Jeu. Juin 20th, 2024

Par Sarah Gendreau Simoneau

Il y a de ces personnes dont la motivation est inarrêtable. C’est le cas d’Yves-André Bureau, qui a relevé un défi cycliste hors du commun à Sherbrooke.

L’Everesting challenge consiste à monter une côte plusieurs fois pour atteindre 8 848 m, soit l’équivalent de la hauteur du mont Everest. Les gens peuvent le faire à pied ou à vélo. C’est en enfourchant son vélo qu’Yves-André Bureau a décidé de participer.

« Ça fait plusieurs années qu’avec des amis, je ramasse des fonds pour la fondation PROCURE, qui fait de la recherche et de l’accompagnement pour les familles et les gens atteints du cancer de la prostate », raconte le principal intéressé. C’est la seule fondation dédiée à cette cause au Québec. M. Bureau et ses amis participent à des défis différents chaque année pour cette dernière.

« Chaque dimanche de la fête des Pères, on montait la côte Camillien-Houde à Montréal, un nombre de fois donné. Ça pouvait être huit, comme quinze fois, tout dépendant des gens. »

Cette année, il voulait faire différent. Ça faisait un petit moment qu’il y pensait, mais l’Everesting avait quelque chose qui l’attirait drôlement. « J’ai regardé ce que ça représentait, mais je ne me suis pas découragé même si c’est un défi majeur, au contraire, j’avais vraiment envie d’essayer ça. »

Les règles sont simples, en fait, il n’y en a qu’une. Le cycliste devait choisir n’importe quelle côte, n’importe où dans le monde. Que ce soit une grande montée ou une côte plus courte, peu d’importance, tant qu’il y a un certain dénivelé. La personne qui participe doit ensuite monter cette côte autant de fois qu’il lui faudra pour égaler l’altitude du plus haut sommet du monde.

« La côte que j’ai choisie, sur le Chemin Dunant, dans la région de North Hatley près de Sherbrooke, est quand même intense parce que c’est une moyenne de 10 % de dénivelé, mais il y a des bouts de 17 % et d’autres de 13 %, c’est solide comme côte », explique le cycliste. Il a monté pas moins de 57 fois la côte en question pour atteindre son objectif.

« J’ai fait un Everest qu’on appelle à pique, en moins de 200 km, c’est une difficulté de plus. Je l’ai fait avec mon garçon de 30 ans par après, et il a trouvé qu’une montée, c’était assez pour lui ! »

Une organisation de pro

Pour réaliser un tel exploit, M. Bureau a dû se préparer mentalement, physiquement, mais aussi, avoir le bon matériel.

« Je fais du vélo toute l’année, donc physiquement, il n’y avait pas de problème. Je me suis aussi préparé techniquement puisque j’avais un VR en bas de la côte. C’était mon camp de base avec une toilette et de la nourriture pour vivre sur cette côte-là toute la journée du défi », relate-t-il.

Son équipe de soutien était là aussi, dont sa blonde principalement, et des amis qui venaient faire des montées avec lui de temps en temps. Il s’était arrangé avec la municipalité de Hatley, qui lui a prêté un petit terrain ainsi que de la signalisation pour les automobilistes.

Celui qui est parti tôt le matin, vers 4 h, a réussi son exploit du mont Everest à 19 h le soir. « C’est 12 heures de pédalage, 15 heures en tout et partout avec les pauses », exprime Yves-André Bureau.

Ce n’était pas son premier rodéo. Le défi Procure, pendant la pandémie, c’était d’effectuer 360 km en un mois; M. Bureau l’a fait en un coup, dans la même journée. « Chaque fois, je fais ça pour la bonne cause. J’ai ramassé pas mal de sous cette année, près de 4 000 $. »

Ce qui l’a motivé à entreprendre un tel défi ? Les gens autour de lui qui doutaient de son endurance. Lui-même craignait de ne pas réussir à terminer le défi. « Ça m’a prouvé que j’étais capable de faire des exploits comme celui-là. Je vais m’arrêter aux limites que je suis capable d’atteindre, c’est comme ça que je fonctionne dans ma motivation. »

Ses deux parents sont décédés dans la dernière année; sa mère d’un cancer, son père avait le cancer de la prostate, mais n’est pas décédé de ça. Il leur a dédié sa « victoire ». Il insiste sur le fait qu’il n’est pas le plus grand athlète, qu’il n’est pas le plus rapide ou le plus résistant, mais que c’était une question de volonté dans son cas.

Sky is the limit

Maintenant qu’il sait qu’il est capable d’accomplir des montées comme celle-là avec son mental et son bon vouloir, M. Bureau a envie de créer un événement pour inciter les gens à le faire avec lui. Il a aussi envie de réaliser d’autres défis pour se prouver qu’il est encore motivé et capable, toujours en gardant le cap sur la fondation qui lui tient à cœur.

Ce défi, c’est une organisation internationale, des gens de partout dans le monde s’inscrivent, puis font partie du Hall of Fame une fois l’exploit réalisé. « C’est une source de fierté pour moi parce que je ne suis pas un athlète olympique. C’est à la portée des gens qui veulent et qui sont motivés, c’est ça mon message là-dedans. »

« Il y a des gens qui font des folies comme faire trois fois ce que j’ai fait en deux jours. C’est un niveau supérieur. Je ne dis pas que je ne le ferai jamais, ou que je le ferai un jour, mais il y a des défis comme ça, un peu partout, qui donnent envie d’en refaire. »

Yves-André Bureau se définit comme un « cycliste amateur intense » parce qu’il fait 5 000 km par année. « Le jour où je serai à la retraite, je pourrai en faire encore plus. »

D’ailleurs, plein de défis l’attendent quelque part dans le monde, selon lui. « La bucket list est longue. » Ce qui l’interpelle, ce ne sont pas nécessairement les grandes distances ou les sprints, mais bien les montées comme les volcans à Hawaï ou les Alpes en Europe.


Crédit image @Fondation Procure

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Rédactrice en chef et directrice générale, auparavant cheffe de pupitre SPORT ET BIEN-ÊTRE pour le journal Le Collectif | Site web

Passionnée par tout ce qui touche les médias, Sarah a effectué deux stages au sein du quotidien La Tribune comme journaliste durant son cursus scolaire, en plus d’y avoir œuvré en tant que pigiste durant plusieurs mois. Auparavant cheffe de pupitre pour la section Sports et bien-être du journal, et maintenant rédactrice en chef, elle est fière de mettre sa touche personnelle dans ce média de qualité de l’Université de Sherbrooke depuis mai 2021.  

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