Élections en Lettonie : montée du populisme 

Sarah Dargento 

Le premier ministre letton Andris Kulbergs. 

En Lettonie, le parti pro-européen et pro-ukrainien Liste unie a remporté les élections du 3 octobre dernier avec 35,3 % des suffrages. Après une campagne électorale marquée par les questions sécuritaires, le pays connait une poussée du populisme. 

Les résultats provisoires annoncés le dimanche 4 octobre donnent le parti Liste unie (AS) gagnant des élections législatives en Lettonie. La Commission électorale a toutefois souligné le faible taux de participation à l’élection (51,8 %). 

Le parti du premier ministre sortant, Andris Kulbergs, a recueilli 35,3 % des suffrages, soit 42 sièges sur 100. Il s’agit d’une performance record dans l’histoire du pays depuis son indépendance. Pour le parti pro-européen et pro-ukrainien, l’objectif est maintenant de former une coalition majoritaire au Parlement. 

Parmi les partis composant l’actuelle coalition de centre droit autour de Liste unie, l’Alliance nationale (NA), un parti nationaliste, se place en 4e position avec 8,9 % et dix sièges, et Nouvelle unité (JV) (centre) en 6e position avec 6,3 % des votes et sept sièges.  

Un autre parti, l’Union des verts et des agriculteurs, n’a cependant pas réussi à récolter les 5 % des suffrages nécessaires pour entrer au Parlement. Sans cette petite formation, Liste unie et ses deux autres partenaires de gouvernement atteignent 50,5 % des voix. Les Progressistes (PRO), parti social-démocrate pro-européen, ont quant à eux récolté 7,3 % des voix. 

Un pays aux frontières de l’Europe 

Les débats publics ont été largement dominés par l’enjeu sécuritaire, ce qui peut s’expliquer par la géographie et l’histoire du pays. En effet, la Lettonie, pays membre de l’Union européenne et de l’OTAN et qui partage une frontière avec la Russie et le Bélarus, est touchée par la grande instabilité géopolitique régionale.  

Ex-république soviétique, le pays possède une minorité russophone (environ 35 % de la population lettone). Leur vote a longtemps été réuni autour d’un parti, le parti Harmonie, mais depuis la disparition de ce dernier au Parlement en 2022, le vote russophone est en pleine recomposition.  

La question sécuritaire ne constitue cependant pas l’unique préoccupation des citoyens. En effet, la Lettonie est actuellement confrontée, entre autres, à la hausse du coût de la vie et au déclin démographique. 

Montée des partis populistes 

Dans ce contexte, deux partis populistes ont obtenu de bons résultats aux urnes. Le premier, Lettonie d’abord (LPV) est arrivé en 2e position aux urnes, récoltant un total de 13,1 % des voix, soit 17 personnes députées. Le parti, au discours conservateur ponctué de promesses de relance économique, est dirigé par Ainārs Šlesers, un homme d’affaires régulièrement comparé à Donald Trump par les médias. 

Pouvoir souverain (SV) a quant à lui récolté 11,7 % des voix et 15 sièges. Il se place donc en 3e position. Considéré comme pro-russe par ses détracteurs, le parti dirigé par Jūlija Stepaņenko adopte une ligne critique envers l’aide à l’Ukraine et l’augmentation des dépenses militaires.  

Cependant, Pouvoir souverain reste isolé sur la scène politique par le cordon sanitaire que maintiennent la plupart des autres partis. 


Source : Wikimedia Commons

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