Sommet de l’OTAN à Ankara  

Par Médéric Dens 

Fait amusant : le président turc, Recep Tayyip Erdoğan, a offert un revolver gravé à l’effigie de chaque personne dirigeante avant qu’elles ne quittent Ankara, accompagné d’une boîte de munitions, un cadeau pour le moins surprenant dans le milieu politique.  

Les personnes dirigeantes des États membres de l’OTAN se sont réunies les 7 et 8 juillet derniers pour un sommet où les objectifs militaires, la défense ukrainienne et les changements d’humeur de Donald Trump ont été les moments forts. De son côté, Mark Carney en profite pour réitérer le désir canadien de tisser des liens avec le continent européen.  

La semaine dernière, l’heure était à l’amitié chez les pays de l’OTAN, alors que même le président Trump a qualifié l’alliance de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord de « formidable unité ». D’abord, l’ensemble des États se sont entendus pour maintenir le cap vers l’atteinte de 5 % des dépenses militaires d’ici 2035, entente préalablement acceptée depuis le sommet de La Haye, l’an dernier.  

De son côté, Mark Carney a conclu plusieurs accords, notamment avec la société norvégienne Kongsberg Defence and Aerospace, dans le but d’acquérir plusieurs missiles à longue portée, contrat évalué à 800 millions de dollars. Il a également lancé des négociations vers un possible accord de libre-échange avec la Turquie.  

Cependant, alors que tous et toutes tentaient de courtiser Donald Trump, ses états d’âme furent difficiles à cerner. Ce dernier, en deux jours seulement, a pointé du doigt l’Espagne en la qualifiant de « partenaire déplorable », a rappelé son soutien envers l’article 5 de l’OTAN, a affirmé n’être présent que pour voir son ami et hôte, Recep Tayyip Erdoğan, puis a finalement mentionné ressentir un « immense amour » pour les pays membres de l’OTAN.  

Or, il n’y a eu aucun coup d’éclat majeur de la part du président américain, ce que craignaient certains États, comme l’avenir de l’OTAN semble de plus en plus incertain.  

Pour l’Ukraine, tous et toutes se sont entendus pour réaffirmer leur soutien et, inversement, à condamner l’agression russe qui perdure depuis plus de quatre ans. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky était par ailleurs de passage à Ankara lors du sommet. Dans la vitrine, ce dernier maintient ses efforts dans le but de rejoindre l’OTAN, demande que les États-Unis bloquent depuis plusieurs années. 

Trump et Zelensky, l’harmonie de retour ?  

Les deux chefs d’État ont justement offert une conférence de presse conjointe, qui s’est déroulée dans une ambiance bien plus conviviale que celle observée à la Maison-Blanche le 28 février 2025. Au contraire, il semble que les deux présidents reconnaissent le besoin de s’allier. 

C’est pourquoi le président Trump a affirmé être en voie d’autoriser l’Ukraine à se prémunir d’un système de missiles patriotes : « Je pense que nous allons parler aujourd’hui de plusieurs choses (…) le fait que nous leur donnerons le droit de développer des missiles patriotes. Nous leur montrerons comment faire », a-t-il mentionné aux côtés de son homologue ukrainien.  

Un autre moment marquant reste celui où Donald Trump a demandé aux journalistes de poser d’autres questions au président Zelensky, en l’appelant toutefois « monsieur Poutine ». Pour se reprendre, il a ensuite offert de poser une question des journalistes au président russe directement.  

Or, à la question « quand va-t-il cesser cette guerre », Volodymyr Zelensky semblait visiblement sceptique, tandis que Trump s’est permis d’anticiper la réponse de Vladimir Poutine : « Il va te dire qu’il veut en finir. Il veut en finir bientôt et je lui parle beaucoup. » À noter que depuis quelques semaines déjà, l’Ukraine opte pour une stratégie offensive, ciblant des infrastructures pétrolières et civiles dans le sud de la Russie. 

La tenue du prochain sommet demeure incertaine, alors que celui d’Ankara ne s’est pas conclu avec le traditionnel discours annonçant la prochaine destination qui, pour l’instant, semble toutefois pointer vers l’Albanie.  


Source : Getty Images

Médéric Dens
Chef de pupitre SOCIÉTÉ at Journal Le Collectif  societe.lecollectif@usherbrooke.ca   More Posts

Médéric Dens est le chef de pupitre SOCIÉTÉ, mais il aurait tout aussi bien pu diriger la section Sports, passionné de hockey et de tennis depuis l’enfance. Récemment, la politique est devenue son nouveau centre d'intérêt. Il poursuit un baccalauréat en études politiques appliquées, cheminement politiques publiques.

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