Par Olivier Boivin

Les athlètes masculins de hockey au Vert & Or sont sur un petit nuage en ce début de saison. Après un camp préparatoire fort satisfaisant, l’équipe est sortie en lion avec 16 buts dans ses deux premiers matchs, ce qui lui a permis d’aller rafler une fiche parfaite jusqu’à maintenant.
Cependant, derrière ces victoires, se cachent des individus qui portent eux aussi les succès de cette équipe sur leurs épaules. Affirmer qu’ils sont dans l’ombre serait potentiellement une antithèse ici, comme ces personnes ont eu beaucoup de visibilité médiatique dans les derniers mois. Ces acteurs sont à l’origine du retour du hockey universitaire à Sherbrooke et ont une vision grandiose pour ce nouveau programme, allant de l’instauration de la culture jusqu’à la construction d’un nouveau domicile.
Portrait d’un entraineur avec du vécu
Qui est donc cet entraineur-chef qui mène la barque sherbrookoise et qui contribue à ce bon début de campagne ? C’est Dominic Desmarais qui détient les rênes de cette nouvelle équipe, arrivant avec un bagage d’expérience de 26 années derrière le banc. Il a entre autres dirigé les Cougars du Collège Champlain en division 1 et effectué de courts passages au sein du personnel d’entraineurs des Voltigeurs de Drummondville et des Titans d’Acadie-Bathurst. Desmarais a même été à l’origine de la création du programme de hockey féminin à l’Université Bishop’s, où il a occupé les fonctions d’entraineur-chef et de gestionnaire de 2017 à 2023.
Le défi principal pour un entraineur, lorsqu’il doit composer avec une brochette de joueurs qui en sont tous à leur première saison ensemble, réside dans la culture. « Tout est pas mal connecté. Tu peux bâtir les meilleures stratégies possibles, mais sans culture, c’est difficile d’avancer, et vice-versa », mentionne Desmarais. Cette culture-là se bâtit surtout à l’extérieur de la glace avec une structure organisationnelle rigoureuse, un atout qu’il considère comme sa plus grande qualité de « coach ».
Le directeur du programme d’excellence du Vert & Or, Jean-Benoit Jubinville, avait d’ailleurs fait l’éloge de Desmarais lors de sa nomination pour cette raison exacte. « Partout où il est passé, il a bâti des structures solides et durables. Nous nous considérons privilégiés de l’accueillir », avait-il mentionné. Même les nouveaux joueurs louangeaient la culture de l’Université de Sherbrooke avant même d’avoir effectué un seul coup de patin avec le programme. « Je n’ai entendu que de bons mots sur l’Université et sur Dominic Desmarais. J’ai entendu dire que la culture était incroyable ici », cite Maverick Deslisle, qui évoluait à Flin Flon en Saskatchewan la saison dernière.
Lorsqu’il fut le temps de choisir le personnel d’entraineurs qui l’accompagnerait, Desmarais s’est assuré de s’entourer autant de jeunesse que d’expérience, souhaitant former la relève qui prendra éventuellement le flambeau. « Ce n’est pas le Dominic Desmarais Show. Lorsqu’on crée un programme, il faut avoir les bonnes personnes aux bons endroits pour pouvoir se doter d’un plan stratégique solide qui fait que la culture perdure au fil des années », a déclaré le principal concerné.
À la veille de ce grand rendez-vous hockey du 10 octobre dernier à Sherbrooke, Dominic Desmarais avait fait mention de l’atmosphère qui régnait autour du campus lors d’événements sportifs. « Il y a beaucoup de fébrilité, ce sont des choses plaisantes à vivre pour le ‘’staff’’ et les joueurs. De voir la communauté étudiante aussi engagée, ça fait partie de l’environnement qu’on essaie de mettre en place. »
L’avenir est rose pour le hockey universitaire sherbrookois
Ce n’est pas l’engouement qui manque pour cette première saison de hockey masculin universitaire à Sherbrooke. Cependant, pour certains, l’excitation porte davantage sur ce que le futur réserve à ce programme, au-delà de la campagne actuelle.
En effet, lors de la 7e édition de l’Invitation de golf au Club Mirage de Serge Savard, l’ancien directeur général des Canadiens de Montréal avait annoncé qu’après sept ans, les fonds amassés pour soutenir les étudiants-athlètes de l’Université de Sherbrooke (UdeS) avaient atteint le plateau des 18 millions de dollars. L’octogénaire avait aussi profité de la présence des médias pour souligner son intention de lancer un projet pour construire un nouvel aréna sur le Campus principal de l’UdeS. Ce dernier se concrétiserait avec l’aide d’une partie des fonds de la fondation de Savard et d’une contribution financière supplémentaire d’Herbert Black, évaluée à 15 millions de dollars.
« Il faut se doter de structures nécessaires à la mise en place du programme. Il faut avoir son propre aréna, il fallait mettre ça comme priorité pour la pérennité de ce projet », s’est exclamé Savard. La direction du Vert & Or met l’accent sur la nécessité d’une telle infrastructure pour éventuellement pouvoir se doter d’une équipe de hockey féminine.
En outre, tout récemment, le Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ) avait annoncé le retour d’une ligue québécoise de hockey universitaire masculin de division 1, et ce, dès le début de la saison prochaine. Cette nouvelle ligue réunira l’Université Concordia, l’École de technologie supérieure, l’Université McGill, l’Université du Québec à Chicoutimi, l’Université du Québec à Trois-Rivières et l’Université de Sherbrooke. « C’est l’aboutissement des efforts des dernières années. Arrêtons de voir ces programmes comme une dépense. C’est un investissement dans le sport, dans l’activité physique, dans la réussite de nos jeunes à l’université et dans notre société », a déclaré Savard. Celui que l’on surnomme « le Sénateur » a tenu des propos similaires juste avant le match du 10 octobre, ajoutant que le retour du hockey universitaire à l’UdeS est un projet qui lui tient à cœur depuis très longtemps et que le but a « toujours été de faire revivre le hockey à Sherbrooke, et à travers le Québec ».
Le programme de hockey universitaire à Sherbrooke est jeune, certes, mais la vision à long terme pour cette entité alimente l’imaginaire collectif. Le potentiel est énorme lorsque les fondations rattachées à la structure sont aussi solides, surtout quand on compte parmi ses rangs des membres avec le futur du programme tatoué sur le cœur.
Source : page Facebook du Vert & Or
