Vos bonnes nouvelles environnementales #38 

Par Sarah Gendreau Simoneau et Frédérique Richard 

La maison du couple McGuire-Fritz vue depuis la rue. 

La crise environnementale actuelle accentue l’écoanxiété générale. Plusieurs études ont démontré le lien entre la consommation abusive de mauvaises nouvelles et la dépression, le stress et l’anxiété, rapporte Radio-Canada.    

Le Collectif a donc décidé de vous bombarder de quelques bonnes nouvelles concernant le climat, l’environnement et les innovations qui permettent la pérennité de notre chère planète. 

Un couple américain transforme son jardin en un sanctuaire pour la biodiversité 

James Reed McGuire et Crystal Fritz, deux anciens citadins de Chicago, ont décidé d’emménager dans la banlieue de Highland Park, dans l’Illinois. McGuire, un ornithologue passionné, a choisi de trouver une alternative au gazon de son terrain qui ne faisait « absolument rien pour l’environnement ». 

Le couple a effectué quelques tentatives, qui, pour lui, étaient des erreurs. Les deux ont d’abord acheté des sachets de graines de fleurs sauvages mélangées et les ont semés par hasard. Et ce, sans identifier d’espèces indigènes et sans planifier leur emplacement sur le terrain.  

Après quelques essais, ils ont réussi à concevoir leur jardin de manière à profiter des floraisons le plus longtemps possible durant la saison de croissance. De plus, chaque année, ils ajoutent de nouvelles plantes indigènes, ce qui leur permet d’accueillir de plus en plus de pollinisateurs et d’oiseaux. Il est désormais très courant d’y observer des oiseaux, des papillons, des abeilles, des chauves-souris et des renards.  

Ce sanctuaire que McGuire et Fritz ont créé leur a attiré une quantité incroyable de compliments des passants. Des familles font également des détours afin d’admirer les lucioles qui survolent les plantes du couple. De plus, un ménage du voisinage a même sollicité l’aide de McGuire pour transformer son jardin. 

La maison figure maintenant sur un parcours de découverte des jardins locaux. La Ville a également autorisé le couple à aménager le bas-côté de la route appartenant à cette dernière pour étendre l’habitat qu’il a constitué. D’autre part, le jardin a reçu en 2023 un certificat d’habitat faunique de la National Wildlife Federation, témoignant des efforts du duo. 

Partout aux États-Unis, de plus en plus de gens abandonnent leurs pelouses gourmandes en pesticides et en engrais au profit de plantations riches en biodiversité et mieux adaptées au climat local et aux besoins de la faune sauvage. D’ailleurs, certaines régions de la Californie offrent des rabais aux propriétaires pour chaque mètre carré de gazon remplacé par un jardin avec des plantes résistantes à la sécheresse. Le Minnesota et la Pennsylvanie, quant à eux, rémunèrent les habitants afin qu’ils remplacent leur pelouse par des plantes indigènes. La Virginie interdit de son côté la vente d’espèces envahissantes. Finalement, Marco Island, en Floride, a instauré un programme incitant les résidents à laisser la chouette des terriers, une espèce menacée, construire son nid dans leur jardin. 

S’il y a trop d’azote, le lin pousse très vite s’il est nourri, ce qui peut endommager la fibre. 

Réduire l’utilisation d’engrais dans les cultures de lin 

Des chercheurs canadiens et chiliens ont découvert des gènes qui permettent de limiter l’utilisation des engrais dans la culture du lin. Bourlaye Fofana, chercheur chez Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) à Charlottetown, a évalué, avec d’autres collègues, environ 123 lignées de lin, en les cultivant dans des milieux azotés et non azotés.  

Le lin, aussi appelé « lin cultivé » ou « graine de lin », est une petite graine oléagineuse brune ou dorée remplie de fibres et d’oméga-3 bons pour la santé. Il est considéré comme un « superaliment » qui peut améliorer la digestion, réduire le cholestérol et gérer la glycémie, en plus d’être utilisé dans la fabrication de vêtements et en construction. Cette découverte pourrait permettre à la plante de coûter moins cher et d’entrainer un moindre impact environnemental. Les agriculteurs canadiens comptent parmi les plus grands producteurs de lin au monde. 

La graine de lin a besoin d’engrais azoté ainsi que d’un sol convenable, d’une humidité adéquate et de la lumière du soleil pour se développer. Les engrais azotés sont coûteux pour les agriculteurs et peuvent poser des risques environnementaux lorsque l’excès d’azote pénètre dans un cours d’eau à proximité par le ruissellement. L’azote peut également être libéré sous forme de gaz à effet de serre si une culture ne l’absorbe pas entièrement.  

M. Fofana et ses collaborateurs de recherche ont schématisé les réactions des racines et des pousses de lin sur les plans physique et génétique lorsque la quantité d’azote est limitée. Ces renseignements donnent aux sélectionneurs de végétaux des indices sur les gènes et les caractères qui sont liés à une utilisation efficiente de l’azote. 

Ils ont découvert des architectures génétiques particulières, permettant de produire de la biomasse et des graines avec moins d’azote. Une réduction de l’azote signifie moins d’engrais. D’après le chercheur, la réduction de l’usage des engrais limite l’impact environnemental tout en favorisant la pérennité de la culture. 

Ces résultats aideront les sélectionneurs à cibler leurs efforts lors de la sélection du germoplasme de lin et du développement des variétés. Au bout du compte, cela pourrait contribuer à la mise au point de variétés de lin qui nécessitent moins d’engrais, ce qui aiderait les agriculteurs à réduire leurs coûts tout en réduisant les répercussions environnementales. 

La recherche ne s’arrête pas là. Des essais au champ constitueront la prochaine étape pour étudier le germoplasme de lin nécessitant peu d’azote dans des conditions agricoles réelles et ainsi vérifier que les résultats en laboratoire peuvent se traduire en des solutions pratiques pour les agriculteurs. 

La collaboration qui se poursuit entre les chercheurs d’AAC et les scientifiques chiliens s’est révélée fructueuse dans le monde de la sélection. En plus de leurs récentes recherches sur la graine de lin, ils ont déjà découvert des gènes dans de petites pommes de terre diploïdes qui pourraient aider à sélectionner de futures variétés de pommes de terre résistantes à la gale commune et à la sécheresse.  


Crédit image 1 : Thalia Huarez

Source image 2 : Grains du Québec

Sarah Gendreau Simoneau
Rédactrice en chef et directrice du volet production, auparavant cheffe de pupitre SPORTS ET BIEN-ÊTRE at Journal Le Collectif  redaction.lecollectif@USherbrooke.ca  Web   More Posts

Passionnée par tout ce qui touche les médias, Sarah a effectué deux stages au sein du quotidien La Tribune comme journaliste durant son cursus scolaire, en plus d’y avoir œuvré en tant que pigiste durant plusieurs mois. Auparavant cheffe de pupitre pour la section Sports et Bien-être du Journal, et maintenant rédactrice en chef, elle est fière de mettre sa touche personnelle dans ce média de qualité de l’Université de Sherbrooke depuis mai 2021.

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