François.e 

Par Rebecca Gagné 

Un premier film québécois portant sur la transidentité. 

Le 23 juin dernier avait lieu la première du film québécois François.e à la Maison du Cinéma de Sherbrooke. Pour l’occasion, des membres de la distribution de même que les deux scénaristes de l’œuvre ont partagé l’expérience avec l’audience. 

Le film est une réalisation de Jean-François Asselin et a été scénarisé conjointement par Gabrielle Boulianne-Tremblay et Jean-François Léger. Parmi les actrices et les acteurs qui composent la distribution principale, on retrouve Louis Morrissette, Pascale Drevillon, Geneviève Schmidt et Robin Aubert. 

Une performance appréciée, un sujet important 

C’est sous une pluie d’applaudissements que s’est terminé la première représentation. « Votre impression générale? S’il y a un mot qui vous vient en tête après avoir vu le film, ce serait quoi? », a d’abord demandé Louis Morrissette à l’audience. Les exclamations « Wow! », « Touchant! », « Humain! » « Génial! » « Respectueux! », jaillissaient d’un peu partout.  

Force est d’admettre que François.e s’avère un excellent coup d’envoi pour l’inclusion des personnes trans au cinéma. L’impression que le film a laissé sur les gens dans la salle était unanime : « une performance d’acteurs et d’actrices extraordinaire », a souligné l’animatrice de la discussion avant de se faire interrompre par une vague supplémentaire d’applaudissements. Une chose est certaine, on a abordé un sujet important avec bienveillance et sensibilité.  

Le réalisateur Jean-François Asselin a notamment expliqué que l’idée partait de simples et de réels questionnements qu’il avait eus quant au milieu scénaristique : qu’advient-il d’un scénariste qui s’identifie comme personne trans dans le formulaire qui accompagne la remise d’un scénario? Comment serait-il possible de vérifier une telle information? Est-ce qu’un homme blanc cisgenre pourrait vouloir profiter de la situation afin de la tourner à son avantage?  

Eh bien, François.e, c’est exactement cela. On suit le personnage de François (Louis Morrissette), un scénariste désespéré de voir sa série acceptée par un diffuseur. Alors séparé depuis quelques années de la mère de sa fille, ce qui l’oblige à vivre dans une maison modique, il aurait vraiment besoin d’un remontant. Cela ne l’empêche pas de côtoyer ses amis chaque semaine au hockey – un stéréotype peut-être cliché de l’homme blanc cisgenre, mais ô combien intéressant pour le déroulement de l’histoire.  

Avec ce subterfuge, le projet de François – ou plutôt, Françoise – est finalement accepté. Mais la réalité étant qu’il est loin d’être une femme trans, il se voit tranquillement confronté à un sentiment d’imposteur bien justifié. Il rencontre en cours de route quelques personnes trans dont une ressortira du lot : Sarah. Elle deviendra son bras droit de même que la personne qui lui fera voir les choses différemment. 

Parallèlement, non seulement François sera-t-il de plus en plus exposé aux difficiles réalités des personnes trans, mais aussi commencera-t-il à observer un changement de vision; le regard qu’il porte tout comme celui qui lui est porté. Ce qui ne devait être qu’une malice profiteuse deviendra une expérience révélatrice.  

Teintée d’humour, d’amour, de sensibilité et d’humanité, la trame narrative fait vivre un éventail d’émotions et de réflexions à toute personne qui l’écoute. 

Ce qui alimente la profondeur et la véracité de l’œuvre est l’apport de sa coscénariste, Gabrielle Boulianne-Tremblay. Celle-ci a pu partager ses propres réalités de femme trans, mais aussi incarner ce qui est habilement critiqué dans le film, soit la place accordée aux personnes trans dans la télévision québécoise.  

La coscénariste a profité de l’échange avec le public après cette première pour partager son désir d’accorder une place de pouvoir aux femmes trans dans le film. Il est effectivement possible de remarquer des personnages féminins trans occuper des postes de gestion, chose qui n’était pas encore énormément faite à l’écran québécois. 

Il sera possible d’aller voir François.e au cinéma dès le 1er juillet prochain. 


Source : Film François.e 

Rebecca Gagné
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