L’écotourisme comme nouvelle façon de voyager 

Par Rebecca Gagné 

L’écotourisme met la préoccupation de l’environnement et des communautés au cœur de ses principes.

La saison du tourisme est déjà bien entamée – marchés, campings, sentiers et cours d’eau sont quotidiennement occupés par qui aspire à profiter de l’abondance de l’été. Mais cette saison achalandée n’est pas sans impacts sur l’environnement : la hausse des transports que génère ce désir d’être partout à la fois augmente inévitablement l’émission des gaz à effet de serre (GES).  

Afin d’allier bien-être environnemental et plaisir, il est possible de convertir ces nombreux déplacements supplémentaires en tourisme responsable, plus précisément en écotourisme. 

Lumière sur l’écotourisme  

Selon l’Observatoire de la consommation responsable (OCR), « [l]’écotourisme est une pratique touristique en milieu naturel, basée sur les notions d’apprentissage, de plaisir, de réduction des impacts environnementaux et de conservation socio-culturelle. » En d’autres mots, il s’agit de pratiquer des activités touristiques qui misent sur la préservation de l’environnement autant que sur le bien-être des populations locales. De ce fait, les retombées négatives sur les milieux visités se voient réduites.  

Et donc, est-ce que l’écotourisme n’est pas en fait du tourisme durable? C’est ici que la nuance se joue. Dans son Guide de l’écotourisme au Québec, l’OCR pointe la faible distinction entre les deux termes : l’écotourisme se retrouve dans la grande famille du tourisme responsable – qui allie les dimensions économique, sociale et environnementale du développement durable –, tandis que le tourisme durable est le résultat futur de ces pratiques. Ainsi, l’écotourisme est d’abord un tourisme responsable qui ne deviendra durable que lorsque ses bénéfices seront bien établis à long terme. 

L’OCR décline cinq principes à suivre pour pratiquer l’écotourisme, question de vous aider à prendre en compte la pérennité de l’environnement dans vos activités estivales. 

Premier principe : valoriser la conservation de l’environnement 

Cette préoccupation mérite un rôle central dans toute activité, puisque c’est celle-ci qui dictera tout le reste. On ne parle pas seulement ici du souci de minimiser son impact, mais aussi de l’intérêt à préserver les ressources naturelles de toute région visitée.  

Pour ce faire, il existe une pratique à apprivoiser pour chaque sortie de plein air qui veille au bien-être de l’environnement : les 7 principes Sans Trace. Ceux-ci se déclinent en sept avenues directrices de bons comportements à adopter en milieu naturel. Le Collectif a consacré un article complet sur le sujet afin d’équiper tout un chacun des bases du plein air durable.  

Deuxième principe : préserver l’intégrité culturelle des populations locales 

Sensibilité et respect des cultures des populations locales sont aussi au cœur de l’écotourisme. Le tourisme de masse – cette effervescence touristique à grande échelle qui exclut la notion du développement durable de ses activités – idéalise depuis longtemps ces populations sans pour autant respecter leur intégrité, selon l’OCR.  

Les résultats d’une telle idéalisation touchent aux habitudes sociétales et aux cultures ancestrales remises en question par les touristes de passage. Effectivement, l’OCR mentionne que la masse touristique priorise le plaisir et le confort plutôt que l’ouverture face aux nouvelles cultures.  

En ce sens, les activités écotouristiques s’inscrivent dans un climat respectueux entre touristes et locaux. 

Troisième principe : contribuer équitablement au développement de l’économie locale 

Les pays industrialisés d’Amérique du Nord sont ceux qui tirent le plus d’avantages du secteur touristique, sans nécessairement en récolter les conséquences. Plutôt que de s’enrichir, d’éloigner les touristes et d’appauvrir l’environnement, l’écotourisme mise sur les gains de proximité : rediriger l’attention des touristes sur les beautés des régions naturelles du terroir, dédier les revenus à la préservation de l’écosystème et contribuer au développement économique local. C’est notamment avec ces redistributions communautaires de l’argent issu de l’écotourisme que peuvent être construites des installations au service des populations – telles que des écoles ou des hôpitaux – et entretenues des habitations ancestrales composant le patrimoine. 

Quatrième principe : connaitre et apprendre continuellement les impacts touristiques 

Il va sans dire que toute activité touristique se doit de respecter les territoires qu’elle occupe. Pour ce faire, une éducation est nécessaire pour conscientiser chaque touriste lors de ses choix. Plusieurs reproduisent ce qu’ils ont toujours vu, ou participent à ce qui est le plus populaire sans se questionner sur les retombées environnementales associées.  

L’OCR souligne notamment les effets néfastes laissés par le tourisme de masse quant à cet enjeu. Ces répercussions naissent d’une consommation «*démesurée des ressources naturelles, c’est -à-dire l’eau douce (hôtels, piscines, jardins, terrains de golf et besoins des clients), les carburants fossiles, les sols fertiles, les forêts ainsi que la faune sauvage et les paysages*».  

En ce sens, le tourisme de masse génère un éventail de types de pollution : terre, air, et eau y passent. Et on ne parle pas que de la pollution physique (de déchets), mais aussi sonore et visuelle. À titre d’exemple, l’OCR rapporte que les conséquences écosystémiques d’un bateau de croisière s’élèvent à plus de 70 000 tonnes de déchets rejetés chaque année.  

L’adoption d’habitudes écotouristiques ne se résume donc pas uniquement à opter pour des activités plus vertes : il s’agit également de cultiver cette conscience d’apprentissage pour veiller à ce que vos habitudes ne nuisent pas à la nature autour de vous. L’éducation sur l’environnement, la vie sauvage et les cultures locales sont la clé de la préservation. L’OCR mise sur la sensibilisation de la clientèle touristique sur les impacts de ses actions sur le territoire dans l’optique de développer une conscientisation responsable. 

Cinquième principe : redéfinir l’expérience touristique 

Le tourisme de masse a bien su laisser sa trace dans la perception d’une escapade, d’un voyage ou simplement d’une sortie. Bien que les multiples attractions et installations (dispendieuses et énergivores) composent une grande partie de l’offre touristique, le plaisir se retrouve tout autant dans ces moments qui, à première vue, n’ont peut-être rien d’extravagant. 

Ainsi, il en revient à redéfinir le concept même de tourisme. Qu’est-ce qui est recherché, et pourquoi? Est-ce que les habitudes sont à ce point enracinées qu’elles teintent la réalité?  

Le sol québécois regorge de paysages pittoresques tout comme de coins tranquilles. Les échanges humains, les produits locaux, les milieux culturels et la biodiversité sont ce qui compose les attractions uniques du Québec. Il ne suffit que de rediriger l’attention vers ces joyaux cachés.  

En Estrie, plusieurs circuits écotouristiques existent afin de rassembler plein air, culture et gastronomie sur un même trajet. Tourisme Cantons-de-l’Est en propose une panoplie qui peuvent être faits à vélo, dont cinq circuits à moins de 100 kilomètres de Sherbrooke. Prenez le temps de les consulter!  


Crédit photo : Rebecca Gagné

Rebecca Gagné
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