Médéric Dens

À deux semaines des élections provinciales, les différents partis dévoilent leur position par rapport aux différents enjeux électoraux. La circonscription de Richmond couvre plus d’une dizaine de municipalités, incluant une partie de Sherbrooke : Brompton–Rock Forest–Saint-Élie–Deauville. Une personnalité connue à l’UdeS tente sa chance dans cette circonscription pour la CAQ, l’ex-maire de Sherbrooke se lance pour le PQ et le PLQ mise sur un journaliste d’expérience.
Guillaume Rousseau, avocat de formation et professeur à la Faculté de droit de l’Université de Sherbrooke, remplace André Bachand comme candidat au poste de député, lui qui était en poste depuis 2018 lors de l’arrivée en force de la Coalition avenir Québec (CAQ) à l’Assemblée nationale.
Ce n’est pas la première fois que Guillaume Rousseau se lance en politique, lui qui s’est présenté dans Sherbrooke pour le Parti québécois (PQ) lors des élections de 2018, défait par Christine Labrie.
Plus de place pour le privé, mais « priorité à l’économie »
Le changement à la tête de la CAQ se fait ressentir, principalement sur le plan de l’écoute. « Il y a une constante, qui est de prioriser l’économie […] Avec Christine Fréchette, on sent qu’il y a plus de consultation et plus de prise en compte de toute l’information », dit-il.
En ce sens, le style de leadership de la nouvelle cheffe plait visiblement à Guillaume Rousseau. « Elle veut faire plus de concertation, mais quand elle décide, elle le fait avec beaucoup de détermination. J’aime ce style de leadership-là qui est très différent de celui de François Legault. »
Justement, alors que l’ex-premier ministre tentait de centraliser les différents ministères, dont celui de la santé avec Santé Québec, la CAQ d’aujourd’hui se rapproche au contraire du privé selon lui.
« Avec Mme Fréchette, on voit une ouverture au privé, en santé par exemple, toujours en offrant des soins gratuits. Si les soins sont gratuits et que les patients sont traités, on ne devrait pas s’empêcher d’aller vers le privé […] Même chose pour les infrastructures, on veut davantage de partenariats public-privé si c’est la solution. »
Les défis d’une circonscription plus étendue
Richmond couvre à la fois des milieux plus ruraux et des milieux plus urbains, ce qui constitue pour Guillaume Rousseau « à la fois un défi et une force ».
« C’est sûr que c’est plus facile de faire campagne dans une plus petite circonscription, à certains égards, et où il y a moins de distance à parcourir […] C’est un défi d’avoir plusieurs thématiques et types de communauté avec le côté rural, urbain et agricole. Certains secteurs sont axés sur les services, d’autres sont plus résidentiels et d’autres plus industriels », ajoute-t-il.
Toutefois, cette diversité, pour Guillaume Rousseau, permet d’observer Richmond comme une circonscription qui reflète ce que représente le Québec plus largement, allant jusqu’à définir cette dernière comme un « Québec en miniature ».
« On voit la complémentarité dans tout cela. Moi, quand je vais arriver comme député à l’Assemblée nationale, peu importe la commission dans laquelle je vais être, ce sera pertinent pour Richmond. Dans ma circonscription, on a une communauté francophone, mais aussi une communauté anglophone et même de l’immigration. Je vais arriver à Québec et je vais bien représenter mon comté, qui est un peu à l’image du Québec. »
De maire à candidat pour le Parti québécois
Maire de Sherbrooke de 2009 à 2017 et conjoint de l’actuelle mairesse Marie-Claude Bibeau, Bernard Sévigny passe de la formation politique Renouveau Sherbrookois au Parti québécois. Diplômé dans plusieurs programmes, dont en droit, en administration et en science économique, il a la lourde tâche de remporter les élections dans Richmond, alors que les sondages favorisent présentement la CAQ et que le PQ n’a jamais représenté cette circonscription.
Soutenir les plus vulnérables
Même si le coût de la vie et le logement prennent beaucoup de place dans les débats publics, Bernard Sévigny compte cibler les personnes vulnérables dans son approche :
« C’est vrai que tout a augmenté rapidement depuis la pandémie. En même temps, les salaires ont suivi, mais il y a encore des gens qui vivent des problématiques particulières. Il faut orienter les aides publiques vers les clientèles plutôt que de proposer des réductions qui toucheraient l’ensemble de la population. »
La place de la souveraineté demeure toutefois la principale priorité du Parti québécois selon l’ancien maire de Sherbrooke, mais seulement « après la mise en place d’une assemblée constituante qui ferait le tour du Québec […] Il y aura 18 mois minimum de travail pour élaborer une constitution provisoire », affirme-t-il au Collectif.
Facile de passer du municipal au provincial ?
