Christophe Richer dit Laflèche

Après un processus de consultation sur deux ans impliquant plus de 14 000 personnes patientes et professionnelles de la santé, le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) devient le syndrome ovarien métabolique polyendocrinien (SOMP). Ce nouveau nom a été dévoilé le 12 mai dernier dans une publication du journal The Lancet.
Le SOMP, loin d’être une maladie rare, s’impose comme la condition endocrinienne la plus prévalente chez les personnes de sexe féminin en âge reproducteur, puisqu’elle touche environ une personne sur dix chez cette population.
À l’échelle de l’Université de Sherbrooke, cela représenterait de 700 à 1500 personnes. Ce syndrome se manifeste principalement par la présence d’hormones mâles (par exemple, la testostérone) élevées dans le sang et les troubles d’ovulation.
Le SOMP est d’ailleurs la première cause d’infertilité en Amérique du Nord.
Pourquoi le changement de nom ?
Selon le Global Name Change Consortium, composé des plus prolifiques scientifiques du SOMP, l’ancien nom de cette condition était désuet et inexact. La présence d’ovaires polykystiques, qui sont de petites boules ressemblant à des kystes sur les ovaires détectés par échographie, n’est un critère ni obligatoire ni spécifique du SOMP.
De plus, l’ancien nom mettait beaucoup d’importance sur les aspects reproducteurs du syndrome — les désordres ovulatoires et menstruels — tout en laissant de côté ses conséquences métaboliques. Le SOMP est souvent, mais pas toujours, lié à l’obésité et il est associé à un risque augmenté de développer un diabète sucré plus tard dans la vie.
Globalement, l’ancien nom du SOMP ne reflétait pas la complexité des troubles reproducteurs, métaboliques et endocriniens qui en découlent. Il ne reflétait pas non plus à quel point le SOMP affecte et implique plusieurs organes du corps, incluant les glandes surrénales, le cerveau, les graisses, le foie et, bien sûr, les ovaires.
Syndrome ovarien métabolique polyendocrinien : décortiquons le nom
Le nouveau nom peut sembler compliqué et technique, mais chaque mot a été choisi méticuleusement pour pouvoir représenter le syndrome de manière adéquate et précise, tout en s’assurant que l’acronyme n’ait pas de connotation ou d’allusion indésirable dans les langues à travers le monde.
D’abord, le SOMP est techniquement un syndrome et non une maladie, ce qui indique qu’il se présente comme un ensemble de caractéristiques différentes et non comme un trouble de santé ayant une cause spécifique et unique.
Ensuite, le terme « ovarien » fait allusion aux ovaires et aux troubles d’ovulation qui se situent au cœur du SOMP.
Puis, le mot « métabolique » renvoie aux altérations métaboliques mentionnées plus haut. Son importance nécessitait d’être soulignée, puisque plusieurs experts considèrent que les troubles métaboliques peuvent causer le SOMP.
Finalement, « polyendocrinien » a été choisi pour souligner qu’il implique plusieurs hormones dans plusieurs organes. La cause exacte de ce syndrome qui affecte exclusivement les personnes de sexe féminin demeure inconnue, en partie à cause d’un sous-financement historique, chronique et persistant.
Source : BioRender
