Par Olivier Boivin

Pas plus tard qu’en janvier, Rosalie Tremblay prenait part au Championnat mondial féminin des moins de 18 ans en Nouvelle-Écosse, qui s’était soldé par une défaite crève-cœur aux mains des Américaines en grande finale. Quelques mois plus tard, la direction d’Hockey Canada croit que la jeune sensation sherbrookoise est déjà fin prête à arborer la feuille d’érable au niveau supérieur, elle qui s’enrôlera avec l’équipe canadienne du côté des séniors.
En effet, Rosalie figure sur la liste des 25 joueuses sélectionnées en vue du prochain Championnat mondial de hockey féminin, qui se déroulera du 6 au 16 novembre prochain au Danemark. Celle qui n’avait pas d’attentes en arrivant au camp de sélection croyait tout de même en ses chances malgré son jeune âge, un facteur qui « ne l’intimide pas du tout ». Cette dernière dit même carburer à ce genre de défi. « Ce n’est pas mon premier événement où j’ai une pression de performer. C’est un privilège, surtout de représenter mon pays, donc oui il y a un petit stress, mais c’est un bon stress. »
Une éthique de travail digne des pros
On entend souvent le mot « maturité » revenir dans les conversations comme enjeu principal chez plusieurs jeunes joueurs talentueux. Rosalie Tremblay n’a pas à s’inquiéter de cet aspect, elle qui s’attire déjà des éloges dans le milieu professionnel.
En effet, la directrice générale d’Équipe Canada, Danièle Sauvageau, a été fort impressionnée de l’aisance dont a fait preuve Rosalie lors du camp de sélection. « Dès la première pratique, elle nous a démontré sa capacité à vouloir être engagée, d’appliquer ce qui était d’abord et avant tout enseigné dans les sessions plus individuelles, explique Danièle Sauvageau. Pour nous, elle est prête mentalement, physiquement et surtout, visiblement prête à continuer d’apprendre. »
Le secret de cette éthique de travail hors pair? « Je dois retenir ça de mes parents, j’imagine [rire]. Ce sont des grands travaillants. J’ai du plaisir à jouer, c’est ça qui me rend aussi engagée. Le hockey, ça reste un sport, j’essaie juste de garder une certaine légèreté. »
Un talent en or
« C’est un sentiment incroyable. Il y a beaucoup de travail qui se cache derrière ça. Je le sais que je vais tout donner pour ramener une médaille d’or. » Rosalie Tremblay ne cache pas son excitation, elle qui s’envolera dans quelques jours vers cette prochaine étape qui la rapproche de son rêve d’atteindre la Ligue professionnelle de hockey féminine (LPHF).
Avant de s’enligner avec les Badgers de l’Université du Wisconsin, l’attaquante a fait la pluie et le beau temps dans les rangs collégiaux avec Stanstead, récoltant 117 points en 57 rencontres lors de la campagne 2025-2026 au sein de la Junior Women’s Hockey League (JWHL). Elle avait aussi été désignée comme capitaine de l’équipe Québec dans le cadre de la dernière édition du Championnat national de hockey féminin M18, là où elle avait raflé le titre de joueuse par excellence en plus des grands honneurs.
Rosalie a d’ailleurs célébré en grand au lendemain de l’annonce de cette sélection. Elle a laissé parler son bâton pour l’occasion, inscrivant quatre buts dans une raclée de 12-1 où les Badgers ont triomphé sur l’Université de l’État du Minnesota. Celle qui a soufflé 18 bougies en septembre dernier compte déjà neuf points à son compteur en six rencontres, un départ plus que respectable à sa saison recrue.
Malgré un fort départ dans la National Collegiate Athletic Association (NCAA), pas question pour elle de s’asseoir sur ses lauriers. « Des résultats comme ça, ça ne veut vraiment rien dire. Je ne pense pas que ça me monte à la tête, ce ne sont pas juste les performances individuelles » qui vont m’amener plus loin. Je me concentre plus sur gagner un championnat ici [à Wisconsin], puis gagner aussi la médaille d’or avec le Canada. »
Une affaire de famille
Rosalie Tremblay ne serait pas là aujourd’hui sans le support inconditionnel de sa sœur, Maxim. Les deux ont d’ailleurs participé ensemble au camp de sélection de l’équipe nationale de développement junior en Colombie-Britannique, en août dernier. Toutefois, à l’occasion ce tournoi sénior Danemark, ça se fera sans Maxim Tremblay, qui a été ignorée par Hockey Canada à l’occasion du camp de sélection.
« À 20 ans, elle a déjà le niveau et j’ai une grosse pensée pour elle, qui a contribué à ce que je devienne la joueuse d’aujourd’hui. Elle est ma meilleure amie, ma plus grande fan et si je suis autant compétitive, c’est grâce à elle, parce qu’elle est comme moi », a souligné Rosalie.
Cependant, il n’est pas à négliger que Maxim Tremblay connait en parallèle un fort début de carrière dans le réseau universitaire américain. Débutant tout juste sa 2e saison à Boston College, elle a terminé l’année dernière sur l’équipe d’étoiles des recrues de sa division.
Marie-Philip Poulin, modèle générationnel
Rosalie Tremblay se trouve en très bonne compagnie. Des autres joueuses ayant effectué leurs débuts avec Équipe Canada à 18 ans ou plus jeune, on retrouve des noms comme ceux de Cheryl Pounder, Hayley Wickenheiser et Marie-Philip Poulin. Rosalie fait d’ailleurs partie de cette cure de rajeunissement déployée par Hockey Canada en vue des Olympiques de 2030, alors qu’on se présentera au Danemark avec un effectif d’un âge moyen de 25,8 ans. L’âge moyen de la formation canadienne aux Jeux de Milan-Cortina était de 29,2 ans.
« Marie-Philip Poulin est la personne qui a inspiré le plus de monde dans le hockey féminin, donc c’est certain que c’est un immense honneur. Je pense qu’il y a un vent nouveau à Hockey Canada », s’est exclamée la Sherbrookoise. Elle a entre autres vanté la façon dont Poulin donnait l’exemple chaque jour, son éthique de travail l’inspirant énormément.
Parmi les autres jeunes joueuses sélectionnées par Équipe Canada, on retrouve aussi Ève Gascon (23 ans), Caitlin Kraemer (20 ans), Chloé Primerano (19 ans), Hayley McDonald (18 ans) et Sara Manness (19 ans). Des hockeyeuses d’expérience prendront aussi part à ce tournoi en Europe, des noms tels ceux d’Emma Maltais, de Laura Stacey et d’Erin Ambrose figurant sur la liste de l’effectif canadien.
Source : Université du Wisconsin
