Campagne électorale et bien-être animal 

Par Sarah Gendreau Simoneau 

La SPCA de Montréal demande à la population qui se soucie du bien-être animal de partager une image de ce genre afin d’interpeller tous les chefs des principaux partis à s’engager pour les animaux. 

Si vous avez à cœur le bien-être animal et la protection de nos petites boules de poils, vous serez peut-être ravis de voir que certains partis politiques ont quelques engagements concrets en la matière, alors que d’autres sont restés muets sur la question. 

Bien entendu, bon nombre de personnes ne mesurent pas l’enjeu de la protection animale de la même façon que le logement, l’itinérance ou encore l’agriculture, avec raison. Cependant, il est intéressant de savoir qu’un animal, que plusieurs considèrent comme un membre à part entière de la famille, peut avoir une meilleure vie grâce à des projets clairs et réalistes. 

Un enjeu de plus en plus politique 

La SPCA de Montréal a soumis, en juillet, un questionnaire aux cinq principaux partis politiques du Québec afin de permettre aux personnes électrices de connaitre et de comparer leurs positions sur plusieurs grands enjeux de protection animale. Le questionnaire comprenait les points suivants : mettre fin aux interdictions d’animaux dans les logements, règlementer le bien-être des animaux d’élevage, établir des normes pour que les animaux d’élevage aient assez d’espace pour se tenir debout et se retourner, interdire les fermes à fourrure, modifier la loi pour faire primer l’intérêt et le bien-être de l’animal lors des séparations conjugales et une section où les partis pouvaient exposer leurs autres engagements envers les animaux.  

Trois partis ont répondu, deux manquent à l’appel, soit la Coalition avenir Québec (CAQ) et le Parti conservateur du Québec (PCQ). Le Parti libéral du Québec (PLQ), le Parti Québécois (PQ) et Québec solidaire (QS) s’entendent tous pour mieux encadrer les conditions de vie des animaux d’élevage et interdire les fermes à fourrure. Le PLQ rejoint même QS pour réclamer la fin des clauses de bail interdisant les animaux ainsi que pour l’idée des normes d’espace pour les animaux d’élevage. Le PQ n’est cependant pas d’accord avec ces points. QS est également en faveur de la clause sur la modification de la loi pour faire primer l’intérêt et le bien-être de l’animal lors des séparations conjugales. De plus, un gouvernement solidaire favoriserait une alimentation locale avec des options végétales dans les institutions publiques du Québec, ce qui contribuerait à rendre l’alimentation québécoise compatible avec le bien-être animal. Le parti soutiendrait également les initiatives visant à réduire l’impact écologique du milieu agricole, diminuant ainsi les conséquences néfastes sur la faune québécoise. 

Sophie Gaillard, directrice générale de la SPCA de Montréal, a rapporté au Soleil que « ces engagements témoignent d’un changement qui s’opère depuis plusieurs années ». Elle voit un consensus « quasi universel » autour d’un minimum « de décence, de respect, de bien-être » dans la façon de traiter les animaux.  

« Il y a dix ans, ça arrivait encore qu’on se faisait pas prendre au sérieux », déplore-t-elle. Le bien-être animal était relégué dans le bas des priorités, alors qu’aujourd’hui, selon elle, les partis politiques le considèrent généralement comme un sujet légitime. 

Selon un sondage cité par la SPCA, 62 % des répondants jugent important que les personnes candidates se prononcent clairement sur le bien-être animal en vue des élections. Plus de 50 000 lettres ont aussi été envoyées aux partis à ce sujet depuis le début de l’année.  

La santé animale comme priorité 

Les vétérinaires sonnent également l’alarme du côté de la santé animale. L’Ordre des médecins vétérinaires du Québec presse le prochain gouvernement à se soucier de la santé des animaux en améliorant l’accès aux soins vétérinaires. Ce sont plus de 3,4 millions de chats et de chiens qui se retrouvent dans les foyers québécois et plus d’un ménage sur deux possède un animal de compagnie. Les enjeux de bien-être animal et de soins interpellent une grande partie de la population au Québec. 

« La médecine vétérinaire des petits animaux, ce n’est pas juste une question de pitou, minou, hamster là, c’est une question aussi de santé publique. Par exemple, justement des cas de rage qu’on a, d’augmenter la protection des animaux domestiques en les vaccinant pour la rage, ça aide à gérer une situation de santé publique », souligne le Dr David Quirion, président de l’Ordre des médecins vétérinaires du Québec, en entrevue à QUB radio. 

L’accès aux services vétérinaires d’urgence doit aussi être amélioré dans plusieurs régions du Québec. À certains endroits, les propriétaires d’animaux doivent parcourir de longues distances pour obtenir des soins. Dans les régions plus éloignées des grands centres, il n’y a pas de centres vétérinaires ouverts 24/7 pour répondre à la demande lorsqu’il y a des situations d’urgence, ce qui crée du stress chez l’animal et chez la personne qui cherche un vétérinaire.  

Il y a présentement 2700 personnes inscrites comme vétérinaire au Québec, mais cela ne veut pas dire qu’elles travaillent toutes avec des animaux. Certaines sont en laboratoire alors que d’autres enseignent. « Il manque aux alentours de 250 à 800 vétérinaires au Québec pour avoir une couverture adéquate, puis il va y avoir des vétérinaires qui partent à la retraite aussi », mentionne David Quirion. 

L’Ordre des médecins vétérinaires du Québec veut également faciliter l’accès aux soins vétérinaires préventifs, puisqu’environ 60 % des agents pathogènes responsables de maladies humaines proviennent d’animaux domestiques ou sauvages, tandis que 75 % des maladies infectieuses émergentes chez l’humain sont d’origine animale, selon l’Organisation mondiale de la santé animale. 


Source : SPCA de Montréal

Sarah Gendreau Simoneau
Rédactrice en chef et directrice du volet production, auparavant cheffe de pupitre SPORTS ET BIEN-ÊTRE at Journal Le Collectif  redaction.lecollectif@USherbrooke.ca  Web   More Posts

Passionnée par tout ce qui touche les médias, Sarah a effectué deux stages au sein du quotidien La Tribune comme journaliste durant son cursus scolaire, en plus d’y avoir œuvré en tant que pigiste durant plusieurs mois. Auparavant cheffe de pupitre pour la section Sports et Bien-être du Journal, et maintenant rédactrice en chef, elle est fière de mettre sa touche personnelle dans ce média de qualité de l’Université de Sherbrooke depuis mai 2021.

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