Le savoir se propage au Musée de la nature et des sciences 

Par Rebecca Gagné 

Le spectacle-bénéfice du lancement de Sève offre une programmation gratuite et enrichissante. 

Le Musée de la nature et des sciences de Sherbrooke s’apprête à lancer sa toute nouvelle exposition permanente le 22 avril prochain – Sève, une expérience interactive unique au service du savoir.  

Le Collectif s’est entretenu avec le directeur général du Musée, Alex Martin, pour en apprendre davantage sur la nature de ce projet d’envergure.  

Au revoir Terra Mutantès 

Le 26 mai 2010 avait lieu le lancement de l’exposition Terra Mutantès, alors une innovation multisensorielle surprenante. La projection interactive narrée par nul autre que Guy Nadon permettait aux personnes spectatrices de se plonger dans les origines des Cantons-de-l’Est. Le voyage dans le temps de 400 millions d’années, qui permettait de revivre le façonnement de notre région, a atteint sa destination finale le 1er septembre 2025. La fin d’un périple, qui aura duré 15 ans, marquait alors le début d’une nouvelle ère au Musée de la nature et des sciences.  

D’un spectacle du passé à une participation pour l’avenir 

Bien avant que l’exposition Terra Mutantès ne tire officiellement sa révérence, déjà sa successeure était-elle non seulement pensée, mais aussi conceptualisée. C’est un travail en amont qui aura duré plus de trois ans, autant en élaboration qu’en financement, spécifie Alex Martin. Au total, 3 millions de dollars ont été investis dans l’exposition Sève afin d’offrir « une expérience à la fine pointe de ce qui se fait en muséologie à Sherbrooke », renchérit le directeur général. 

Sève s’inscrit dans la tradition d’innovations du Musée par sa nature immersive tout en se distinguant par le message dont elle est porteuse. En contraste avec l’exposition pionnière Terra MutantèsSève ne prend pas son sens uniquement dans la divulgation d’informations, mais également dans la participation du public.  

« C’est encore [une expérience multisensorielle], mais c’est quand même un peu plus… On voulait que les gens soient responsables de leur visite. On ne voulait pas juste dire aux gens “ Marchez dans le corridor puis assoyez-vous et regardez un film pendant 20 minutes, et après partez ”. On voulait qu’ils fassent quelque chose. Donc c’est plus une salle interactive finalement. C’est à mi-chemin entre une exposition et une expérience. » 

Alex Martin précise que Sève proposera un ton bien différent. « Ce n’est pas juste une exposition de sujets, c’est plus notre introduction aux sciences. Si j’avais à décrire le sujet en une phrase, je dirais [que c’est] le potentiel positif des sciences pour construire un avenir durable. » En d’autres termes, l’exposition n’est pas que factuelle : elle questionne aussi l’utilité derrière chaque science au service de l’humanité. 

La sève coule dans l’arbre du savoir 

Quatre sciences teinteront le circuit de la nouvelle exposition : celles de l’infiniment grand, de l’infiniment petit, de l’humain ainsi que du vivant. Ce parcours aux multistations permettra au public d’en apprendre autant sur l’astronomie que sur les atomes, explique Alex Martin.  

Le concept réside en l’essence même du fonctionnement d’un arbre au cœur de la nature. « [La] sève, c’est la connaissance [tandis que] l’arbre central, c’est l’arbre du savoir, c’est les sciences. » S’élèvera donc au centre de l’exposition un grand arbre dont les racines se déploieront aux quatre coins de la salle. C’est au fil de ses interactions avec le contenu proposé que la personne participante pourra récolter la sève qu’elle aura générée – « la sève des connaissances ». Celle-ci, alors illuminée, sera ensuite propagée par les racines pour nourrir l’arbre du savoir.  

Pour ce faire, Alex Martin souligne la présence de plusieurs formules d’interactions dans la nouvelle exposition : des bornes avec une vidéo à écouter, des bornes avec des défis numériques de même que des objets interactifs électromécaniques, comme un télescope, un microscope, un scan de cerveau et un labyrinthe à résoudre. « On veut que [le public] soit quand même assez actif. » 

Enracinée dans le symbolisme du pouvoir de l’action individuelle au service du collectif, Sève s’inscrit dans une trame de fond à caractère environnemental. « On voulait surtout que ça soit positif et non anxiogène, mais quand même que ça donne envie d’agir et que ça montre que tout espoir n’est pas perdu », spécifie le directeur général. De cette façon, l’expérience proposée par Sève aspire à mettre la culture scientifique de l’avant tout en misant sur l’appropriation de la science par le public. « [Ce n’est] pas la science contre les humains, mais pour les humains. » 

Les hauts et les bas d’une science qui se partage 

Alors que le Musée regorge déjà de plusieurs thématiques portant sur la nature et les sciences, la nouvelle exposition cherche plutôt à agir comme porte d’entrée dans cet univers. « Qu’est-ce qui complèterait l’expérience du Musée? C’est comme ça qu’on est partis. On [voulait] quelque chose qui [faisait] l’introduction à plusieurs sciences et qu’après on pourrait approfondir dans les activités scolaires, les visites de groupe.   

L’unicité de ce concept muséologique aux multiples sujets figure parmi les premiers enjeux rencontrés par le Musée lors de l’élaboration du projet. « Ce n’est pas si classique [auprès des concepteurs d’exposition] de dire “ On va toucher toutes les sciences depuis toujours dans l’humanité ”. » Ainsi, il était difficile, selon Alex Martin, de choisir le contenu initial de l’exposition puisque celle-ci constituait davantage en un message global à véhiculer. 

Un deuxième défi rencontré lors de la mise en place de Sève a été la contrainte d’espace. Effectivement, la salle dans laquelle Terra Mutantès a servi pendant plus d’une décennie n’était pas adéquate pour accueillir la nouvelle innovation du Musée. Des travaux qui ne devaient durer que deux mois se sont plutôt échelonnés sur six.  

De là s’est générée une course contre la montre afin de préparer l’exposition à temps pour le lancement. La date de fin de projet de même que les délais des programmes de subventions ont accéléré la réalisation des travaux. 

Ces embûches vaudront la peine puisque Sève contribue au vent de nouveauté qui naît au Musée. Dernièrement, un squelette de petit rorqual a fait son apparition pour être admiré sous tous les angles par l’ensemble de sa clientèle.  

« Financièrement, c’est très dur pour les musées, en général, au Québec. Dans les faits, les grosses expos comme ça, on a vu les chiffres pour les dernières, ça fait quand même un bon peak d’achalandage dans les mois, années qui suivent. Donc on espère ça! » 

L’arrivée de Sève sera célébrée par une soirée de lancement le 22 avril prochain dès 18 h. Son porte-parole, Emmanuel Bilodeau, offrira le spectacle-bénéfice Humour et Sciences sous forme de deux représentations gratuites. Il animera à la suite de chacune d’elles une discussion auprès des chercheuses et chercheurs de l’Université de Sherbrooke, Marie-Eve Carignan, Annie Chaloux et Frédéric Bouchard. 

Quant au lancement officiel de l’exposition, celui-ci aura lieu à 19 h. « Ça va être inédit, c’est exclusif, on a créé ça pour ici [et] maintenant, on a vraiment réfléchi au public », conclut Alex Martin. 


Source : Facebook Musée De La Nature Et Des Sciences De Sherbrooke

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