Par Salma Labiede

En janvier 2024, Zachary Miron, 15 ans, perd la vie après avoir consommé une boisson énergisante lors d’une sortie scolaire de ski. Le rapport du coroner tiré de l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec de l’Université Laval, stipule que « le décès est probablement attribuable à une arythmie cardiaque maligne, chez un adolescent au cœur morphologiquement normal, mais sous l’effet de caféine et du méthylphénidate ».
Ce drame a rapidement suscité une importante mobilisation au Québec et relancé le débat sur l’accès des jeunes aux boissons énergisantes. Comme l’indique le Mouvement Zachary Miron, « le décès de Zachary n’est pas seulement une tragédie familiale. C’est un signal d’alarme pour tout le Québec ».
À la suite de cette tragédie, les parents de Zachary, David Miron et Veronica Martinez, ont entrepris une campagne de sensibilisation afin d’informer la population des risques associés aux boissons énergisantes. Leur objectif était de préserver la mémoire de leur fils tout en évitant que d’autres familles aient à vivre une situation semblable. Ils ont multiplié les interventions publiques et rencontré des élus afin de réclamer un meilleur encadrement de ces produits.
Leurs efforts ont porté fruit avec l’adoption du projet de loi numéro 9, intitulé Loi visant à prévenir les effets nocifs de la boisson énergisante sur la santé des jeunes. Selon Radio-Canada, « les élus ont adopté à 103 voix contre 1 le projet de loi 9 ». Le seul vote contre est venu du député indépendant de Saint-Jérôme, Youri Chassin.
Cette nouvelle législation, désormais connue sous le nom de loi Zachary Miron, interdira la vente de boissons énergisantes aux jeunes de moins de 16 ans. Son entrée en vigueur est prévue dans environ six mois. Les autorités estiment que cette mesure permettra de mieux protéger les adolescents contre les risques liés à la consommation de ces produits, particulièrement lorsqu’ils sont combinés à certains médicaments.
Les boissons énergisantes contiennent généralement de fortes quantités de caféine ainsi que d’autres stimulants, comme la taurine. Bien que ces boissons soient souvent utilisées pour combattre la fatigue ou améliorer la concentration, plusieurs experts de la santé mettent en garde contre leurs effets sur les jeunes, dont l’organisme est plus sensible à ces substances.
La loi prévoit également des mécanismes de surveillance afin d’assurer son application. Comme le rapporte Radio-Canada, « des pouvoirs d’inspection et d’enquête sont confiés à Santé Québec ». L’organisme pourra ainsi vérifier le respect de la réglementation auprès des commerçants et intervenir en cas d’infraction.
Pour les parents de Zachary, cette victoire représente un pas important vers une meilleure protection des jeunes Québécois et Québécoises. Ils espèrent que cette nouvelle loi permettra de sensibiliser davantage les familles aux dangers des boissons énergisantes et d’éviter qu’un autre drame semblable ne se produise.
Source : Association pour la santé publique du Québec
