Par Médéric Dens

Les quelques 20 000 membres de la Coalition avenir Québec (CAQ) se sont enfin prononcés sur la nouvelle chefferie du parti, le 12 avril dernier. Sans surprise, c’est Christine Fréchette qui gouverne désormais le parti et donc le Québec, jusqu’aux élections provinciales à venir en octobre prochain. L’aile nationaliste de la CAQ se voit affectée, tandis que le parti tente de survivre à une fin de mandat abrupte.
C’est fait ! Le gouvernement du Québec a mis à sa tête la deuxième femme première ministre du Québec, Christine Fréchette, députée de Sanguinet. Après plusieurs semaines de débats, d’argumentaires et de soutien de la part de différentes personnes députées, la CAQ a finalement trouvé la successeure de François Legault, fondateur et unique chef du parti.
Christine Fréchette l’emporte avec 57,9% des voix contre 42,1% pour Bernard Drainville, victoire surprenante compte tenu des sondages qui donnaient à Christine Fréchette une large avance sur son opposant.
« C’est le printemps et le printemps, c’est un moment de renouveau. Le moment où on se dégourdit, et le moment où on se prépare pour les beaux jours (…) Aujourd’hui, les membres de notre coalition, les Québécois, vous avez ouvert les fenêtres », a mentionné la nouvelle première ministre.
De son côté, Bernard Drainville salue la victoire de Christine Fréchette et lui confirme son soutien malgré la défaite : « Je veux aussi saluer la victoire de Christine Fréchette et l’assurer de mon appui. Elle sera une première ministre rigoureuse et déterminée, qui saura faire avancer le Québec. »
Un vote stratégique pour éviter une lourde chute ?
Si les membres de la CAQ ont vu un potentiel plus intéressant du côté de Christine Fréchette, les sondages viennent renforcer leur choix. En effet, selon les sondages organisés par la firme Léger, les personnes québécoises seraient davantage attirées vers une CAQ sous Fréchette que sous Drainville.
À quelques mois des élections provinciales, les projections donnent 18% du vote populaire à la CAQ si le parti est dirigé par Christine Fréchette, soit tout juste devant le Parti conservateur d’Éric Duhaime, mais derrière le Parti libéral et le Parti québécois, qui, pour le moment, trône toujours au sommet avec 30%.
Si Drainville avait remporté la chefferie caquiste, le parti aurait largement chuté au dernier rang des intentions de vote avec 8%. Pourtant, c’est le Parti libéral de Charles Milliard qui aurait bénéficié d’une CAQ gouvernée par Bernard Drainville, car le PLQ, toujours selon les sondages, aurait potentiellement remporté les prochaines élections grâce à une projection de 35%, soit 3% devant le PQ.
La raison ? Une partie moins nationaliste des personnes électrices caquistes se seraient possiblement retournées vers une option moins souverainiste, soit le PLQ. Ces projections ont donc clairement influencé une partie des membres de la CAQ.
Source : Getty Images
Médéric Dens
Médéric Dens est le chef de pupitre SOCIÉTÉ, mais il aurait tout aussi bien pu diriger la section Sports, passionné de hockey et de tennis depuis l’enfance. Récemment, la politique est devenue son nouveau centre d'intérêt. Il poursuit un baccalauréat en études politiques appliquées, cheminement politiques publiques.
