Par Sarah Gendreau Simoneau

Certaines traditions qui renforcent le sentiment d’appartenance au campus, comme les 5@8 des facultés ou encore la collation des grades emblématique à l’Université de Sherbrooke (UdeS), méritent qu’on s’y attarde afin de mieux comprendre l’importance de la vie étudiante ici, à Sherbrooke.
L’Université de Sherbrooke est reconnue à travers le Québec, et pas seulement grâce à ses 5@8. La vie étudiante trépidante fait partie des raisons, certes, mais la qualité des formations offertes, son campus principal vert et ses valeurs d’ouverture, de diversité et de développement durable en font une université où il fait bon vivre.
Déjà 72 ans d’apprentissages
L’Université de Sherbrooke a été créée le 4 mai 1954. Elle est issue du Séminaire Saint-Charles-Borromée de Sherbrooke, dont elle s’est détachée physiquement et administrativement en 1960. À partir d’un noyau initial de trois facultés — les Arts, les Sciences et le Droit — l’Université s’est progressivement développée pour répondre aux besoins éducatifs de l’Estrie et pour offrir à la population du Québec une contribution originale en matière d’enseignement et de recherche universitaire.
Dès 1955, l’Université a ouvert sa Faculté de commerce (devenue la Faculté d’administration, puis récemment l’École de gestion). La Faculté des sciences de l’éducation (Faculté d’éducation) a vu le jour quant à elle en 1961. La Faculté de médecine, qui intègre aujourd’hui les sciences de la santé, accueillait ses premiers étudiants à l’automne 1966. Peu après, l’établissement ouvrait le premier hôpital universitaire de la province. En 1968, 2675 personnes étudiantes fréquentaient l’UdeS, dont 54 % venaient de la région estrienne et 42 % du reste du Québec. Le pourcentage restant représentait les étudiants internationaux.
La Faculté des sciences appliquées (devenue la Faculté de génie) a été inaugurée en 1968 et la Faculté d’éducation physique et sportive (devenue la Faculté des sciences de l’activité physique) a ouvert ses portes en 1974.
La tradition cérémonielle de la collation des grades

La collation des grades est l’événement qui accueille annuellement le plus grand nombre de personnes sur le Campus principal de l’Université de Sherbrooke. Cette journée est dédiée à la réussite étudiante.
L’Université de Sherbrooke a décerné ses premiers diplômes en 1957. Depuis ce temps, l’UdeS a perpétué le port de la toge, par respect pour une tradition maintes fois centenaire et pour marquer le caractère solennel de l’événement. Elle propose depuis 2006 une collation des grades festive et rassembleuse, sans pour autant en renier les racines.
Pour l’événement, l’Université de Sherbrooke revêt ses couleurs institutionnelles. Le vert et l’or sont à l’honneur et prennent tout leur sens : le vert de la vie, de tous les espoirs permis à cette nouvelle promotion de personnes diplômées et l’or du soleil, de l’épanouissement, de la richesse de cette jeunesse qui entamera sous peu un nouveau moment de vie.
La rose des vents, symbole de l’événement, incarne le rayonnement, tant celui des personnes diplômées qui rayonnent à travers le monde que celui de l’Université qui attire des gens de partout dans le monde et étend ses partenariats sur la scène internationale. Les pointes de cette étoile présentent les points cardinaux d’où sont issues les personnes diplômées et vers lesquels celles-ci vont maintenant cheminer, leurs études étant terminées.
Au cœur de la collation des grades de l’UdeS se trouve un rituel exclusif. Chaque année, une personnalité québécoise s’y joint pour souligner la réussite des personnes étudiantes. Elle est invitée à réciter un texte lyrique, écrit spécialement pour la collation des grades de l’Université de Sherbrooke par une auteure de la région, Josée Beaudoin. Le rituel d’investiture culmine lors du retournement de la cape. Réunis autour de la rose des vents, les milliers de personnes diplômées retournent leur cape, du côté noir vers le côté or, dans une séquence d’action synchronisée aux sons des tambours.
Le recteur les déclare alors officiellement investis des couleurs de leur alma mater. Bien qu’il soit bref, ce moment fort constitue un spectacle en soi ; la foule se soulève, l’ambiance est électrisée et la fierté est palpable.
Les fameux 5@8

Le jeudi soir, c’est soir de 5@8 dans les facultés (ou de 4@7 en gestion). Alcool à moindre coût, musique festive pour décrocher des cours de la semaine, coucher de soleil derrière le mont Orford, cette tradition ne date pas d’hier. Comme mentionné plus haut, l’UdeS a été inaugurée en 1954 et il aura fallu moins de dix ans pour voir apparaître les premières beuveries sur le Campus.
Avant de boire des bières à 3 $ dans des bocks réutilisables, les personnes étudiantes de l’UdeS festoyaient dans des bars à même l’Université : le Tombeau de BACUS (pour Boite à chansons de l’UdeS) de 1963 à 1968, l’Antre II, un casse-croûte style bar de 1968 à 1976 et le Bahut en 1977. D’ailleurs, il fallait arriver très tôt au Bahut pour ne pas se faire refuser l’entrée, tellement la file était longue.
Dans les années 1970, les premiers partys en sciences ont eu lieu. C’est là que tout a commencé. Chaque association organisait son propre événement dans la cafétéria de la Faculté de droit (Café Gigi). L’itinéraire classique du jeudi soir ? Petit prédrink au Bahut ou au Kudsak, suivi d’une soirée prolongée en sciences.
En 2006, la direction de l’Université a décidé de ne pas renouveler le contrat du Kudsak avec la Fédération étudiante universitaire (FEUS). Les associations étudiantes ont toujours été impliquées dans les décisions quant aux fêtes sur le Campus. À cette époque, chaque association avait droit à un 5@11 par trimestre. Ainsi, huit facultés, donc huit jeudis dans la session, un 5@11 avait lieu et quand une faculté organisait un 5@11, ça n’empêchait pas les autres de faire un 5@8. Les assos devaient donc trouver des attraits qui les différenciaient pour attirer la clientèle à leurs événements. À chaque faculté son monde; son microclimat bien à elle.
Les 5@8 sont de bons moments pour tisser des liens, c’est ce qui forge la vie étudiante à l’Université. Plusieurs personnes étudiantes y développent également leurs qualités entrepreneuriales en y faisant du bénévolat. Pour chaque faculté, les profits engendrés sont destinés aux activités des différentes cohortes : bals de finissant, compétitions, voyages, même des organisations caritatives. Bien que l’organisation et la gestion des 5@8 aient évolué depuis 2006, ils restent des événements emblématiques de l’Université de Sherbrooke, où la détente et le plaisir sont de mise.
Source image 1 : Fonds d’archives du Service des communications de l’Université de Sherbrooke
Crédit image 2 : Michel Caron
Source image 3 : Génie 5 à 8 (Facebook)

Sarah Gendreau Simoneau
Passionnée par tout ce qui touche les médias, Sarah a effectué deux stages au sein du quotidien La Tribune comme journaliste durant son cursus scolaire, en plus d’y avoir œuvré en tant que pigiste durant plusieurs mois. Auparavant cheffe de pupitre pour la section Sports et Bien-être du Journal, et maintenant rédactrice en chef, elle est fière de mettre sa touche personnelle dans ce média de qualité de l’Université de Sherbrooke depuis mai 2021.
