Par Médéric Dens

À moins de quatre mois des prochaines élections provinciales, la dernière session parlementaire s’est conclue, le 12 juin dernier. Plusieurs dossiers ont suscité l’attention, dont l’accès aux boissons énergisantes, le projet constitutionnel et la réforme électorale, tandis que le ton monte entre le PQ et le PLQ.
La session parlementaire s’est terminée la semaine dernière, marquée par un sprint de projets de loi et par l’abandon d’un projet crucial aux yeux de la CAQ : la Constitution. En effet, le projet chouchou du ministre de la Justice, Simon Jolin-Barette, a été mis de côté à son grand désarroi, malgré les mois d’efforts déployés.
Ce sont entre autres les pressions provenant des partis d’opposition, dont le Parti libéral (PLQ), le Parti québécois (PQ) et Québec solidaire (QS), qui ont contribué à ralentir le processus et mettre fin au déploiement du projet.
Ces derniers critiquaient particulièrement le manque de consultation et de transparence auprès des acteurs de la société civile, mais aussi l’insertion du droit à l’avortement, qui aurait pu engendrer une atteinte aux libertés en cas de modifications constitutionnelles.
C’est entre autres le cas du député solidaire Haroun Bouazzi, qui remercie l’ensemble des groupes impliqués dans la contestation envers le projet : « La Fédération des Femmes du Québec qui s’est battue pour les droits des femmes, qui ne se retrouvaient pas dans cette constitution-là. Les groupes LGBTQ qui étaient consternés par rapport au non-respect des personnes trans, les Premières Nations qui nous ont montré avec dignité l’importance de respecter leurs droits ancestraux. »
De son côté, Simon Jolin-Barette critique la partisanerie des partis d’opposition, affirmant que « parfois, on se retrouve avec des intérêts partisans, notamment par rapport à la constitution, où les collègues des oppositions ont dit non aux Québécois ». Le projet meurt donc au feuilleton, et son sort est incertain, considérant une potentielle chute du nombre de personnes députées caquistes.
La loi Gabie Renaud, symbole de consensus
Le projet de loi 4, ou loi « Gabie Renaud » a quant à lui permis d’observer une certaine unité au sein des parlementaires. Visant surtout à faciliter la transparence et l’accès à l’information chez les femmes, cette loi rend hommage à Gabie Renaud, violemment assassinée par son conjoint en septembre 2025, dans une résidence de Saint-Jérôme.
Ce dossier avait principalement mis en lumière les enjeux liés à l’accès aux antécédents conjugaux, alors que les femmes ne pouvaient obtenir plus de détails sur le passé de leur nouveau conjoint, mettant ainsi en danger la vie de plusieurs femmes et enfants.
Or, l’arrivée de cette loi permet désormais aux femmes de consulter le dossier complet des antécédents conjugaux de leur nouveau partenaire, accompagnée de professionnels, tout en assurant la confidentialité des consultations.
Comportant « des dispositions pénales et finales », cette loi facilitera également la communication entre la Sûreté du Québec et des organismes désignés par le ministère de la Condition féminine, une avancée que salue Marc Tanguay, qui assure que les libéraux veulent continuer à « non seulement collaborer, mais être proactifs » dans le dossier.
Les boissons énergisantes mieux encadrées
En janvier 2024, Zachary Miron, 15 ans, a perdu la vie en pleine sortie scolaire. Ce dernier, sous Biphentin pour traiter son TDAH, a consommé une canette de boisson énergisante de la marque Red Bull, provoquant une arythmie cardiaque.
C’est ainsi que l’Assemblée du 10 juin a adopté, à main levée, le projet de loi 9, ou Loi visant à prévenir les effets nocifs de la boisson énergisante sur la santé des jeunes, qui interdit l’achat de boissons énergisantes aux personnes âgées de moins de 16 ans.
Sur ce projet, les partis se sont dans l’ensemble bien entendus, à l’exception du Parti conservateur (PCQ) d’Éric Duhaime, représenté au salon rouge par son unique parlementaire, Maïté Blanchette Vézina, députée de Rimouski et ex-caquiste. En effet, malgré le rejet de sa demande d’amendement par ses co-parlementaires, elle tenait à réaffirmer l’opposition du PCQ envers cette loi :
« S’il existe un large consensus sur la nécessité de mieux protéger les jeunes, plusieurs questions demeurent quant à la façon d’appliquer efficacement cette loi. C’est dans cet esprit que nous avons déposé différents amendements au cours du processus », a-t-elle affirmé au salon rouge.
« D’abord on a proposé de retirer au gouvernement le pouvoir d’étendre éventuellement l’interdiction à d’autres produits, comme le café ou le thé (…) nous avons également proposé la mise en place d’un mécanisme de suivi et d’évaluation (…) une décision d’une telle portée mérite, selon nous, un débat parlementaire complet et transparent, que nous n’aurons pas malheureusement. »
Libéraux contre péquistes, à l’ancienne
Malgré la course à trois (CAQ-PLQ-PQ) qui s’installe vraisemblablement dans la province, les tensions deviennent vives entre Charles Milliard et Paul St-Pierre Plamondon. C’est ainsi que le vendredi 12 juin, le chef péquiste a sous-entendu que des liens existaient entre le Parti libéral et le crime organisé, faisant allusion aux présentes enquêtes menées par l’Unité permanente anticorruption (UPAC).
« Il y a des liens qui ont été faits avec un député fédéral. Est-ce qu’il y a des liens avec le crime organisé ? Ce qu’on sait avec certitude, c’est qu’il y a un événement de financement pour créer une caisse occulte qui a lieu », a mentionné Paul St-Pierre Plamondon lors du dernier jour de la législature.
De son côté, Charles Milliard fait tout en son pouvoir pour défendre l’intégrité de son parti, lui qui a envoyé une mise en demeure à PSPP au lendemain de ces propos :
« Ce que je lui demande, c’est assez simple. C’est simplement d’arrêter de faire des amalgames qui sèment le doute. Il a tout à fait le droit de commenter ou d’avoir des opinions politiques qui sont différentes des nôtres et de critiquer nos politiques, mais je lui demande simplement de retirer ces propos qui ont été reçus de façon un peu malaisante », affirme Charles Milliard.
Ce dernier, par l’entremise de son parti, a soumis une mise en demeure au chef du PQ pour l’obliger à retirer ses propos et présenter des excuses « sincères et véritables ».
Source : Getty Images
Médéric Dens
Médéric Dens est le chef de pupitre SOCIÉTÉ, mais il aurait tout aussi bien pu diriger la section Sports, passionné de hockey et de tennis depuis l’enfance. Récemment, la politique est devenue son nouveau centre d'intérêt. Il poursuit un baccalauréat en études politiques appliquées, cheminement politiques publiques.
