Jeu. Juin 13th, 2024

Par Jonathan Savard

Deux fois par mois, au conseil municipal, des citoyens interviennent lors de la période de questions afin d’interroger les élus ou pour lancer des débats de société. Lors du dernier conseil municipal, une idée regroupant la démocratie et la participation citoyenne, et ce, sous l’angle de la jeunesse, a été lancée.

En effet, le 21 janvier dernier, il a été demandé à nos élus municipaux d’instaurer un bureau de vote à l’Université de Sherbrooke qui permettrait aux étudiantes et aux étudiants de voter directement sur le campus, et ce, peu importe le district dans lequel ils habitent. Un peu comme aux élections provinciales alors qu’on a pu y observer un très grand achalandage, les étudiants faisant une longue file pour voter.

Certes, les élections municipales sont encore lointaines, mais une technicité légale fait en sorte qu’il fallait le demander tôt. En effet, cette possibilité n’est pas prévue par la loi. Par contre, la ville peut proposer un projet pilote visant à tester de nouveaux mécanismes de votation. La mobilisation rapide était nécessaire, car c’est maintenant que la ville doit commencer à y réfléchir pour ensuite présenter les documents nécessaires au ministère et au DGEQ, à des fins d’approbation.

La présidente du conseil municipal, Nicole Bergeron, a répondu que le conseil allait y réfléchir et qu’il revenait bel et bien à la ville de prendre la décision. Au sein de la population, lorsqu’un article sur le sujet a été publié dans La Tribune, les réactions n’ont pas été unanimes. Plusieurs trouvaient les étudiants trop avantagés par rapport au reste de la population ou qu’ils en demandent trop. Certains souhaitent donc se mobiliser pour démontrer au conseil municipal et à la population sherbrookoise que l’idée est pertinente et que la jeunesse est engagée.

Mais pourquoi? Pourquoi permettre à la population étudiante de voter sur le campus?

Les partisans de cette idée considèrent que c’est notamment parce qu’il faut augmenter la légitimité démocratique de nos élus en travaillant pour un taux de participation plus élevé, particulièrement chez les étudiants.

Plusieurs sont aussi convaincus que la voix de la communauté étudiante doit être entendue, notamment parce que les enjeux municipaux touchent beaucoup plus la communauté étudiante qu’on le pense et de beaucoup plus près qu’on peut le croire.

Certains diront que les étudiants sont moins informés ou moins intéressés par la politique municipale. C’est peut-être vrai. Mais peu importe. Beaucoup s’entendent pour dire que dans tous les cas, nous avons le devoir d’intéresser davantage les étudiants aux enjeux municipaux. En leur offrant un réel pouvoir d’influence et, surtout, en les consultant réellement et fréquemment. Parce qu’il est vrai que les enjeux municipaux sont peut-être plus obscurs ou moins bien connus. L’ombre cache pourtant des enjeux passionnants et qui touchent la communauté étudiante directement.

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