Médéric Dens

Le Groupe de soutien de l’islam et des musulmans (GSIM), branche malienne d’al-Qaïda, a perpétré une série d’attaques meurtrières au Mali faisant plusieurs victimes. Le nombre de décès semble difficile à estimer, tandis que l’allié de Moscou peine à éliminer les groupes belligérants.
Fidèle allié de la Russie de Vladimir Poutine, le Mali a été la cible d’attaques en provenance du GSIM, un groupe paramilitaire associé à al-Qaïda. Depuis le début de l’année 2026, le groupe intensifie ses attaques, au point où la Russie a affirmé vouloir « éliminer les formations armées illégales, dans la préparation desquelles des structures sécuritaires occidentales pourraient être impliquées ».
L’attaque du 25 avril, organisée et lancée conjointement avec des indépendantistes à dominance touarègue du Front de libération de l’Azawad (FLA), constituait l’un des points chauds des tensions entre le Mali et le GSIM. Les dernières attaques survenues au Mali ont quant à elles été réalisées grâce au matériel militaire volé au camp militaire de Dioura, incluant des camions et des motos, plus de 200 fusils d’assaut de type Kalachnikov, des mitrailleuses lourdes et des lance-roquettes.
Le centre du Mali a principalement été ciblé. Le nombre officiel de victimes demeure toutefois difficile à obtenir. D’un côté, les autorités officielles maliennes soulignent « une cinquantaine » de décès, alors que le GSIM revendique plus de 150 victimes réalisées. Parmi ces dernières, les autorités maliennes affirment qu’au moins cinq officiers paramilitaires russes ont péri dans les attaques.
Le Général d’armée et président de la Transition malienne, Assimi Goïta, a réuni d’urgence son équipe le 20 septembre, au lendemain d’une seconde attaque survenue dans la zone aéroportuaire de Sévaré, perpétrée avec des drones kamikazes.
À quand la fin des hostilités ?
Le Mali ne semble pas au bout de ses souffrances. Depuis plus d’un an, les principaux centres urbains et axes économiques sont sous haute surveillance.
Le Centre d’études stratégiques en Afrique s’inquiète d’ailleurs de la place que prennent les différents groupes sur le continent. « Ces attaques renforcent un schéma observé à travers l’ouest du Sahel (au Mali, au Burkina Faso et au Niger) selon lequel les groupes islamistes militants, tout en renforçant leur contrôle sur les périphéries, se répandent dans des zones plus peuplées proche des capitales. »
Au-delà de ces inquiétudes d’expansion, le centre d’études craint la potentielle chute de Bamako, capitale du Mali. « La chute de Bamako mettrait le pays de 25 millions d’habitants sous le joug d’un régime islamiste ultraorthodoxe, un style de vie étranger à la plupart des Maliens qui ont une interprétation plus modérée de l’islam. Des liens proches entre Mahmoud Dicko, un imam conservateur influent, et Iyad Ag Ghaly, le chef en titre du JNIM, ont alimenté des rumeurs sur l’émergence d’un tel État théocratique. »
Source : Getty Images
Médéric Dens
Médéric Dens est le chef de pupitre SOCIÉTÉ, mais il aurait tout aussi bien pu diriger la section Sports, passionné de hockey et de tennis depuis l’enfance. Récemment, la politique est devenue son nouveau centre d'intérêt. Il poursuit un baccalauréat en études politiques appliquées, cheminement politiques publiques.
