Polymarket : prédire l’imprévisible ?  

Par Médéric Dens   

Polymarket est rapidement devenu le marché numéro un mondial en termes de marché prédictif. 

Dans une ère où tous et toutes peuvent miser sur des joueurs de hockey, sur des élections ou encore sur les résultats des cérémonies artistiques, Polymarket passe à un autre niveau. Quelle date pour la levée du blocus iranien ? Quel président américain en 2028 ? Possible opération anticartels en vue Amérique du Sud ? Bref, Polymarket propose plusieurs sujets, mais vient aussi avec de nombreux risques.   

Lancée en 2020 par Shayne Coplan, Polymarket est une application de prédiction qui permet aux personnes utilisatrices de miser de l’argent sur de possibles événements, et ce, peu importe le sujet d’actualité concerné. Sur la page principale, on retrouve plusieurs catégories : Iran, Politique, Sports, Météo, Mentions, Élections, Crypto, etc.   

Certains votes sont anodins à première vue : c’est le cas des prédictions entourant les élections indiennes, américaines et autres à venir. C’est aussi le cas concernant les résultats d’événements sportifs, des fluctuations boursières ou encore des températures les plus élevées qui seront recensées à Hong Kong, à Séoul et à Paris pour le mois en cours.   

Or, d’autres sujets sont beaucoup plus sensibles, voire dangereux. À titre d’exemple, il est possible de miser sur la potentialité que le gouvernement iranien teste son arsenal nucléaire d’ici 2027. Il est aussi possible de parier sur une future agression russe contre un pays membre de l’OTAN, ou encore sur la liste des personnalités influentes ayant rendu visite à l’île d’Epstein.   

Les risques des marchés prédictifs   

Si l’ascension de Polymarket semble infinie, elle vient aussi avec de nombreux enjeux. Pour ce qui est des paris liés à des conflits, plusieurs délits d’initiés sont survenus. C’est le cas d’un militaire américain qui a récemment été condamné pour avoir parié sur la possible arrestation de Nicolas Maduro en utilisant des informations jugées confidentielles. Ces mêmes informations lui auraient permis d’empocher 376 000 dollars.   

En plein conflit en Iran, ces problèmes semblent encore plus évidents : six comptes ont été créés quelque temps avant le début du conflit. Ces derniers ont parié plusieurs millions de dollars sur la date exacte du déclenchement, leur permettant de toucher des profits monstres.   

D’autres risques émergent six ans après le lancement de l’application. En effet, que ce soit pour la confidentialité des informations, pour les aspects juridiques, politiques et éthiques ou encore pour la manipulation des événements, Polymarket est loin d’être parfait.   

C’est pourquoi 33 pays ont banni son utilisation en janvier 2025, dont la France et la Belgique, découlant de sanctions internationales. Le département américain de la Justice a en ce sens distribué une amende de 1,4 million de dollars en 2022 à Polymarket, faisant suite à une perquisition du FBI survenue quelque temps auparavant au domicile de Shayne Coplan.   

Des ministères et organismes comme l’Autorité nationale des jeux de France (ANJ) mettent également en garde ses personnes citoyennes face aux « caractéristiques addictives similaires à celles constatées pour les jeux d’argent en ligne ».   


Source : Getty Images

Médéric Dens
Chef de pupitre SOCIÉTÉ at Journal Le Collectif  societe.lecollectif@usherbrooke.ca   More Posts

Médéric Dens est le chef de pupitre SOCIÉTÉ, mais il aurait tout aussi bien pu diriger la section Sports, passionné de hockey et de tennis depuis l’enfance. Récemment, la politique est devenue son nouveau centre d'intérêt. Il poursuit un baccalauréat en études politiques appliquées, cheminement politiques publiques.

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