Par Médéric Dens

La République démocratique du Congo (RDC) et l’Ouganda font face à une hausse du nombre de personnes touchées par une souche du virus Ebola. Le gouvernement de la RDC semble avoir caché des informations clés, alors que les Nations unies mettent leurs efforts en marche pour résoudre la situation.
Il y a à peine deux mois, Mohamed Janabi, directeur de la branche africaine de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), jugeait que l’Ebola était, certes, un virus à prendre au sérieux, mais aussi un « que l’on peut contrôler » et qu’il ne « fallait pas paniquer ».
Or, la situation devient désormais inquiétante. Le 10 août, ce même Mohamed Janabi affirme que « le virus Bundibugyo continue de nous devancer ». Bundibugyo est une souche agressive du virus Ebola, pour laquelle il n’existe toujours pas de vaccin. Le gouvernement congolais travaille donc conjointement avec les Nations unies en vue d’« accélérer la riposte » pour limiter les pertes humaines.
L’OMS a parallèlement annoncé que le nombre de décès était maintenant estimé à 2 000, avec plus de 4 000 personnes blessées depuis le début de l’épidémie. Concrètement, une personne meurt désormais de l’Ebola à toutes les trente minutes en RDC.
En investiguant sur le terrain, les autorités ont découvert que cette vague de cas d’Ebola aurait en réalité débuté en février 2026, information qu’aurait cachée le gouvernement congolais.
Même si quelques cas ont été recensés au Nord et au Sud-Kivu, à proximité du Rwanda et du Burundi, le principal foyer d’épidémie est actuellement situé dans la province d’Ituri, qui frôle la frontière avec l’Ouganda, pays qui enregistre également plusieurs cas dans des régions comme Kampala et dans la ville de Kikuube.
Possible épidémie à l’échelle africaine
Il y a un mois, les Centres africains de prévention et de contrôle des maladies (CDC-Afrique) et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) ont lancé un programme d’une valeur de 518 millions de dollars US, visant expressément à limiter les dommages que peut causer la souche Bundibugyo.
Depuis, les CDC-Afrique, institutions sous-jacentes à l’Union africaine, ont mis en place plusieurs mesures, dont des tests de dépistage plus rapide, mais aussi une consolidation de la coopération médicale transfrontalière.
L’organisation onusienne réitère aussi la nécessité de protéger les frontières entre les pays touchés par l’épidémie, en l’occurrence la RDC et l’Ouganda.
« Le risque pour les pays partageant des frontières terrestres avec des pays ayant signalé la détection du BDBV a été jugé élevé en raison de la mobilité soutenue des populations liée au commerce transfrontalier et aux activités minières, des disparités en matière de capacités et d’expérience dans la réponse au BDBV, ainsi que des niveaux variables de préparation », affirme l’OMS et les CDC-Afrique dans un communiqué commun.
Un faible risque global
Malgré ces risques à l’échelle africaine, le gouvernement du Canada affirme que le risque de voir une propagation mondiale se déclencher demeure « faible ».
Cependant, Bundibugyo fait des ravages toujours selon le gouvernement canadien, en raison des « manifestations cliniques graves de la MVB, du taux de létalité élevé et de l’absence de vaccins ou d’antiviraux approuvés ».
La situation sera donc assurément observée par les autorités nationales et l’OMS pour éviter une épidémie, face à cette maladie dont le taux de létalité est actuellement estimé entre 25 et 36 %.
Source : Getty Images
Médéric Dens
Médéric Dens est le chef de pupitre SOCIÉTÉ, mais il aurait tout aussi bien pu diriger la section Sports, passionné de hockey et de tennis depuis l’enfance. Récemment, la politique est devenue son nouveau centre d'intérêt. Il poursuit un baccalauréat en études politiques appliquées, cheminement politiques publiques.
