Par Médéric Dens

Contre 100 000$ US, toutes les personnes américaines pourront désormais accéder à des informations privilégiées liées à la bourse, aux entreprises et à certaines informations clés. Les liens entre le réseau Truth Social et le président Trump sont clairs, tandis que l’opposition et certaines organisations civiles sonnent l’alarme.
Truth Social, réseau détenu par la Trump Media & Technology Group, entreprise du président Trump, est au cœur d’un scandale lié à un délit d’initié. En payant une somme entre 60 000 et 100 000$ US par mois, n’importe qui pourra maintenant connaître, à l’avance, les variations boursières et informations économiques importantes, directement diffusées par la Maison-Blanche.
Il semble que le président et son entourage s’enrichissent fortement depuis l’entrée au pouvoir de Trump il y a deux ans. Or, la majorité des personnes américaines font face à une hausse du coût de la vie généralisée. L’inflation, à titre d’exemple, a grimpé de 1,1 % depuis février, concordant avec le début de l’offensive en Iran, conjointement menée avec Israël.
Selon le magazine Forbes, Donald Trump aurait plus que doublé sa fortune entre 2024 et 2026, la faisant passer de 2,3 à 6,5 milliards de dollars, une augmentation de 4,2 milliards. Forbes prévient même qu’il ne faudrait pas être « surpris si des milliards supplémentaires lui parviennent » d’ici la fin de son second mandat, en 2028.
La démocratie américaine toujours en santé ?
Des organismes comme Protect Democracy critiquent fortement les agissements du président ces derniers mois, allant jusqu’à s’inquiéter pour la santé du processus électoral des élections de mi-mandat, mais aussi pour les présidentielles de 2028.
« La stratégie de Trump visant à contourner le processus démocratique s’est accélérée. Alors que la corruption endémique, l’échec de la guerre au Moyen-Orient et l’effondrement de l’économie continuent d’éroder le soutien politique dont bénéficient ses alliés, il a intensifié ses efforts pour manipuler l’élection afin de se maintenir au pouvoir et d’échapper à toute responsabilité démocratique. »
De son côté, le président Trump continue de se lancer des fleurs, en retirant toutes crédibilités à l’opinion publique, en n’ayant seulement confiance envers ses propres sondages publiés. « Mes VRAIS sondages, et non ceux inventés par les médias de la désinformation, sont les meilleurs qu’ils aient jamais connus », affirme-t-il.
Toujours selon Donald Trump, sa première moitié de mandat semble majoritairement satisfaire les personnes américaines. « Comment pourrait-il en être autrement avec les plus importantes baisses d’impôts et les meilleurs chiffres de l’emploi JAMAIS enregistrés, le plus gros investissement étranger jamais réalisé en Amérique, une frontière totalement sécurisée… », peut-on lire sur le compte Truth Social du président américain.
Où sont les démocrates ?
Comme Donald Trump est un fin stratège avec les réseaux sociaux, le Parti démocrate tente parfois de répéter la même méthode, en utilisant des clips du président qui semble endormi, des mots en majuscule et même des insultes, en traitant, entre autres, le président de « menteur » et de « perdant ».
Les démocrates continuent de critiquer le Parti républicain et Donald Trump pour sa gestion des finances publiques et son utilisation des droits de douane, notamment par le biais de conférence de presse et vidéos mettant à l’honneur ses principales personnes candidates.
C’est notamment le cas pour Alexandria Ocasio-Cortez et James Talarico, qui sont généralement capables de rallier les partisans démocrates autour de l’identité du parti.
Certaines personnes représentant le Parti républicain critiquent même davantage le leadership de Trump, subissant la foudre du président sur la place publique et les médias sociaux. Pensons entre autres à Marjorie Taylor Greene (opposée au scandale Epstein), Thomas Massie (contre le One Big Beautiful Act) ou encore Bill Cassidy (critiquant l’inaction de la Food and Drug Administration (FDA)).
Source : Getty Images
Médéric Dens
Médéric Dens est le chef de pupitre SOCIÉTÉ, mais il aurait tout aussi bien pu diriger la section Sports, passionné de hockey et de tennis depuis l’enfance. Récemment, la politique est devenue son nouveau centre d'intérêt. Il poursuit un baccalauréat en études politiques appliquées, cheminement politiques publiques.
