Nicolas Hamel

Luiz Inácio Lula da Silva a remporté un quatrième mandat à la présidence du Brésil avec 51,79 % des votes au second tour du 25 octobre 2026. Pour sa part, le candidat de droite, Flávio Bolsonaro, a obtenu 48,21 %.
Le candidat de gauche a reçu plus de 64 millions des voix, soit environ 4,4 millions de plus que son rival. Il s’agit d’un revirement de situation pour le président sortant, puisque le premier tour plaçait le fils de l’ancien président Jair Bolsonaro, Flávio, en tête. Il s’agit de la première fois depuis le retour de la démocratie au pays en 1989 qu’un tel revirement de situation se produit.
Pour expliquer cette remontée, des spécialistes interrogés par France 24 soulignent notamment la mobilisation des partisans de Lula sur les réseaux sociaux. Entre les deux tours, son camp a misé sur WhatsApp pour faire circuler ses messages et encourager la participation aux rassemblements. Cette stratégie, accompagnée d’une mobilisation sur le terrain, aurait contribué à réduire l’écart avec Flávio Bolsonaro.
Une défaite dure à avaler
L’annonce des résultats a d’abord été contestée par Flávio Bolsonaro, qui affirmait vouloir demander l’annulation du scrutin. Le candidat dénonçait notamment la prolongation de deux heures des opérations de vote, décidée par la justice après des difficultés de transport ayant empêché certains électeurs de rejoindre les bureaux.
Cette contestation n’a toutefois pas été suivie par son propre camp. Le Parti libéral et plusieurs formations qui l’avaient appuyé ont reconnu les résultats. Flávio Bolsonaro a ensuite renoncé à demander leur annulation et a annoncé son intention d’organiser l’opposition à la Chambre des députés et au Sénat.
Alors que la droite conserve une influence importante au Congrès, Bolsonaro a quitté le Brésil, lui qui est visé par deux affaires portant sur des soupçons de corruption, de blanchiment d’argent et de fraude fiscale. L’une des enquêtes concerne notamment le financement d’un film sur son père. Flávio Bolsonaro avait sollicité des fonds auprès d’un banquier. Il aurait toutefois, selon les enquêteurs, envoyé une partie de l’argent à son frère à Miami. Le principal intéressé affirme cependant que ce financement était légal. La Cour suprême lui avait ordonné de remettre ses passeports brésiliens et interdit de quitter le territoire.
Le sénateur a néanmoins rejoint Miami avec sa femme et ses deux filles le 28 octobre. Selon les autorités migratoires argentines, la famille est passée par l’Argentine avant de prendre un avion privé vers l’Équateur, puis les États-Unis. L’administration de Donald Trump lui a accordé des visas.
Le départ de Flávio Bolsonaro rappelle celui de son père, qui avait séjourné en Floride après sa défaite contre Lula en 2022. Une tentative de coup d’État avait par la suite eu lieu pour tenter de le maintenir au pouvoir. Le mandat de sénateur de Flávio Bolsonaro prendra fin le 31 janvier 2027. Il perdra alors la protection juridique à laquelle il avait droit comme sénateur.
Source : LinkedIn de Luiz Inácio Lula da Silva
