La popularité des clubs et événements sportifs 

Par Sarah Gendreau Simoneau 

Le Club Plein Air Altitude offre la location de matériel de plein air et des activités tout au long de l’année. 

Si vous êtes adeptes de course, de vélo ou encore de plein air, vous avez remarqué que, depuis quelques années déjà, les clubs et événements sportifs se sont multipliés. Si ces sports étaient déjà aimés avant, leur popularité a explosé depuis la pandémie.  

Club de course Le Coureur, Courir pour se découvrir, Club de trail Le Coureur, Athlétisme Sherbrooke, Club Cycliste de Sherbrooke, Club Plein Air Altitude, pour ne nommer que ceux-là, en plus des événements en partenariat avec des entreprises comme le Café Hubert Saint-Jean ou Le Siboire, l’Estrie regorge de groupes à rejoindre afin de pratiquer son sport favori. L’engouement ne s’essouffle pas, mais qu’est-ce que les gens aiment tant de ce type de club ou d’activité ?  

Un fort sentiment d’appartenance 

Jérôme Leriche, professeur à la Faculté des sciences de l’activité physique (FASAP) de l’Université de Sherbrooke (UdeS), a mené plusieurs projets de recherche sur les facilitateurs ou les obstacles à la pratique d’activité physique. « J’ai regardé ce qui s’appelle la théorie des satisfactions des besoins fondamentaux où il y a trois axes. Le premier, c’est le sentiment d’être autonome dans ta pratique d’activité physique, de pouvoir le faire. Après, il y a le sentiment d’être compétent, d’arriver à faire l’activité, puis, le dernier, c’est le sentiment d’appartenance sociale. »  

Donc, quand il y a un groupe autour de nous, ça vient renforcer encore plus la réussite et la motivation de faire de l’activité physique. « Il y a une dimension sociale, ça vient chercher d’autres leviers de motivation. Le fait d’avoir, dans l’horaire, une pratique avec d’autres personnes, ça vient aussi faire le levier que, des fois, on y va parce qu’on ne veut pas décevoir le groupe. » 

Est-ce donc de dire que les clubs de sports ou les événements sportifs remplacent les lieux traditionnels de socialisation qu’on avait avant ? Selon M. Leriche, il existe une dimension culturelle à ça. « Si on regarde les espaces ici à Sherbrooke, beaucoup de gens issus de l’immigration récente se retrouvent les soirs sur des terrains de soccer, ils recréent ces éléments-là, mais ce n’est pas structuré. Ça répond à leur besoin de se rencontrer. » Ce qui est moins dans la culture au Québec, contrairement à ailleurs dans le monde. « Donc, en effet, continue Jérôme Leriche, je pense qu’avec la pandémie, ce qu’il s’est passé, c’est qu’il y a eu un petit peu de repli sur soi. Toutes les activités structurées sont tombées. Chacun a dû prendre en charge sa propre pratique d’activité. On est alors dans le rattrapage de ce qui a été fait. » 

Il est également d’avis qu’avec les réseaux sociaux, des communautés se créent. Voir des gens s’adonner ensemble à une pratique sportive donne envie de se joindre au groupe, c’est social, ça permet de créer des liens. Le professeur à la FASAP mentionne par contre que l’idée comme quoi il y aurait une recrudescence de ce type de club ou de groupe n’est probablement qu’une perception, surtout à cause des réseaux sociaux. « Ce qui a changé, c’est qu’il y a beaucoup de clubs sportifs qui sont à vocation amicale, pas en lien avec les performances, ce qui était peut-être moins le cas avant. » Les politiques gouvernementales ou même institutionnelles — comme à l’Université de Sherbrooke — qui axent sur les dimensions de santé, d’équilibre et sur le fait de pratiquer de l’activité physique avec des personnes, « finissent par percoler dans les pratiques ». 

Pour Catherine Viel-Lapointe, responsable des communications et assistante à la coordination du Club Plein Air Altitude de l’Université de Sherbrooke, le fait de se rassembler au sein d’une même passion crée une communauté. « Les gens se rencontrent, ça crée des liens pour faire peut-être d’autres activités. » 

Le Club Plein Air Altitude existe à l’UdeS depuis 1985. Il s’agit d’un regroupement étudiant qui assure la location de matériel de plein air de toute sorte (camping, escalade, randonnée, paddle board, etc.) à prix réduit, et qui organise des activités de plein air. Pour être membre, il suffit d’aller sur le site Web et de remplir le formulaire. Le coût est de 10 $ par année.  

Catherine a constaté un engouement, dans les dernières années, pour le Club Plein Air, mais, comme il s’agit d’un regroupement étudiant, il est parfois difficile de voir les gens s’y impliquer. « Depuis la pandémie, l’implication étudiante est moins là. On a besoin de personnes, de bénévoles ! On veut rester en vie. C’est cool ce qu’on offre ! Il y a plein de clubs de course, mais il y en a juste un club plein air à Sherbrooke. » 

Des jeunes qui bougent ensemble 

Jérôme Leriche se spécialise notamment dans la motivation et la pratique d’activité physique en milieu scolaire. Il explique que, quand on arrive aux études supérieures, souvent, on est déraciné et on doit recréer notre réseau social. « Il faut trouver des stratégies pour recréer du lien et les clubs et groupes sportifs, les sports de groupes, ce sont de bonnes opportunités. » Selon lui, la pratique d’activité physique, encore plus en groupe, aide à réguler des périodes plus stressantes et l’anxiété généralisée chez les personnes étudiantes. 

Cependant, il ne faut pas diminuer les pratiques spontanées au profit des clubs sportifs. « Certains aiment avoir un cadre et savoir que chaque lundi soir, ils vont courir avec un groupe de course, mais d’autres aiment faire des activités plus spontanées, ça prend un équilibre. »  

Jérôme Leriche met également en garde qu’il faut faire attention à la « surpublication » et à la comparaison sur les réseaux sociaux et les applications de calculs des statistiques. « On retrouve beaucoup de désinformation aussi concernant le nombre de fois qu’il faut faire d’activité physique, par exemple, ou ce qu’on doit manger. Ce n’est pas une recette qui fonctionne pour tout le monde. » Le mieux reste de se faire conseiller par des professionnels, des kinésiologues, des professeurs d’éducation physique. « Un avantage des clubs sportifs, c’est que, souvent, il y a des gens qualifiés qui encadrent et qui sont là pour amener une progression positive. » 


Source : Club Plein Air Altitude

Sarah Gendreau Simoneau
Rédactrice en chef et directrice du volet production, auparavant cheffe de pupitre SPORTS ET BIEN-ÊTRE at Journal Le Collectif  redaction.lecollectif@USherbrooke.ca  Web   More Posts

Passionnée par tout ce qui touche les médias, Sarah a effectué deux stages au sein du quotidien La Tribune comme journaliste durant son cursus scolaire, en plus d’y avoir œuvré en tant que pigiste durant plusieurs mois. Auparavant cheffe de pupitre pour la section Sports et Bien-être du Journal, et maintenant rédactrice en chef, elle est fière de mettre sa touche personnelle dans ce média de qualité de l’Université de Sherbrooke depuis mai 2021.

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