Ses 16 années d’expérience dans le monde municipal, dont la moitié passée à la mairie, constituent pour lui un « atout considérable », surtout sur le plan de la proximité citoyenne. « Les questions des citoyens et citoyennes, je les avais constamment, dont lors des séances de conseil municipal aux deux semaines. »
Les municipalités étant des « créatures des provinces », Bernard Sévigny rappelle aussi l’importance d’un député qui peut occuper rapidement ses fonctions et former efficacement son équipe.
« C’est un avantage d’avoir un député qui est fonctionnel dès le jour un. Moi, demain matin, je suis à l’aise avec la fonction publique […] L’équipe que je vais mettre en place dans Richmond, c’est mon ancienne équipe au municipal […] Elle comprend très bien les rouages du gouvernement du Québec. »
Un journaliste pour le PLQ
Hugo Fontaine, journaliste de profession, représente quant à lui le Parti libéral. Ce dernier, diplômé en science politique, a dirigé la section Affaires du journal La Presse, avant d’agir comme directeur général à La Tribune.
Il a ensuite œuvré auprès de plusieurs organismes, mais s’affaire maintenant au milieu politique. « Je vois la politique comme une poursuite de mon implication dans ma communauté, à La Tribune, mais aussi au Salon du livre de l’Estrie, chez Centraide Estrie ou dans les écoles secondaires de l’Estrie, via l’activité Génies en herbe. L’économie et le développement de la jeunesse m’interpellent particulièrement », affirme le candidat libéral quant à ses motivations de se lancer en politique.
Les relations et l’écoute, parallèle entre journaliste et politicien ?
Après 13 années passées à La Presse et plusieurs autres à La Tribune, son rapport avec les personnes citoyennes et avec l’information sera pour lui un atout : « Le premier job d’un journaliste, c’est de rencontrer l’autre et d’écouter. Je retrouve beaucoup cela en politique et je suis certain que ça m’aide. Le journaliste sait aussi se créer des réseaux dans la communauté, ça sert aussi en politique, comme ça me servait d’ailleurs en tant que chef d’entreprise à La Tribune. »
Et face au blocage des nouvelles de Meta, Hugo Fontaine s’est donné comme mission de mobiliser l’électorat en ligne, sans publicités payées.
« Je serai par ailleurs un député conscient de la valeur et de l’importance de l’information locale. Je ne verserai d’ailleurs aucun dollar de ma campagne locale à Facebook ou Instagram, qui bloquent les contenus de nouvelles depuis plus de trois ans. Mes investissements publicitaires iront aux médias locaux et régionaux », se confie-t-il au Journal.
Le transport et le coût de la vie
Si le coût de la vie est un enjeu prioritaire pour l’ensemble des candidats, le transport en est également un pour Hugo Fontaine. « En janvier 2026, le gouvernement de la CAQ a coupé cavalièrement l’équivalent de 8,1 millions de dollars sur trois ans promis à la Société de transport de Sherbrooke. Cela nuit au maintien du service et met en péril le développement de l’offre de service en périphérie de Sherbrooke, incluant dans notre circonscription. »
Puis, face à la précarité étudiante, l’ex-journaliste compte accélérer la construction de logements. « Je suis certain que plusieurs pourront se construire dans différents secteurs de la circonscription, que ce soit à Sherbrooke ou dans les plus petites localités, et selon les besoins exprimés localement », dit Hugo Fontaine en faisant allusion à la promesse du PLQ de construire 100 000 logements en une année, dont 40 000 logements sociaux.
La capacité d’adaptation du Parti libéral
De Dominique Anglade à Pablo Rodriguez jusqu’à Charles Milliard, « l’évolution du Parti libéral du Québec illustre parfaitement la capacité d’un grand parti à s’adapter à son époque sans jamais renier ses racines » pour Hugo Fontaine.
Il estime donc que les valeurs fondamentales restent les mêmes : « libertés individuelles, développement économique, justice sociale, environnement, etc. ».
Un entrepreneur pour le PCQ
Enfin, Dominic Bouffard, entrepreneur en construction, est le candidat choisi par le Parti conservateur. Ce dernier a refusé notre demande d’entrevue, mais rappelle certaines promesses-phares du PCQ comme la coupe en fonction publique de 47 milliards de dollars.
« Les Québécoises et Québécois n’y sont pas habitués », a-t-il mentionné en faisant allusion aux propositions conservatrices.
Source : compte Facebook de Bernard Sévigny
Médéric Dens
Médéric Dens est le chef de pupitre SOCIÉTÉ, mais il aurait tout aussi bien pu diriger la section Sports, passionné de hockey et de tennis depuis l’enfance. Récemment, la politique est devenue son nouveau centre d'intérêt. Il poursuit un baccalauréat en études politiques appliquées, cheminement politiques publiques.
