Ven. Jan 27th, 2023

Par Jean-Philippe Ouellette

Les systèmes permettant de connaître en temps réel la condition physique des athlètes sont maintenant monnaie courante dans les sports professionnels. La compétition entre les entreprises proposant des solutions de tracking est forte, mais la célèbre compagnie allemande Adidas s’est démarquée l’été dernier avec le miCoach Elite System.

Le logiciel d’entraînement a été au cœur du triomphe de l’équipe nationale allemande lors de la Coupe du monde de soccer au Brésil. L’Argentine (finaliste), le Mexique, la Colombie et le Japon ont aussi fait appel au miCoach Elite System, qui est, selon plusieurs analystes, l’une des raisons de la domination tactique allemande lors de la compétition internationale. S’il est impossible de nier les bénéfices du gadget, il faut toutefois prendre ces louanges avec un grain de sel, puisque Adidas est un partenaire important de la FIFA (Fédération internationale de football association) et qu’un budget imposant a, bien entendu, été accordé aux efforts de communication.

En quoi le miCoach Elite System est-il si révolutionnaire? Il donne accès en temps réel à un portrait complet des performances des joueurs lors des entraînements. Vitesse, accélération, puissance, distance parcourue, rythme cardiaque : une quantité étourdissante d’informations sont colligées et analysées par le logiciel. Il est alors possible de savoir où se situe physiquement un joueur par rapport aux autres. À partir de ces données, les entraîneurs dosent l’intensité des entraînements de façon beaucoup plus pointue en les adaptant aux joueurs selon les besoins de leur position.

La Major League Soccer et l’Impact de Montréal utilisent aussi le système miCoach Elite System d’Adidas. Lors des matchs de l’Impact, c’est l’infrastructure de caméras Match Analysis qui prend la relève. Cette dernière recueille des données pouvant par la suite être interprétées pour ajuster les tactiques en cours de partie et pour intégrer de nouveaux exercices aux entraînements subséquents. En jumelant ces informations aux avancés en kinésiologie et en biomécanique, les retours de blessures peuvent être surveillés de beaucoup plus près, ce qui facilite la réinsertion rapide et efficace des joueurs dans l’alignement.

Profitant de la démocratisation de l’entraînement personnel et de ses succès, Adidas a créé une division miCoach pour les sportifs amateurs. Produit phare de la gamme, la montre Fit Smart est maintenant disponible au coût d’environ 200 $. Celle-ci comptabilise les calories brulées, la distance parcourue et le rythme cardiaque afin d’optimiser la mise en forme. Puisque la concurrence est féroce dans le marché des bracelets connectés et des autres gadgets du même acabit, rien n’est gagné pour l’entreprise. On peut malgré tout s’attendre à une démocratisation de ces équipements au cours des prochaines années.

Les capteurs au service des footballeurs du Vert et Or

Les commotions cérébrales sont un fléau chez les étudiants athlètes qui pratiquent leur art pour l’amour du sport. Je tiens donc à souligner l’excellente initiative de l’équipe de football du Vert et Or qui est la première université québécoise à équiper les casques de trente de ses joueurs à risque de capteurs de chocs cette saison. L’objectif de la troupe sherbrookoise est de favoriser une intervention rapide et efficace lors de contacts pouvant causer des commotions, ainsi que d’organiser les entraînements les plus sécuritaires pour les joueurs.

Grâce à sa tablette reliée aux capteurs dans les casques, le thérapeute de l’équipe peut savoir en direct si un impact à la tête dépasse un certain seuil d’intensité. Il est donc possible de réagir prestement afin d’éviter que l’athlète empire sa blessure en continuant à jouer. Ce système permet de réduire grandement la zone grise des retours au jeu. En effet, certains individus, par fierté ou par inconscience, font appel à leur talent d’acteur pour rester sur le terrain, au péril de leur santé.

C’est une excellente nouvelle, puisque, comme le dit si bien la phrase mythique du film La Guerre des tuques: « La guerre, la guerre, c’est pas une raison pour se faire mal ! »

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