Le Canada et ses provinces face à Washington  

Par Médéric Dens 

Plusieurs ministres étaient présents pour discuter d’économie, incluant Dominic LeBlanc, ministre responsable des relations commerciales Canada-États-Unis.

Le ton monte entre Washington et Ottawa, alors que les menaces américaines pèsent de plus en plus sur le Canada, menaces surtout économiques. Des frais de douane ont été imposés sur plus de 26 milliards de dollars de valeur en produits canadiens, tandis que Mark Carney réunit ses leaders provinciaux pour trouver un consensus et formuler une riposte commune. 

Donald Trump continue de malmener le Canada et son économie, en annonçant l’imposition de frais de douane de 50 % sur les exportations canadiennes. Cela inclut entre autres les milieux comme l’automobile, les produits laitiers, l’alcool canadien et même les bâtons de hockey.  

Donald Trump justifie cette imposition en critiquant le Canada et ses provinces pour leur gestion des feux de forêt : « Je leur ai dit qu’ils devaient arrêter leurs feux. Cela empoisonne notre air. Notre air est réellement empoisonné. J’ai une bonne relation avec Mark Carney, mais nous devons arrêter ces feux », a-t-il affirmé sur le tarmac de la base militaire Andrews, dans le Maryland. Il fait allusion aux centaines de feux de forêt qui font actuellement rage au pays, et qui touchent presque l’ensemble du territoire canadien.  

En consultant la carte interactive publiée par Ressources naturelles Canada, on y voit des feux qui touchent l’ouest du Québec, près de la Baie-James, mais aussi en Saskatchewan, au Manitoba, en Alberta et même dans les Territoires du Nord-Ouest.  

Chaque jour, le nombre de régions jugées comme « Points chauds », « Feux de végétation actifs » ou encore « Danger d’incendies » ne cesse d’augmenter. Or, le ministère de la Sécurité intérieure, en collaboration avec la SOPFEU, a annoncé, le 20 juillet dernier, la levée totale de « l’interdiction de faire des feux à ciel ouvert en forêt ou à proximité ».  

Le président Donald Trump instrumentalise donc cette crise écologique pour y faire du capital politique, forçant la hausse des prix du côté américain, et mettant à mal de nombreuses entreprises canadiennes, allant jusqu’à soulever l’idée d’installer un « filtre à air géant » à la frontière.  

Difficile consensus au Canada 

La réunion organisée à Charlottetown la semaine dernière avait pour principal objectif de raviver le sentiment d’unité entre les provinces. C’est pourquoi l’ensemble des provinces se sont entendues, entre autres, pour lever les barrières interprovinciales à la vente d’alcool. Christine Fréchette a d’ailleurs qualifié cette levée de « nouvelle étape importante ». 

Malgré cette façade d’unité, il semble toutefois que chaque premier ou première ministre emploie un ton bien différent face au président Trump. Si Doug Ford traite d’« intimidateur » le président américain, Christine Fréchette, elle, critique l’imposition de frais de douane sans entrer dans les insultes. « La menace de tarifs additionnels par Donald Trump crée encore plus d’inquiétude, puis alimente les incertitudes (…) Je vais demander à ce que les intérêts du Québec soient pleinement pris en considération dans le cadre de la négociation (…) Je vais également demander à ce que le gouvernement fédéral soit prêt à déployer rapidement des mesures d’aide pour les entreprises », a-t-elle affirmé dans une vidéo publiée par la Coalition Avenir Québec. 

Enfin, un autre sujet important de cette réunion était le pont Gordie-Howe, liant l’Ontario et le Michigan. En discours d’ouverture, Mark Carney a rassuré les personnes canadiennes quant au fonctionnement des paiements liés au péage. Alors que les États-Unis ont finalement refusé de payer pour le financement du pont, tout en comptant retirer 50 % des profits du péage, il semble que les versements soient en réalité reportés : « C’est un bon accord (…) Il n’y aura pas de partage de revenus en vertu de cet accord tant que la totalité de la dette n’est pas remboursée », rassure le premier ministre canadien. L’inauguration du pont a d’ailleurs eu lieu le 24 juillet dernier, sans toutefois compter sur la présence du gouvernement américain. 


Source : Getty Images

Médéric Dens
Chef de pupitre SOCIÉTÉ at Journal Le Collectif  societe.lecollectif@usherbrooke.ca   More Posts

Médéric Dens est le chef de pupitre SOCIÉTÉ, mais il aurait tout aussi bien pu diriger la section Sports, passionné de hockey et de tennis depuis l’enfance. Récemment, la politique est devenue son nouveau centre d'intérêt. Il poursuit un baccalauréat en études politiques appliquées, cheminement politiques publiques.

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