Médéric Dens

Une icône ayant évolué dans la radio et la télévision sherbrookoise est décédée le 13 octobre dernier. Jean-Luc Mongrain, présentateur de journal, animateur et journaliste de carrière, aura su marquer les esprits, lui qui ne gardait que rarement sa langue dans sa poche. Ancien étudiant de l’Université de Sherbrooke, son départ choque la sphère politico-médiatique.
Jean-Luc Mongrain, étudiant en théologique de l’Université de Sherbrooke et ensuite professeur de religion, a rapidement fait son saut dans la sphère médiatique locale, d’abord comme propriétaire du journal La Nouvelle du Haut-François, avant de gérer La Nouvelle de Sherbrooke pendant trois ans. Il a grandement été impliqué dans le milieu journalistique à Sherbrooke.
Plus tard, il a animé, entre autres, Mongrain de sel au réseau Pathonic (qui détient à l’époque CHLT-TV Sherbrooke) et Le Grand Journal à TQS. Après la pandémie de COVID-19, il a fait le saut au sein des médias moins traditionnels, en animant Mongrain en balado, où il y recevait des personnalités comme Gabriel Nadeau-Dubois, Guylaine Tanguay et Sophie Brochu.
Réaction du milieu culturel et politique
Le nouveau premier ministre du Québec, Paul St-Pierre Plamondon, s’est dit « reconnaissant de tout l’apport qu’il a eu sur notre culture et notre paysage médiatique » sur ses réseaux sociaux. De son côté, la mairesse de Sherbrooke, Marie-Claude Bibeau, rappelle la proximité que Jean-Luc Mongrain était en mesure de bâtir avec la population. « De façon toujours percutante, il avait l’art et la manière de mettre la lumière sur les enjeux qui touchaient le vrai monde. Mes plus sincères condoléances à son épouse et à ses proches. »
Sa passion pour les enjeux sociétaux a quant à elle été soulignée par l’Union des artistes (UDA) : « Le Québec perd aujourd’hui une voix unique. Pendant plus de 50 ans, Jean-Luc Mongrain a marqué le paysage médiatique par son franc-parler, sa passion pour l’actualité et pour les gens. Animateur, journaliste et commentateur hors pair, il savait dénoncer les injustices avec conviction. »
Sa critique du système d’éducation
L’une de ses scènes les plus marquantes demeure sa critique au téléjournal de LCN, intitulée L’école déconnectée des jeunes, notamment reconnue pour les fameux duo-tangs. Certains moments de ladite scène illustrent très bien l’aspect parfois complexe que représente le système d’éducation, de manière exagérée, bien entendu :
« Si on prend ça par le bout de la ministre en descendant, c’est long de rejoindre un étudiant […] Regardez bien l’organigramme. Mon écran mesure 50 pouces et je suis pas capable de bien lire tellement il y a du monde là-dedans […] L’éducation et l’instruction, c’est gratuit, dites-moi s’il y a pas quelqu’un de débranché dans la vie […] Des duo-tangs, 17 duo-tangs en première année. On a des journalistes de profession depuis 40 ans et ils en ont pas un maudit », disait-il.
Il ne manquait aucune occasion, même en direct à la télévision, de donner son opinion en levant parfois le ton :
« Vous avez chialé contre les immigrants, je vais vous dire de quoi. Dans le temps que j’étais petit gars, sur la rue Saint-Hubert en avant de chez nous, il y avait deux Italiens qui étaient là […] On les regardait et on se disait “ils restent ensemble dans le restaurant, ça doit être des homosexuels“ […] il y en avait un qui couchait derrière le comptoir et l’autre faisait de la pizza 24 heures sur 24. Trois ans après, ils étaient propriétaires du bloc pi c’est moi qui était à logement chez eux comme locataire […] Jamais j’aurais été couché dans la cuisine en arrière. Moi ce que j’ai pensé, c’est de jouer au gérant de magasin en avant », a-t-il répondu à une auditrice.
Crédit photo : Bertrand Exertier
Médéric Dens
Médéric Dens est le chef de pupitre SOCIÉTÉ, mais il aurait tout aussi bien pu diriger la section Sports, passionné de hockey et de tennis depuis l’enfance. Récemment, la politique est devenue son nouveau centre d'intérêt. Il poursuit un baccalauréat en études politiques appliquées, cheminement politiques publiques.
