La procrastination : quand remettre à plus tard devient un problème 

Par Nicolas Mathieu 

Quand les tâches s’accumulent, la procrastination n’est jamais très loin. 

Cet article aurait dû être écrit il y a deux semaines. Entre-temps, d’autres textes ont pris le dessus, les délais se sont étirés… ce qui est plutôt ironique pour un article sur la procrastination. Pourtant, remettre une tâche à plus tard fait partie du quotidien de beaucoup d’étudiantes et d’étudiants. La question devient alors : à partir de quand la procrastination commence-t-elle à nuire, et que peut-on faire pour la réduire ? 

Il est courant d’utiliser ce comportement au jour le jour. On repousse un travail, une lecture, un courriel, en se disant qu’on s’y mettra « plus tard ». Mais pour qu’un retard soit vraiment considéré comme de la procrastination, trois éléments doivent être présents. D’abord, il doit être volontaire : on choisit de faire autre chose. Ensuite, il existe un décalage entre ce qu’on avait l’intention de faire et ce qu’on fait réellement. Enfin, la personne ressent un malaise, comme de la culpabilité ou de l’inquiétude, face aux conséquences possibles de ce retard. 

La procrastination n’arrive pas à un moment précis ni dans une seule sphère. Elle peut toucher autant les études que le travail, les tâches personnelles ou les projets plus longs. On remarque souvent qu’elle augmente lorsque la personne a l’impression de ne pas avoir les capacités ou les ressources pour accomplir une tâche. Dans ces cas-là, repousser permet d’éviter, temporairement, les émotions désagréables liées à cette tâche. 

Accepter ces émotions plutôt que les fuir peut aider à diminuer la procrastination. Par exemple, un examen de fin de session provoque souvent du stress et une peur de l’échec. Une étudiante ou un étudiant qui reconnaît ce stress peut ensuite chercher des façons de le gérer : planifier, demander de l’aide, diviser la matière, plutôt que se tourner vers une activité plus agréable en attendant. Cette démarche permet parfois de transformer une expérience perçue comme lourde en quelque chose de plus positif et maîtrisable. 

C’est dans cet esprit qu’on peut proposer quelques astuces simples pour mieux composer avec la procrastination au quotidien. 

Cinq astuces pour limiter la procrastination 

  1. Créer une liste de tâches réaliste 

Les listes de tâches peuvent être très utiles, à condition de rester réalistes. Une liste trop chargée pour le temps disponible risque surtout d’ajouter de la pression. Mieux vaut prendre quelques minutes pour estimer le temps nécessaire à chaque tâche, à court, moyen ou long terme, et se donner une marge pour les imprévus. 

  1. Commencer par une tâche agréable ou motivante 

Démarrer la journée par une tâche que l’on aime ou que l’on trouve simple peut aider à se mettre en mouvement. Cela peut être de répondre à quelques courriels, de revoir son horaire ou de terminer un petit travail en attente. Le fait de cocher une première tâche procure souvent un sentiment d’élan qui facilite la suite. 

  1. Diviser les grandes tâches en petites étapes 

La procrastination apparaît souvent lorsqu’on se sent dépassé par l’ampleur d’un travail. Diviser une grande tâche en plusieurs petites étapes la rend plus gérable. On se concentre alors sur une étape à la fois, ce qui réduit le sentiment de blocage et permet d’avancer progressivement. 

  1. Classer les tâches selon leur priorité 

Trier ses tâches par ordre de priorité aide à mieux gérer la journée. Si un imprévu survient, il est plus simple de s’assurer que les tâches vraiment importantes seront tout de même réalisées. Même si tout n’est pas complété, l’essentiel l’est, ce qui diminue la culpabilité liée au retard. 

  1. Se fixer des échéances et réduire les distractions 

Définir un calendrier pour les tâches à court et à long terme permet de savoir quand commencer et quand terminer un travail. En parallèle, couper les distractions aide à protéger ces périodes : désactiver les notifications, fermer les onglets inutiles ou choisir un endroit plus calme rend la concentration plus accessible, et réduit les occasions de remettre à plus tard. 


Source : Pixabay

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