Par Médéric Dens

Les tensions persistent au Nigéria, alors que les forces nigérianes peinent à se garder au pouvoir face à des groupes criminels toujours plus violents. Les bombardements se font de plus en plus intenses, tandis que les personnes civiles deviennent des cibles de choix pour les groupes comme le Boko Haram ou les Peuls.
Le nord du Nigéria est source de conflits violents, et ce, depuis l’arrivée du groupe criminel Boko Haram en 2009, sous l’impulsion d’une insurrection armée. Depuis, le gouvernement nigérien combat les différentes cellules criminelles, tentant de limiter leurs impacts sur la population civile.
Le dimanche 10 mai, ces attaques se sont intensifiées, tuant plus de 100 personnes civiles. D’autres sources établissent quant à elles le nombre de décès à 117. Selon les forces militaires nigérianes, plusieurs régions ont été touchées. Le marché de Tumfa, au nord-ouest du pays, a notamment été la cible d’un bombardement faisant au moins 72 décès et plusieurs personnes blessées.
Ces groupes emploient des méthodes dites « rebelles », pillant les villages, kidnappant femmes et enfants et utilisant des armes s’apparentant à celles qu’utilisent les groupes djihadistes en Afrique. Depuis novembre 2025, Bola Tinubu, président du Nigéria, a décrété l’état d’urgence, lui qui brigue un second mandat pour les élections à venir en janvier 2027.
Corruption et droits humains bafoués
Les groupes rebelles ne sont pas les seuls à être critiqués par les organisations internationales ou encore par le système judiciaire nigérien. D’abord, le président Tinubu a été accusé de corruption par les instances judiciaires nationales. L’État de Lagos, dont Tinubu fut gouverneur pendant dix ans, est de loin la région la plus riche du pays, voire du continent.
Il est parallèlement accusé d’avoir contribué à un détournement de fonds d’une valeur totale de 140 millions de dollars en vue d’acheter la propriété de Global Satellite Mobile.
Mais les accusations ne s’arrêtent pas là. Selon Amnistie Internationale, 150 membres de la communauté peule « ont été détenus arbitrairement par l’armée nigériane dans l’État de Kwara », dont plusieurs enfants.
« Les membres de la communauté peule sont persécutés sur deux fronts : par des groupes armés et par l’armée. Au lieu d’être protégés, ils sont privés de leurs droits fondamentaux à la liberté individuelle, aux moyens de subsistance, à la liberté de circulation, à l’éducation et aux soins de santé », mentionne Isa Sanusi, directeur de la branche nigérienne d’Amnesty International.
Les Peuls sont en effet impliqués dans ces violences. Proches des djihadistes, ces derniers font plus de victimes que Boko Haram, et font désormais face à des mesures extraordinaires employées par le gouvernement.
Depuis la montée des groupes djihadistes au pays vers le début des années 2010, plus de 50 000 personnes chrétiennes ont été tuées au Nigéria, sans compter les dégâts matériels. Le gouvernement, bien que relativement contesté, tente de maintenir le cap dans sa défense face à ces groupes.
Déplacements forcés et crise humanitaire
Pour survivre, nombreuses sont les personnes nigériennes qui ont pris la décision de fuir les combats entre les factions rebelles et le gouvernement de Tinubu. En 2024 seulement, on estimait à plus de 500 000 le nombre de personnes ayant quitté leur domicile pour se protéger face aux violents conflits.
D’autres personnes choisissent de rester et peuvent compter sur un soutien de la part des Nations Unies. Le Programme alimentaire mondial (PAM) fournit en effet les biens essentiels nécessaires à la survie pour des dizaines de milliers de personnes, principalement dans la région nord.
Or, le PAM a récemment annoncé qu’il cesserait de soutenir la région nord-est du pays s’il ne peut faire débloquer une somme supplémentaire de 129 millions de dollars. Le PAM affirme également que le taux de malnutrition atteint le « seuil critique » dans la majorité des régions du Nigéria.
Source : Getty Images
Médéric Dens
Médéric Dens est le chef de pupitre SOCIÉTÉ, mais il aurait tout aussi bien pu diriger la section Sports, passionné de hockey et de tennis depuis l’enfance. Récemment, la politique est devenue son nouveau centre d'intérêt. Il poursuit un baccalauréat en études politiques appliquées, cheminement politiques publiques.
