance largement favorable lors des dernières élections législatives. 


Source : Getty Images

Médéric Dens
Chef de pupitre SOCIÉTÉ at Journal Le Collectif  societe.lecollectif@usherbrooke.ca   More Posts

Médéric Dens est le chef de pupitre SOCIÉTÉ, mais il aurait tout aussi bien pu diriger la section Sports, passionné de hockey et de tennis depuis l’enfance. Récemment, la politique est devenue son nouveau centre d'intérêt. Il poursuit un baccalauréat en études politiques appliquées, cheminement politiques publiques.

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