Vague d’attaques de colons en Cisjordanie 

Par Fabrice Lamarre 

Plusieurs oliviers ont été endommagés par les attaques de colons en Cisjordanie en 2026.

Dernièrement, les violences engendrées par des colons israéliens en Cisjordanie sont en hausse. L’arrivée de la saison des olives joue un grand rôle dans cette recrudescence des attaques contre les personnes palestiniennes sur ce territoire.  

Depuis janvier, quelque 2 159 attaques de colons auraient eu lieu en Cisjordanie. Les conséquences de ces attaques incluent de nombreuses blessures, ainsi que des dégâts matériels importants.  

La saison des olives : cible de choix pour les attaques 

Entre le 1er septembre et le 19 octobre 2026, 272 attaques, estimées être liées à la récolte des olives, ont eu lieu sur le territoire cisjordanien par des colons israéliens, endommageant plus de 3 000 oliviers.  

Outre l’enjeu évident de la sécurité des résidents palestiniens, ces attaques ont des conséquences durables sur la population palestinienne en Cisjordanie. Les pertes de revenus, les récoltes abandonnées et les dommages matériels ont des impacts économiques importants sur cette population déjà vulnérable. Ces violences peuvent sembler insensées, alors qu’une simple activité agricole devient une source de danger.  

Ces violences s’inscrivent dans un contexte de tension territoriale persistante en Cisjordanie, où des colonies israéliennes se trouvent près de nombreuses communautés palestiniennes. Pour plusieurs personnes agricultrices, les menaces et les agressions en croissance compliquent grandement l’accès à leur terre, et tout cela en pleine période de récolte. Lorsque les violences se répètent, elles contribuent fréquemment au déplacement de ces communautés palestiniennes, selon les plus récents rapports publiés par les Nations unies (ONU). 

La responsabilité des autorités israéliennes 

La multiplication récente de ce type d’attaque soulève aussi des questions quant à la capacité des autorités israéliennes à protéger les populations palestiniennes. Le 29 septembre dernier, dans le village de Jalud, des colons auraient, entre autres, incendié des résidences alors qu’une famille tentait de protéger son domicile.  

Les autorités militaires ont annoncé l’arrestation de deux colons et ont ouvert une enquête, mais, malgré ces arrestations, plusieurs organisations de défense des droits humains dénoncent depuis longtemps l’insuffisance des mesures prises contre les auteurs présumés de ce type de violence.  

C’est notamment le cas d’Amnesty International, qui « tire depuis longtemps la sonnette d’alarme face à la montée exponentielle de la violence des colons, encouragée par l’État, à l’encontre des Palestiniens ». L’enjeu de la protection des personnes palestiniennes en Cisjordanie et de la poursuite des responsables demeure central à ce problème. 

Une crise qui dépasse la récolte 

Malgré les nombreuses pertes agricoles, la hausse des violences accentue l’insécurité et le risque de déplacement des communautés palestiniennes. Les actions qui restreignent l’accès des personnes palestiniennes à leur propre terre, combinées aux agressions répétées, peuvent contraindre certaines familles à abandonner leurs activités économiques et à quitter leur résidence.  

La protection des habitants et la possibilité pour les personnes agricultrices de cultiver leurs terres sans craindre de nouvelles attaques demeurent ainsi des enjeux majeurs pour l’avenir de la Cisjordanie. 


Source : Pixabay

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